Marine Le Pen dénonce l’«ensauvagement de notre nation»

La présidente du Front National Marine Le Pen a dénoncé aujourd’hui lors d’un déplacement à Aix-en-Provence l’«ensauvagement de notre nation» au cours d’une conférence de presse dédiée au thème de l’insécurité.

Une problématique majeure de notre société moderne: l’ensauvagement de notre nation, la sortie des rails, la perte totale des repères, la déconstruction de tout ce que la civilisation a patiemment construit au fil des siècles.

«La France connaît une situation de violence du quotidien inédite dans son histoire et la gauche et la droite regardent ailleurs», a-t-elle ajouté, pointant «une violence gratuite qui se déchaîne par hasard». «Qu’est-ce que c’est que cette ultra-violence si ce n’est du terrorisme ?» a-t-elle fait mine de s’interroger.

Mme Le Pen a fait référence au livre «La France Orange mécanique» de Laurent Obertone, un essai classé parmi les meilleures ventes sur le site Amazon et qui pointe notamment le laxisme de la justice en France. Elle a souligné «l’inertie d’une population qui n’a plus le courage de réagir, parce qu’elle a peur des délinquants mais aussi des autorités légitimes qui l’accusent quand elle a le malheur de réagir», rappellant sa volonté de mettre en place une présomption de légitime défense pour tous les policiers et les gendarmes. […]

Le Figaro

Rue 89 : « La nation n’est jamais qu’un pointillé sur une carte »

  • Très court extrait d’un blog de Rue 89 intitulé « Journal d’un prof d’histoire »
  • Titre original de l’article : ‘La Marseillaise obligatoire à l’école : une escroquerie’
  • Article publié le 9 décembre 2012

« Si c’est une des justifications de l’école que d’intégrer un enfant à un groupe, à une collectivité, on ne voit pas pourquoi cette intégration devrait s’accomplir, se limiter, trouver son achèvement dans le cadre étroitement borné et jamais défini d’une nation qui n’est jamais qu’un pointillé sur une carte et construction intellectuelle arbitraire. (…)

A-t-on encore le droit de considérer que les nations et leurs symboles n’ont jamais apporté rien d’autre aux siècles passés, et au nôtre encore, que des peurs, des haines, des guerres et de ruineux budgets militaires ? A l’école, manifestement, le libre-arbitre n’est pas le bienvenu. (…)

Et la Marseillaise, en créant de toutes pièces des réflexes identitaires dans les consciences enfantines, en favorisant le développement de représentations mentales erronées et potentiellement nocives, ne serait pour rien dans cet état de fait ?

>> Lire l’article (recommandé !)

« Toutes les nations voudraient être comme Israël »

[Extraits d'un article de Mediapart, signé Jean-Marc Desanti.] [Titre original : Israël notre dernier fortin]

« Toutes les nations voudraient être comme Israël. Tous les « nationaux » d’Europe et du monde savent que l’on devient le propriétaire de la terre que l’on défend avec l’épée. Tous les patriotes savent que reculer devant l’ennemi vous conduit à la mort et au déshonneur.

La haine ou la colère déployées par les « ennemis » d’Israël repose sur la jalousie. Elle repose aussi sur la lâcheté que l’on veut justifier après avoir abandonné la défense des valeurs de son clan. En réalité, on ne « hait » pas Israël, mais on se dégoûte soi-même de tous ses renoncements, Lire la suite

Morin : « interdits de Vichy déverrouillés » (Vidéo)

Le président du Nouveau centre, Hervé Morin, estime qu’un certains nombre d’interdits liés au régime de Vichy ont été « déverrouillés », conduisant à « une droitisation, non pas de l’UMP, mais de la société française ». « On arrive dans une génération qui est déverrouillée d’un certain nombre d’interdits », a constaté l’ancien ministre de la Défense dans un entretien mardi à TV5 Monde.

« Vichy avait créé des interdits et la droite française, grosso modo, ne pouvait pas se permettre d’être sur un certain nombre de thèmes brutaux que l’on peut retrouver à travers l’idée de Nation, d’étrangers, de frontières et qui avaient des relents de cette période de l’histoire », explique-t-il. « Mais aujourd’hui, une grande partie de l’électorat, tant dans les milieux populaire que bourgeois, s’est affranchie de cette période parce que c’est loin, que cela fait partie de l’histoire », a-t-il jugé. [...]

