Robert Redeker : Comment l’immigré a remplacé le prolétaire autochtone aux yeux de la gauche

Le philosophe Robert Redeker s’interroge sur la mutation de l’imaginaire de gauche. Dans celui-ci l’immigré a pris la place de la classe ouvrière autochtone, punie pour avoir abandonné la lutte des classes.

Le vocabulaire de la gauche a profité des trois dernières décennies pour évincer les termes de prolétariat et de prolétaire. Exhumés des souvenirs de la Rome antique, ces mots s’étaient imposés, malgré le dégoût qu’ils suscitaient, dans la langue politique au XIXème siècle. […]

Pourquoi ne pas le remplacer, cet ingrat prolétaire autochtone, par de nouveaux levains de l’histoire? Pourquoi pas par le travailleur immigré? Par le sans-papier? Par le jeune de banlieue? Pourquoi pas par le Rom? L’échec de mai 68 a causé la péjoration du peuple.

De héros, d’idole, de substitut du Christ pour assurer le salut de l’homme dans l’histoire, il devint le Beauf, il devint Dupont-Lajoie, il devint le sujet méprisé du populisme.

Les mots prolétaire et prolétariat en sont venus à passer de vie à trépas aussi pour une autre raison: les prolétaires – comprenons : les prolétaires autochtones, européens – n’étaient pas au rendez-vous.

Dans les années 70 une formule devenue cliché méprisant s’est répandue chez les intellectuels de gauche: «le peuple manque». Il n’est jamais au rendez-vous que la théorie a fixé pour lui. En mai 68, puis dans les années 70, les prolétaires, ces ingrats, ont manqué. On – c’est-à-dire les battus de mai – a commencé dès lors à le haïr, le peuple! On a commencé dès lors à le désaimer, le prolétaire. De héros, d’idole, de substitut du Christ pour assurer le salut de l’homme dans l’histoire, il devint le Beauf, il devint Dupont-Lajoie, il devint le sujet méprisé du populisme. La formule des bourgeois apeurés par les partageux d’autrefois était reprise, implicitement, par ceux qui allaient donner naissance au nouvel antiracisme: «salauds de pauvres!» Salauds de prolétaires au gros rouge qui tache! Salauds de souchiens pue-la-sueur! Ils n’ont pas voulu de la révolution, ces Dupont-Ducon! Eh bien nous nous tournerons vers d’autres!

Ainsi, l’immigré devint le mime raté du prolétaire. Il en est perçu aussi comme la punition: la promotion de l’immigré est la punition infligée au prolétaire pour avoir manqué à son devoir historique ! […]

Pour assurer le salut de l’humanité, il y eut, chez Saint-Simon, les savants et les industriels ; les travailleurs et les femmes, chez Auguste Comte ; les prolétaires, chez Marx ; les étudiants, chez Marcuse. Nous rencontrons dans la gauche actuelle les immigrés comme étant la nouvelle figure du groupe chargé d’opérer le basculement de l’histoire. Auprès de ce fantôme de la gauche qu’est la gauche morale et sociétale contemporaine, l’immigré, le sans-papiers, le Rom, endossent le double rôle d’ersatz et de Père Fouettard du prolétaire.

Le Figaro (Merci à Chantecler)

Grand Remplacement en Grande-Bretagne : une école enseigne l’anglais en langue étrangère

Une école de Leeds a pris la décision radicale de proposer l’anglais en tant que seconde langue à ses 350 élèves, y compris ceux nés en Angleterre.

Cette école comporte 55 nationalités différentes et n’est pas un cas unique au Royaume-Uni (…)

>> Article à lire sur Novopress (en français) - Source en anglais

70 ans du Crif : «La citoyenneté n’exclut pas la diversité d’appartenance nationale»

Extraits d’une tribune du Père Antoine Guggenheim publiée dans le hors-série des Études du CRIF anniversaire des 70ans du CRIF : «Ce qu’est pour moi le CRIF»

La présence des Juifs en Allemagne, et dans les pays d’Europe centrale et orientale, est maintenant réduite à l’état de traces. Aujourd’hui semble naître un nouveau rapport avec la culture juive européenne, fait d’estime et de nostalgie. Mais en France, par un concours de diverses circonstances liées à son histoire et à son esprit, la présence juive, bien que très diminuée, atteint un niveau qui lui permet d’exister comme une réalité dans l’espace publique.

