La France qui tombe…

Lundi 9 avril sera donné le coup d’envoi officiel de la campagne présidentielle. Mais le vrai moment symbolique viendra plus tôt puisque l’agence Standard & Poor’s doit rendre publique avant mercredi 18 janvier, jour du sommet social à l’Elysée, sa décision concernant la notation de la France (et des autres pays de la zone euro).

Assise sur un socle d’intentions de vote plus élevé que son père en 2002, Marine Le Pen espère bien créer la surprise le 22 avril prochain, jour du premier tour. Sa campagne, basée sur la sortie de l’euro et le protectionnisme, séduit la France ouvrière, déçue par les promesses non tenues du quinquennat et celle des « invisibles », cette France mi-rurale, mi péri-urbaine, qui se sent abandonnée dans la crise.

Pour Hollande comme pour Sarkozy, cette situation – la perte du AAA et la force du Front national – crée une responsabilité inédite. Au lieu de s’invectiver, ils devraient prendre garde à cette France qui gronde, ne croit plus à l’Europe ni à la politique.

La Tribune

Jean Matouk : La fracture «sociale» a atteint les collèges français

Tensions ethniques et religieuses, violences, notation des élèves… Jean Matouk, économiste, décrit le «climat épouvantable qui règne dans un nombre croissant de collèges» et propose des mesures «évidentes» qui nécessitent une hausse des impôts pour y remédier.

Si l’on ne supprime pas officiellement la notation, les élèves continuent à y croire et à affronter voire agresser le professeur si la note est trop basse.

La réalité est celle-ci : certains enseignants passent 35 à 45 minutes par cours à faire de la discipline, et ne pratiquent donc leur métier que durant le quart de l’horaire normal. Les 15 à 20% d’élèves qui ont envie d’apprendre en sont empêchés par les autres.

Un exemple entre mille de ces «incivilités» se trouve dans un collège réputé difficile d’une grande ville du midi. Classe de troisième, cours de langue : un grand gaillard d’origine gitane se lève et hurle à l’adresse d’une malheureuse élève d’origine maghrébine : «J’enc… Mahomet !» La demoiselle fond en larmes. Sa voisine se lève et crie : «Je nique Jésus !»

Expulsion temporaire ! Rapport ! Mais aucune suite.

Avec un tel climat, la génération des 11-15 ans qui est actuellement dans les collèges comprend 20% à 25% de ses effectifs destinés à être « sacrifiés », comme me l’avouait un haut magistrat du parquet. Il faut oser le dire. Quand Nicolas Sarkozy et Claude Guéant affirment que l’intégration a été ratée, ils ont raison. Mais il est ignoble d’en tirer leur conclusion implicite que c’est la faute des immigrés, qui «ne se seraient pas intégrés ». C’est bien la France toute entière qui ne les a pas intégrés et aujourd’hui, ce sont les entreprises ou les hiérarchies intermédiaires, celles qui embauchent et font les promotions, qui mettent des plafonds de verre contre les candidats issus de l’immigration, les frères aînés voire les pères des collégiens.

Les mesures à prendre sont évidentes : réduction drastique à dix élèves par classe dans au moins 15% à 20% des collèges, création ultra-rapide d’une centaine d’internats pédagogiques disciplinaires, l’association étroite des parents d’élèves, notamment des mères maghrébines.

Relancer au fond, et sur grande échelle, une « école » de ces parents que l’on a pas intégré. […]

Rue 89

Le fabuleux lobbying de la finance américaine

Par Hélène Rey, professeur à la London Business School

Le lobby (vestibule, couloir) de la Chambre des Communes (Angleterre), 1886

Les universitaires commencent à se pencher attentivement sur le lobbying des institutions financières aux Etats-Unis. Un récent article de recherche pose une question importante : pourquoi la régulation du marché des prêts immobiliers a-t-elle été si défaillante avant la crise ?

La réponse des auteurs est simple et riche d’enseignements : les principales institutions impliquées dans les excès des marchés des « subprimes » sont également celles qui ont dépensé le plus d’argent dans le lobbying des députés américains. Entre 2000 et 2006, les institutions financières américaines ont investi de 60 à 100 millions de dollars par an pour faire du lobbying.

Il ne paraît pas exagéré de penser que ces institutions ont influé sur la qualité de la régulation mise en place sur ces marchés. La puissance de feu des institutions financières américaines en termes de lobbying est énorme. Dans la dernière décennie, le profit du secteur financier a constitué environ 40 % des profits totaux de l’industrie américaine, alors qu’il n’avait jamais excédé 16 % de 1973 à 1985.

Le secteur financier est engagé à présent dans un lobbying forcené pour limiter la réglementation sur les produits dérivés, et sur le marché des « credit default swaps » en particulier, au coeur de bien des stratégies spéculatives.

Durant les neuf premiers mois de 2009, les institutions financières ont dépensé aux Etats-Unis 126 millions de dollars pour influencer le Congrès.

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L’offensive contre l’Europe passe par la Grèce

Une tribune libre de Roberto Fiorini

«  On pourrait résumer ce qui arrive à la Grèce et, demain, à l’Europe, en une seule formule : « lorsqu’on veut tuer son chien, on dit qu’il a la gale ». (…)

La réalité n’est pas celle annoncée par nos médias. Elle peut être vue de façon bien différente, si on y regarde de plus près. (…)

Les déclarations des agences de notation étasuniennes en défaveur des PIGS (acronyme pour Portugal, Irlande, Grèce, Spain – Espagne – ; mais aussi mot méprisant signifiant « cochons », en anglais) correspondent à une manœuvre délibérée, organisée de toute pièce par les ennemis de l’Europe des peuples et relayée massivement par nos médias et ceux qui les contrôlent, pour déstabiliser l’Euro, et par ricochet, faire remonter le Dollar, au moment où la parité avec l’Euro allait clairement en sa défaveur.  »

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