Le Figaro

Et Hervé Morin connait bien cette époque, puisque selon ses dires, il a assisté de ses yeux au débarquement en Normandie :

Commémorations : «Il faut éviter de jeter le patriotisme avec l’eau sale du nationalisme»

Ce dimanche 11 novembre, la France commémore l’Armistice. David Valence, professeur agrégé d’histoire à Sciences-Po Paris, s’interroge sur l’origine de ces manifestations commémoratives dans notre pays et sur leur utilité dans l’intégration des immigrés.

La droite semble attacher plus d’importance à ce type de célébration. La gauche, quant à elle, semble mal à l’aise avec la «célébration de la Nation». […]

[…] Je crois qu’il faut cesser de confondre patriotisme et nationalisme. Le premier est estimable et indispensable. Or, les Français sont à la fois le peuple d’Europe qui s’aime le plus ET celui qui s’aime le loin. Le malaise français est lié à ce paradoxe, dont il faudrait oser sortir en promouvant un «patriotisme ouvert», ferme sur les valeurs et les symboles, mais sur de lui-même et accueillant. […]

Les manifestations commémoratives peuvent-elles être utilisées à des fins d’intégration ? En d’autres termes, dans quelle mesure un immigré qui célèbre l’armistice (qui apprend l’histoire de France, etc) s’intégrera-t-il plus facilement dans la société française ?

Disons que les citoyens qui accueillent quelqu’un sur leur territoire attendent qu’il manifeste une «curiosité obligatoire» vis-à-vis de leur histoire et de leur mode de vie. Cette curiosité minimale les rassure sur la validité du modèle qui est le leur, et que le «nouveau venu» n’entend pas bouleverser de fond en comble. Bien sur, ce jeu de regard, dans le patriotisme ouvert dans je parlais plus haut, doit être réciproque. Mais dans un pays ou l’histoire tient une place aussi grande que dans le notre, bien connaître le «récit national» est un atout pour l’intégration, c’est évident. […]

Atlantico

«La France est une invention»

Les historiens Joël Cornette et Johann Chapoutot débattent de l’histoire de France et de son enseignement.

Il est important de ne pas laisser la nation à ceux qui l’envisagent uniquement dans une perspective obsidionale, comme une citadelle assiégée sur laquelle des hordes d’étrangers viendraient se jeter. (Johann Chapoutot)

Mais où donc est passée la France ? C’est en ces termes que certains historiens, essayistes ou journalistes s‘émeuvent d’une prétendue disparition de l’histoire nationale dans les programmes de l’éducation nationale. L’enseignement ferait la part trop belle à «Songhaï ou Monomotapa», au détriment de Louis XIV et Napoléon. La polémique est relancée cet automne. Sous certains aspects, ces inquiétudes rejoignent l’idée qu’il faudrait «renforcer notre identité nationale», mission qui avait été confiée par Nicolas Sarkozy à la Maison de l’histoire de France, dont il avait porté l’initiative.

Avant d’être abandonné par le gouvernement de gauche, ce projet fut vertement critiqué, notamment pour son cadrage hexagonal, jugé totalement en décalage avec l’histoire qui s’écrit aujourd’hui, une histoire des rencontres, des connexions et des métissages. Dans ce contexte politique et intellectuel, prendre l’histoire de France comme objet peut s’avérer un exercice périlleux, soumettant ses auteurs au double soupçon de ringardise ou de nostalgie d’une gloire perdue. […]

J. Co. [...] la singularité de la France est précisément qu’au moment où elle se constitue comme Nation, au moment de la Révolution, elle nourrit des idéaux transnationaux (liberté, égalité, fraternité). Ainsi, en un sens, elle est une nation internationale dès l’origine. Par ailleurs, elle se nourrit des apports étrangers. [...]

J. Co. La France est une invention. La bonne question est d’ailleurs de savoir ce qui « invente » la France : est-ce la nation ? Ou l’Etat ? On peut avancer l’hypothèse suivante (mais c’est sujet à discussion) : en Italie ou en Allemagne, une nation, un peuple, un territoire préexistent à la formation de l’Etat, alors qu’en France, c’est le contraire : la nation est construite par le politique. […]

J. Ch. En France, l’Etat est central et moteur dans l’avènement de la nation et de la citoyenneté. C’est l’héritage des Lumières : on n’est pas français par essence ni par naissance, mais par libre arbitre et par choix […].

