Banques françaises: la facture de la crise atteint 33 milliards d’euros

La facture de la crise pour les banques françaises s’est élevée à 33 milliards d’euros depuis juin 2007, dont 8,5 milliards pour 2009, attribuable « principalement » aux actifs dits « toxiques, » a indiqué vendredi le gouverneur de la Banque de France Christian Noyer.

Danièle Nouy, secrétaire générale de la Commission bancaire, a indiqué que les banques n’étaient pas sous pression pour liquider les actifs toxiques qui restent encore dans leur bilan.

Les cinq grandes banques françaises, BNP Paribas, Société générale, Crédit agricole, Crédit mutuel et BPCE, maison mère de Natixis, ont dégagé en 2009 un résultat net cumulé de 11,7 milliards d’euros, en hausse de 93% par rapport à 2008. Toutes ont été bénéficiaires sur l’année.

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Vaste corruption derrière un programme humanitaire

Le scandale « pétrole contre nourriture » est né du dévoiement du programme du même nom. D’un montant d’une centaine de milliards de dollars, celui-ci visait à compenser les effets des sanctions de l’ONU contre l’Irak.

Le programme « pétrole contre nourriture » à l’origine du scandale a fonctionné de début 1998 à mai 2003 pour satisfaire les besoins humanitaires d’une population irakienne souffrant des sanctions économiques imposées au régime de Saddam Hussein. Ces sanctions avaient été prises lors de l’invasion du Koweït, en août 1990. Elles étaient censées empêcher Saddam Hussein de se réarmer, au moment où il jouait à cache-cache avec les inspecteurs de l’ONU chargés de vérifier que son programme d’armes de destruction massive n’existait plus. Ces sanctions semblaient avoir aussi pour but inavoué de contribuer à un changement de régime à Bagdad, explique un analyste.

En janvier dernier, l’Irak a entamé une procédure judiciaire aux États-Unis pour réclamer des dédommagements aux entreprises étrangères impliquées, soit 93 sociétés, dont BNP et Renault, pour un total de 10 milliards de dollars.

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La crise, moteur du capitalisme

L’histoire du capitalisme se confond avec l’histoire de ses crises. Sur la période 1970-2007, on ne compte pas moins de 124 crises bancaires, 208 crises de change et 63 crises de la dette souveraine !

Devant de tels chiffres, l’idée d’une autorégulation par les marchés apparaît comme insuffisante. Pour comprendre comment le capitalisme gère ses excès, il semble que l’hypothèse alternative d’une régulation par les crises ne manque pas d’arguments. Pour s’en convaincre, il n’est que de considérer ce qu’on nomme les « grandes crises » ou crises structurelles. Parce qu’elles sont des périodes de profonde mutation, leur rôle dans l’évolution historique du capitalisme est crucial.

Il s’agit de crises profondes, non seulement quantitativement par leur intensité, mais également qualitativement par l’ampleur des transformations institutionnelles qu’elles initient. Ces crises ont pour origine l’épuisement d’un modèle de croissance qui ne réussit plus à contenir ses déséquilibres.

Pour repartir, le système économique a besoin de nouvelles règles du jeu, de nouvelles institutions, de nouveaux compromis. Tel est l’enjeu des grandes crises : réinventer un nouveau modèle de croissance.

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Selon le LEAP, au second trimestre 2010, la crise s’aggravera brutalement

Francisco de Goya, Le naufrage (1793)

 » Pour le LEAP/Europe2020, l’effet des milliers de milliards dépensés par les Etats pour « traverser la crise » aura fait long feu. Ces sommes immenses auront permis de ralentir, pendant quelques mois, l’évolution de la crise systémique globale ; mais, comme anticipé dans les [numéros] précédents, cette stratégie n’aura servi, in fine, qu’à entraîner définitivement les Etats dans la crise générée par les institutions financières.

Notre équipe anticipe donc dans ce [numéro] une aggravation brutale de la crise pour le second trimestre 2010, générée par un double effet de rattrapage des phénomènes qui ont été provisoirement « gelés » au deuxième semestre 2009 et d’impossibilité de maintenir les mesures palliatives de l’année passée.

D’ailleurs, en ce mois de février 2010, un an après notre annonce que la fin de l’année 2009 allait marquer le début de la phase de dislocation géopolitique mondiale, chacun peut constater qu’un tel processus est bien en cours : Etats au bord de la cessation de paiement, montée inexorable du chômage, chute de millions de personnes hors des filets de protection sociale, baisses de salaires, suppressions de services publics, désagrégation du système de gouvernance globale (échec du sommet de Copenhague, confrontation croissante Chine/USA, retour du risque de conflit Iran/Israël/USA, guerre monétaire globale, etc.). Pourtant, nous ne sommes qu’au tout début de cette phase.

L’aggravation brutale de la crise systémique globale va ainsi être caractérisée par une accélération et/ou un renforcement de cinq tendances négatives fondamentales :

. l’explosion de la bulle des déficits publics et la montée corollaire des cessations de paiement d’Etats,
. la collision fatale du système bancaire occidental avec la montée des défauts de paiement et le mur des dettes arrivant à maturité,
. l’inéluctable remontée des taux d’intérêts,
. la multiplication des sujets de tension internationale,
. l’insécurité sociale croissante. « 

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