Discours de Sarkozy à l’ONU (20/09/10)

Les principaux messages du Président devant l’Assemblée générale des Nations Unies :


Le Président a appelé à une mobilisation générale pour atteindre les Objectifs du Millénaire. Il ne reste en effet plus que 5 ans aux pays signataires pour y parvenir, conformément aux termes de la déclaration adoptée en 2000.

Il a également rappelé que la France était pleinement mobilisée dans la réalisation de Objectifs du Millénaire. Notre pays est le 2ème donneur d’aide avec 10 milliards d’euros d’aide publique au développement (APD). A lui seul, notre pays représente 10% de l’APD. Malgré la crise, la France a augmenté depuis 2007 son APD de 20%.

Le Président a annoncé l’augmentation de 20% de la contribution française au Fonds Mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme pour les trois prochaines années (2011 — 2013). 360 Millions d’euros seront versés chaque année sur cette période.

Elysée.fr

(merci à Witten)

Crise: « le déni de réalité ne pourra se prolonger longtemps »

Jean-Luc Gréau, ancien cadre au CNPF puis au Medef pendant trente-cinq ans, est un économiste iconoclaste. A la différence de bon nombre de ses pairs, il a vu venir la crise, comme il la voit aujourd’hui se poursuivre. Il est ici interviewé par le magazine Le Choc du mois.

Quelles sont selon vous les nouveautés radicales qui caractérisent la globalisation économique mise en place dans les années 1980-1990, et dont vous dites qu’elles ont changé la nature même du libéralisme économique ?

L’entreprise a été instrumentalisée et abaissée au rang de machine à faire du profit (money maker). Une deuxième orientation est représentée par le libre-échange mondial qui concerne surtout l’Europe, espace le plus ouvert au monde, et à un moindre degré, les Etats-Unis.

Estimez-vous que nous allons vers une sortie de crise comme le prétendent les chefs d’Etat du G-20 ?

Non, la crise du crédit privé n’est pas résorbée, en dépit de ce qu’affirme la communication tendancieuse de la corporation bancaire : elle couve discrètement dans les comptes de nombreux organismes. Aujourd’hui, nous devons faire face de surcroît à une montée des périls sur la dette publique de la plupart des pays occidentaux, pour ne pas dire tous.

Comment interprétez-vous la crise suscitée par l’explosion de la dette publique grecque ?

Des déficits extérieurs structurels sont apparus partout où l’on n’avait pas les moyens de relever le double défi du libre-échange et de la monnaie forte. Ces déficits structurels n’ont aucune chance de se résorber, sauf dans deux hypothèses : la sortie de l’euro par les pays concernés ou l’entrée en violente dépression de la demande interne. On conviendra que chacune de ces hypothèses renferme la probabilité de la fin de l’Europe, telle que nous l’avons vue vivre depuis les commencements du projet.

D’après vous, la crise économique que doit affronter le monde depuis trois ans a-t-elle ébranlé la solidité des dogmes libre-échangistes ?

Hélas, à l’instant présent, les dogmes, les tabous et les interdits qui définissent l’expérience néo-libérale restent en place. L’aveuglement persiste et s’aggrave, en dehors de petits cercles de personnes placées en prise directe avec les entreprises ou les territoires sinistrés. Mais le déni de réalité ne pourra se prolonger longtemps. Patience !

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Le krach de 2010 : la crise systémique

Par Paul Bara (ancien trader, économiste de marché puis directeur financier, il a parallèlement enseigné l’économie et la finance à Paris X et à l’ENA)

Hokusai, La grande vague de Kanagawa (1831)

La crise actuelle n’est pas une crise comme celles que nous avons connues depuis 1945. La croissance au quatrième trimestre 2009, en France et aux États-Unis, n’est due (en partie) qu’à un facteur technique transitoire, le moindre déstockage des entreprises. Nous ne sommes pas dans un enchaînement cyclique normal.

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La gauche entre l’Agence Fitch et les classes moyennes de Grèce et d’ailleurs

La radicalisation de la situation en Grèce fait peu réagir les dirigeants socio-démocrates européens et français. Il leur faudra pourtant bientôt choisir leur camp : soit obéir à l’agence Fitch qui menace de baisser la note de la France et [de] la Grande-Bretagne, soit affaiblir son pouvoir en légiférant contre le pouvoir des marchés financiers.