Le Monde (Merci à Imperial W.)

Rost, rappeur togolais : « La question de nation est dépassée. Les nations n’existent plus. Nous sommes dans l’Europe. »


[ Court extrait d'un entretien publié le 8 septembre 2012 par le site "Africultures".]

• Quel lien faites-vous entre nationalité et citoyenneté ?
Rost : La question de nation est dépassée. Nous sommes dans l’Europe. Les nations n’existent plus réellement, les frontières non plus en tant que telles. (…)

• En 2005, pour défendre ce droit, vous revendiquiez de ne pas avoir la nationalité française. L’avez-vous actuellement ?
Rost : J’ai voulu entamer les démarches pour mes trois enfants, qui sont nés ici. Ma vie est ici. Je connais bien la France (…) Mais j’ai arrêté la démarche. Je n’accepte pas d’être humilié comme nous le sommes quand nous sommes étrangers en France et qu’on a affaire aux services de la préfecture. Il faut aussi réformer l’administration française.

« Il faut réformer l’administration française.»

• Vous souhaitez donc désormais être un garde-fou politique…
Rost : C’est important. Nous allons surveiller tout ce qui est fait et surtout ce qui n’est pas fait. S’ils font volte-face sur le droit de vote des étrangers, nous allons réagir. Ce serait la pire des trahisons. Nous rentrerons dans une opposition absolue.

Le droit de vote, c’est non négociable. Ce n’est qu’un préalable

Aux prochaines élections on se battra pour les faire partir quitte à remettre la droite au pouvoir. Tant qu’il y a des perspectives, les gens y croient. Par contre, s’ils nous ferment la porte au nez, on se structurera, notamment pour peser lors des prochaines élections municipales. 2013 réserve son lot de surprises. Nous n’acceptons plus de nous faire biaiser. La gauche a déçu nos parents. La gauche a dégoûté nos grands frères. Nous ne nous laisserons pas faire. (…)

« Nous rentrerons dans une opposition absolue. Nous ne nous laisserons pas faire. »

• Quelles seraient les trois mesures concrètes indispensables et prioritaires pour vous ?
Rost : Le droit de vote, c’est non négociable. Ce n’est qu’un préalable. Ensuite la représentativité dans toutes les sphères de la société. Et enfin, la question de l’éducation. L’éducation est la base du changement.

Source

Rappel vidéo : «Mouloud, au nom de la France, je voudrais te demander pardon»


Rost et Francis Lalanne – Mouloud SDF par banlieueactive

«Nous vivons la décomposition d’une société qui pendant les Trente Glorieuses progressait chaque année»

Interview de Dominique Schnapper, sociologue, membre du conseil scientifique de la Fondapol et ancienne membre du Conseil constitutionnel, sur la démocratie en Europe.

Je suis une farouche militante de la suppression pure et simple de tout cumul de mandat. On multiplierait la classe politique mécaniquement par deux ou trois. On la rajeunirait, on l’ouvrirait aux enfants d’immigrés, aux femmes. On aurait tout de suite 40 000 enfants et petits-enfants d’immigrés qui se sentiraient activement des citoyens français.

Comment renouveler la légitimité d’une démocratie qui devient de plus en plus apathique ; on le constate à chaque élection avec le taux d’abstention croissant ?

[…] Nous sommes dans des sociétés confortables. Le risque existe que la recherche du bien-être prenne la place de la participation du citoyen. Néanmoins la France est une nation très politique, depuis la Révolution, qui conserve une dimension de civisme, mais il est vrai que les citoyens des démocraties européennes risquent de penser avant tout à leur intérêt matériel plutôt qu’à leur participation politique. […]

Le chômage et le déclassement social expliquent-ils la montée du Front National et des populismes ?

C’est l’un des facteurs. Les populations qui ont le sentiment d’être déclassées, ou que leurs enfants connaitront un destin social moins favorable que le leur, ont tendance à chercher des boucs émissaires. Il y a aussi une évolution des sociétés démocratiques qui sont plus jouissives que citoyennes, avec en toile de fond un sentiment de déclin de l’Europe et de la nation.