Réfléchir à la France, à sa place singulière en Europe et dans le monde, à ses difficultés comme à ses espérances, sans tenir compte de ce fait constituerait une erreur politique, économique et culturelle. Ce qu’est le CRIF apparaît aussitôt à mes yeux, ou en tout cas une partie essentielle de sa mission. […]

La mission du CRIF est de valoriser et de protéger cette présence pour le bien des Juifs français et pour le bien commun de la nation. […]

Le CRIF a un rôle de représentation, de cohésion et d’intervention au service des Juifs français, afin qu’ils exercent leur responsabilité de citoyens. Il ne suffit pas au bien commun de la France et des Juifs de France qu’existent des institutions républicaines chargées de veiller sur les Droits de l’homme, ou des instances spirituelles qui favorisent le dialogue et la liberté religieuse.

Il faut, pour répondre à une phrase célèbre*, que ne soit pas dénié aux Juifs comme membres d’un peuple ce qui leur est accordé comme individus.

Il faut tout refuser aux Juifs comme nation et tout accorder aux Juifs comme individus». Discours du Comte de Clermont-Tonnerre à l’Assemblée, décembre 1789 [NDLR]

La citoyenneté n’exclut pas la diversité d’appartenance nationale.

Cela est vrai pour la France et peut donner à penser, avec liberté, aux voies de l’intégration dans le modèle national des populations récemment immigrées, et souvent en manque de reconnaissance. Cela éclaire aussi l’avenir de l’Europe des nations, qui sera sûrement marqué par une convergence plus forte, qui ne doit pas affaiblir l’identité et la mémoire des peuples européens, mais les garantir comme des trésors spécifiques et communs. Que l’Europe ne soit elle-même qu’en reconnaissant la place et la contribution des Juifs en son sein peut aussi affermir la conviction des peuples que l’Europe unie est aujourd’hui une valeur spirituelle importante pour eux et pour l’humanité globalisée.

Crif

Mendès-France : l’Union Européenne et l’abdication de la démocratie (rediff)

Pierre Mendès-France. Extrait du discours contre le marché commun et la délégation de pouvoirs à une autorité européenne (18 janvier 1957). 

 » Le projet du marché commun tel qu’il nous est présenté est basé sur le libéralisme classique du XIXe siècle selon lequel la concurrence pure et simple règle tous les problèmes.

L’abdication d’une démocratie peut prendre deux formes, soit elle recourt à une dictature interne par la remise de tous les pouvoirs à un homme providentiel, soit à la délégation de ses pouvoirs à une autorité extérieure, laquelle au nom de la technique exercera en réalité la puissance politique.

Car au nom d’une saine économie on en vient aisément à dicter une politique monétaire, budgétaire, sociale, finalement une politique au sens le plus large du mot, nationale et internationale. « 

Pour le texte complet, voir nos archives ou ici

Mendès-France discours europe

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Complément (octobre 2012) : Le premier secrétaire du Parti socialiste, Harlem Désir, s’est prononc en faveur de l’entrée de Pierre Mendès France au Panthéon à l’occasion du trentième anniversaire de sa mort.

« Je soutiens, au nom du Parti socialiste, l’entrée au Panthéon de Pierre Mendès France », a écrit Harlem Désir. Cette décision donnerait du sens, de l’éthique, des valeurs, dans la profonde crise économique et civique que traverse notre pays. Ce serait le symbole fort d’une gauche qui à la fois dit la vérité et réforme la société ».

Le Figaro

Zemmour : “La gauche libérale libertaire a déclaré la guerre au peuple français”

Extraits

(…) Depuis 30 ans, la gauche a abandonné le peuple et la droite la nation. La gauche avait abandonné la nation dès la fin du XIXe siècle et encore plus en mai 68. 

Le prix à payer pour la soumission définitive de la gauche au libéralisme économique, c’est la marche en avant totalitaire vers un libéralisme sociétal.

Comme on peut le voir à travers la politique de Najat Vallaud-Belkacem, qui reprend les programmes de l’inter LGBT depuis 15 ans, ou à travers le rapport sur l’intégration qui prône le retour du voile à l’école, la gauche brûle aujourd’hui ses vaisseaux sociétaux.