Dans son livre « La dernière bulle », publié cet automne, Jean-Michel Quatrepoint avait parfaitement prévu ce qui se déroule sous nos yeux : les masses financières des banques, renflouées par les plans de relance, vont permettre aux traders de spéculer sur la dette des Etats. Les CDS ont été l’instrument de ces manipulations. Et quand les chefs d’Etat de l’Union européenne s’intéressent enfin au sujet, il est bien tard et ils apparaissent, une fois de plus, à la traîne les opérateurs financiers.

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63% des destructions d’emploi dans l’industrie française dues à la mondialisation !

Depuis 1980, l’industrie française a détruit près de 2 millions d’emplois. Un document de Bercy estime que, entre 2000 et 2007, 63 % de ces destructions sont le fait de la concurrence internationale. Une étude que le ministère de l’Économie assume mal.

Ce phénomène s’est accéléré une première fois depuis 2000, avec la montée des délocalisations dans les pays émergents comme l’analyse l’étude et une seconde depuis la crise de 2007. En 1980, l’industrie au sens large avec ses services attachés, comme l’intérim, employait 6 millions de personnes. 27 ans plus tard, elles n’étaient plus que 4,6 millions. Et à peine 4,1 millions, à la fin de l’année 2009. 2 millions d’emplois détruits purement et simplement.

La faute en revient à la désindustrialisation en marche dans le pays depuis le double choc pétrolier des années 80 et la politique de désinflation de la décennie suivante. 2 emplois détruits sur 5 le sont à cause de la Chine et des autres pays dits émergents.

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La sortie de crise n’est pas pour demain

La crise des économies développées est sans précédent depuis 80 ans, tant les destructions de richesse sont importantes, et le retour à un régime de croissance antérieur semble éloigné, sinon impossible, estiment les économistes de Groupama Asset Management.

« La production industrielle a effacé depuis début 2008 plus de 10 années de croissance » a déclaré Laurent Berrebi, directeur des études économiques chez Groupama AM.

Michel Aglietta, professeur à l’université Paris-Ouest et conseiller économique de Groupama AM, a estimé que la sortie de crise serait semée d’embûches et que la destruction de richesse a été telle que les pays développés ne pourront retrouver ni le niveau de richesse ni le rythme de croissance potentielle dont ils jouissaient avant la crise.

« La crise financière dans les pays occidentaux s’apparente au Japon par l’ampleur de la déflation des bilans, la progression des dettes publiques, le ralentissement des revenus salariaux et la déflation des prix. » Le seul moyen dont disposent les entreprises pour améliorer leur rentabilité est la réduction de la masse salariale qui va de pair avec les suppressions de surcapacités. La dérive de la dette des États va peser sur la conjoncture dans la mesure où un retour à un niveau d’endettement soutenable va nécessiter des hausses d’impôt.

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Le Sud consomme et gaspille plus d’énergie que les pays OCDE

Première historique: les pays émergents ont supplanté les pays développés par leur consommation d’énergie pour la première fois en 2008. Mais ils gaspillent davantage d’énergie et sont les premiers contributeurs à l’essor du charbon, ce qui constitue une nouvelle préoccupante pour l’environnement.

« Le centre de gravité des marchés mondiaux de l’énergie s’est nettement, et de manière irréversible, déplacé vers les pays émergents« , a indiqué Tony Hayward, le patron de BP. Et leur poids ne pourra que se renforcer au fil des années, sachant qu’ils assurent la quasi totalité de la croissance de la demande d’énergie.L’an dernier, la Chine seule a compté pour les trois quarts de la hausse mondiale de la demande d’énergie.

Mais la domination des pays émergents sur la scène énergétique est lourde de menaces pour l’environnement: elle s’accompagne d’un essor du charbon, l’énergie abondante et bon marché sur laquelle l’Inde et la Chine ont misé pour se développer.

Les pays émergents consomment trois fois plus de pétrole par point de croissance que leurs homologues de l’OCDE. Les émissions de C02 par unité de PIB produite sont 7 à 8 fois supérieures en Chine qu’en Europe. Loin de freiner leur consommation, les économies émergentes l’encouragent en subventionnant les prix des carburants sur leur marché intérieur.

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