Il y a donc un ensemble de phénomènes dans lequel le chômage joue un rôle. Nous vivons la décomposition d’une société qui pendant les Tentes Glorieuses progressait chaque année même si à cette époque nous étions moins prospères qu’aujourd’hui. C’était une société en progrès ou chacun avait le sentiment que ses enfants vivraient mieux. Les premières générations de travailleurs immigrés ont accepté de travailler durement dans les usines parce qu’ils venaient de sociétés très pauvres et qu’ils étaient convaincus que leurs enfants auraient un avenir meilleur que le leur. C’est ce sentiment d’avenir qui a largement disparu. Il faut donc voir les Trente Glorieuses plus comme un moment d’espoir que comme un moment de jouissance et de bien-être. […]

Le modèle de l’État-nation est-il compatible avec le fédéralisme européen ?

[…] Les peuples se reconnaissent mal dans les institutions européennes telles qu’elles existent aujourd’hui. […] Il faudrait transférer la participation politique du niveau national au niveau européen. Or le niveau européen est, en tous cas pour l’instant, beaucoup plus abstrait que le niveau national. Pour l’instant le lien entre la nation et la démocratie est fort. C’est un lien historique et non structurel mais on ne peut le négliger pour autant ; jusqu’à présent la démocratie a toujours été nationale.

Blog Trop libre via Saphirnews

Les militaires ont profité du 14 juillet pour rencontrer les Français

Le public a pu venir à la rencontre de l’armée sur huit sites à Paris ce 14 juillet. Ce fut l’occasion d’un échange moins formel que lors du défilé. Les militaires ont pu cultiver le lien entre la nation et l’armée (…)


Les militaires ont profité du 14 juillet pour… par BFMTV

Mytivi

Belgique : La ministre de l’Intérieur veut interdire les «mouvements radicaux»

La ministre de l’Intérieur Joëlle Milquet propose d’interdire les milices privées et les associations et groupements qui provoquent la haine ou la violence. Un projet de loi non réfléchi, pour La Ligue des droits de l’homme, qui pourrait mener à de nombreuses dérives. Ce projet de loi fait suite aux événements survenus à Molenbeek et aux propos du groupe islamiste Sharia4belgium mais pourrait concerner des mouvements comme Nation ou le Vlaams Belang.

Pour Alexis Deswaef, de la Ligue des droits de l’homme, c’est une «réaction précipitée et non réfléchie». Il en a parlé avec les internautes. Relisez le chat ci-dessous. Notamment il pointe le fait que le projet de loi n’est pas assez clair.

«Dans son projet de loi, la définition des associations qui pourront être interdites par la ministre est tellement générale que des groupes extrémistes nationalistes qui prônent la haine et la discrimination peuvent aussi être visés. La ministre va-t-elle interdire des groupes extrémistes comme Nation (qui manifestait dimanche dernier avec le Parti Populaire (P.P.) dans les rues de Bruxelles [contre Sharia4belgium]) ou le Vlaams Belang ? Comment choisira-t-elle quel groupe devra être dissout et quel groupe pourra poursuivre son discours de haine ? Voilà une raison pour laisser la dissolution au pouvoir judiciaire, dans le cadre d’un procès équitable et après une condamnation. Et puis la dissolution d’un groupe ne solutionne pas tout le problème, comme on l’a vu avec le Vlaams Blok qui a juste changé de nom (…) On voit les dérives possibles et il ne faut pas laisser le pouvoir exécutif empiéter sur le pouvoir législatif ou judiciaire dans un Etat de droit. Chacun son rôle. On ne sait pas qui sera le prochain ministre de l’Intérieur. Quid s’il provient d’un parti nationaliste ? Quel usage fera-il de pouvoirs si étendus ? »

Pour lui, le gouvernement devrait laisser le Parlement travailler et pousser plus largement sa réflexion. «Museler le messager n’empêche pas le message de passer. Dissoudre une association de fait ne résoudra donc pas tout. La réflexion mérite d’être plus large. L’intégration est un réel enjeu. Il est consternant de voir l’énergie des politiques sur le ‘tout au sécuritaire’ et le peu d’initiatives pour créer des emplois, ce qui reste une des meilleures voies d’intégration dans notre société».

rtbf.be

Laurent Joffrin : «Le FN est légal, mais ce n’est pas un parti républicain pour autant»

Pour Laurent Joffrin, directeur du Nouvel Observateur, le «ni-ni» de l’UMP constitue «un recul de l’esprit républicain».