Elle le fait pour deux raisons assez simples : premièrement pour masquer sa conversion au libéralisme mondialisé. Deuxièmement, parce qu’elle sent qu’il y a «un retour de bâton» dans le pays réel comme le montre les sondages.

Tous l’électorat de droite, de l’UMP au FN, fait désormais bloc sur les thématiques sociétales, immigrationnistes et sécuritaires, mais désormais la moitié de l’électorat de gauche les rejoint également.

Il y a une une volonté idéologique de la part de la gauche de briser ce qui leur apparaît comme le comble du fascisme: le peuple français. Celui-ci est à leurs yeux, racistes, xénophobe et homophobe.

Et les lobbys pourtant ultra minoritaires, qui dictent leur loi au gouvernement, veulent profiter du quinquennat de François Hollande pour imposer leur vision de la société de manière irrémédiable.

Il s’agit ni plus ni moins d’une déclaration de guerre.

Lire l’entretien complet : Figaro - merci Lucky Pete

Pour Chevénement, «les peuples français et algérien n’étaient pas miscibles» (rediff)

[Il est à noter que Dailymotion a censuré cette vidéo]
[miscible = qui peut se mélanger de façon homogène]

France-Culture, le 15 Août 2008. Emission « Un autre de Gaulle ». Jean-Pierre Chevènement déclare :

« La France au fond n’avait rien à faire en Algérie. Elle y est allée par hasard en 1830. Elle n’a jamais su ce qu’elle y faisait. Elle n’a pas fait véritablement une grande colonie de peuplement. (…) Il aurait fallu distinguer le sort de la France et de l’Algérie, parce que, je le pense, ces deux peuples n’étaient pas miscibles.»

Questions corollaires :
• En quoi ces deux peuples sont-ils plus miscibles aujourd’hui ?
• Quels sont les critères qui rendent les peuples « miscibles » ?
• Avec quel peuple les Français sont-ils « miscibles » ?
• Avec quels autres peuples les Français ne sont-ils pas « miscibles » ?

Ribéry : «Le peuple algérien est le plus proche de mon cœur»

Dans des déclarations faites à la chaîne égyptienne Al Hayat, l’international français Franck Ribéry a réitéré son attachement à sa religion, l’islam, et au pays de son épouse, l’Algérie.

«Je suis un musulman convaincu. Mon épouse est une musulmane d’Algérie, ainsi que toute ma famille. Beaucoup de gens m’appellent Franck, mais dans ma vie privée, on m’appelle Bilal car je suis musulman», a-t-il affirmé.

Il a ajouté qu’il «respecte beaucoup tous les peuples musulmans. Naturellement, le peuple algérien est le plus proche de mon cœur. Il y a aussi les peuples marocain et tunisien et les peuples musulmans africains. J’ai appris beaucoup de choses en découvrant tous ces peuples. Beaucoup de gens trouvent cela bizarre, y voyant même une forme de racisme, mais ce n’est pas mon avis. Pour moi, il n’y a aucune différence entre les Européens et les Africains».

Ribéry a révélé qu’il aime être proche des démunis et qu’il est heureux quand il leur procure un peu de bonheur à travers le football. «Je passe beaucoup de temps avec ces gens. Il m’arrive même parfois de visiter des pays musulmans ou africains. Une fois, j’ai été en Algérie avec mon épouse et ça a été une expérience inoubliable pour moi. Le peuple algérien est très hospitalier et généreux. Je me suis senti comme chez moi. C’était un sentiment indescriptible», a-t-il expliqué. […]

lebuteur.com (Merci à NightsWind )

Rachida Dati alerte sur le risque de laisser un «boulevard à Marine Le Pen»

L’ancienne garde des Sceaux, Rachida Dati, craint un «boulevard» pour le Front national aux prochaines élections. Elle appelle la droite à se réveiller.

La droite doit se réveiller! ; […] Sinon, Marine le Pen aura un boulevard : aux municipales, aux européennes… et peut-être même au-delà.

« Mêmes diplômes, mêmes cercles, mêmes milieux » : l’ex-ministre de la Justice Rachida Dati affirme dans une tribune au Journal du dimanche que la «droite a un problème avec le peuple» et qu’elle «doit se réveiller» au risque de laisser un «boulevard à Marine Le Pen». Selon la vice-présidente de l’UMP, « alors que la gauche est au plus bas, il n’y a pas de désir de revoir la droite au pouvoir ». Elle en veut pour preuve de récents sondages qui placent le FN juste derrière l’UMP ou à égalité aux prochaines élections européennes, en mai 2014. […]

Nous devons renouer avec le langage clair que les Français comprennent et réclament !