Le cœur de son programme quoique parfois édulcoré par Marine Le Pen, n’est pas fondamentalement changé. Il dérive d’une conception essentiellement ethnique de la nation, clairement contraire à la conception républicaine.

Quoique souvent droitier, Jean-François Copé a fait preuve d’une certaine rigueur démocratique en annonçant qu’il demanderait l’exclusion de Roland Chassain, candidat de l’UMP dans la 16e circonscription du Rhône. Cet olibrius a en effet décidé, à la suite d’on ne sait quel obscur calcul, de se désister en faveur du Front national, enfreignant ainsi la consigne de son parti. Le chef de l’UMP a été approuvé par François Fillon et par l’état-major du mouvement. Il apparaît ainsi que les chefs de la droite classique récusent nettement toute alliance avec le Front national, ce qui est une bonne nouvelle. […]

Le FN est légal, dit Henri Guaino, il est donc républicain. C’est un sophisme. Les petits groupes monarchistes qui existent encore en France sont légaux. Comme leur nom l’indique, ils ne sont pas pour autant républicains. Les associations intégristes des différentes religions sont fort peu républicaines. Elles sont néanmoins légales. Une formation républicaine ne se contente pas de se référer verbalement à la République. Elle en défend l’esprit et les valeurs, qui sont communes à la droite classique et à la gauche. […] Ce n’est pas le cas du Front national dès qu’il s’agit d’immigration. […]

Ceux qui voient en lui un parti comme les autres devraient lire son programme. Il y est par exemple prévu de ramener l’immigration légale de 200.000 à 10.000 personnes, ce qui ne peut se faire sans porter gravement atteinte aux droits des familles étrangères ou encore, selon toutes probabilités, au droit d’asile, sans parler des étudiants étrangers, dont la présence est souvent la contrepartie de la présence d’étudiants français à l’étranger. Il y est aussi prévu de ne plus tolérer la présence d’un seul sans-papier, ce qui implique une application de la loi tellement brutale qu’elle revient à instaurer une forme inédite d’Etat policier. Il y est encore proposé de réserver la plupart des emplois à des nationaux (la chose n’existe aujourd’hui que pour certains emplois de la fonction publique régalienne), disposition là encore contraire à l’esprit d’égalité républicaine, ou bien de supprimer la double nationalité, mesure chauvine aux relents notoirement pétainistes, etc. […]

Nouvel Obs

Mariage homo, adoption, droit de vote des étrangers : «Pour le devenir minoritaire de la nation»

Massimo Prearo, docteur en études politiques (EHESS) et rédacteur en chef de la revue « Genre, sexualité&société » répond aux propos de Henri Guaino, ancien conseiller spécial de Nicolas Sarkozy, dans le journal Familles chrétiennes sur le droit au «mariage homosexuel».

Ce nationalisme majoritaire, qui s’inquiète du devenir minoritaire de la nation française, n’est que le soubresaut pathétique d’une corporation hétérosexuelle, blanche, traditionnaliste et familialiste qui ne dit pas son nom.

Si, selon le scénario le plus probable, la gauche l’emporte, elle aura réussi à ne pas prendre le risque de froisser les pruderies majoritaires trop longtemps supportées de cette France qui, sarkozysme aidant, affiche un mépris rarement inégalé à l’égard des minorités qui habitent sa nation et qui l’enrichissent de pluralité, de tolérance et de solidarité. Si la droite devait parvenir à réaliser la cohabitation, le pays aurait alors perdu une occasion précieuse de se débarrasser des conservatismes délétères qui continuent de légitimer abusivement les discriminations et les agressions homophobes, lesbophobes et transphobes. […]

Pour M. Guaino, l’ouverture du mariage et le droit de vote des étrangers participent d’un mouvement de défaite de la nation : «Le droit de vote des étrangers s’inscrit dans la volonté d’effacer l’idée de nation», affirme-t-il. Cette préoccupation sous-entend l’idée de nation comme trésor bien gardé d’une majorité qui serait essentiellement nationale. […]

Le Monde