« La défaite à la présidentielle a été le point de départ de cette crise. On est tombé dans le piège tendu par la gauche, et on a parlé de droit d’inventaire, de droitisation et même de buissonisation (référence à Patrick Buisson, NDLR) lorsqu’on aurait dû regarder en face la France, les Français, les valeurs qu’ils souhaitent que nous défendions, au lieu d’en être gênés et de nous en éloigner », explique-t-elle. […]

Le JDD

Allez faire un tour à Saint-Denis et demandez : «A quel peuple appartenez-vous ?»

Extraits d’un texte de Sadri Khiari, publié dans l’ouvrage collectif Qu’est-ce qu’un peuple, (Éditions La Fabrique, 2013).

Vous n’avez rien à faire ce samedi ? Allez donc faire un tour à Saint-Denis – ligne 13 ou RER C – et interrogez les passants. Repérez un Français noir ou arabe et demandez-lui : «A quel peuple appartenez-vous ? » S’il vous répond «j’appartiens au peuple français», vous saurez que c’est un lèche-bottes. S’il vous répond sincèrement, il vous dira «J’appartiens au peuple noir – ou arabe ou berbère, malien, marocain, musulman, sénégalais, algérien, africain… » Repérez par la suite un Français dit de souche et posez-lui la même question. Il ne vous dira pas : «J’appartiens au peuple blanc ou européen ou chrétien» ; il vous répondra : «Je fais partie du peuple français. »

[…] Se revendiquer d’un peuple, c’est bien plus que cela. C’est établir le groupe auquel on appartient dans la société et affirmer son rapport privilégié à l’État ou, pour être plus précis, à l’État-nation. Que deux fractions importantes de la même population française, l’une largement majoritaire – reconnue par l’État et se reconnaissant en lui – et l’autre minoritaire – non reconnue par l’État et ne se reconnaissant pas en lui -, aient des réponses opposées, cela pose un problème stratégique majeur à l’une comme à l’autre. […]

En dehors de groupuscules d’extrême-droite, le même déni demeure, aussi bien à droite qu’au sein l’écrasante majorité de la gauche.

Si j’écris «le peuple français est le peuple français blanc», je me verrai, en effet, accusé d’utiliser le même langage que les identitaires suprématistes blancs. Je ne peux pourtant pas faire autre chose que de l’écrire : le peuple français est le peuple français blanc ! Et j’ajouterai, pour être plus précis : européen et chrétien d’origine.

Les autres, ceux qui n’ont pas eu la chance de naître blancs, européens et chrétiens, font et ne font pas partie du peuple : ils sont le tiers-peuple. Ce n’est pas dire ce que dirait un militant néo-nazi, mais dire ce que pensent plus ou moins clairement tous les Français. C’est dire, surtout, la réalité des rapports de pouvoir et des rapports aux institutions de pouvoir de la majorité blanche, européenne et chrétienne face à la minorité issue de l’immigration non-européenne. […]

Indigènes de la République

Crise politique : «Une Constituante s’impose»

Tribune d’André Bellon, Président de l’Association pour une Constituante.

L’affaire Cahuzac n’est pas un problème personnel. Aussi affligeant que soit ce personnage, il n’est qu’une manifestation extrême d’un système fondé sur l’argent roi, la réussite par l’écrasement des autres, la communication comme mode de relation avec les électeurs. Et ceux qui ont bafoué la volonté populaire exprimée lors du référendum du 29 mai 2005 peuvent-ils vraiment parler de morale publique ?

Il est temps de reposer la question avant que des forces officiellement antidémocratiques ne viennent résoudre par la force la crise politique.

Dans cette situation, il n’y a pas à trouver la nouvelle règle de vertu publique, qui échouera comme les précédentes, il ne faut pas chercher le parti qui, tout seul, rebâtirait les bonnes règles républicaines.

Il faut refonder la démocratie à partir de son seul titulaire légitime, le peuple, et des principes républicains que sont le suffrage universel, les droits de l’homme et du citoyen, la lutte contre les privilèges.

[…]

Le Monde