«La société sera interculturelle ou ne sera pas !»

A l’occasion des Premières assises de la diversité culturelle qui auront lieu le 19 novembre, Emmanuel Maistre, responsable du développement de l’hebdomadaire Témoignage chrétien, fait l’apologie de la société interculturelle qu’il affirme être une impérieuse nécessité.

Qu’attend-on pour construire cette société interculturelle ? Va-t-on attendre son effondrement au risque de la guerre de tous contre tous ou des communautés contre les communautés ?

De fait, notre société a connu en un demi-siècle une mutation sociétale et économique inédite. La cohésion sociale fondée sur des siècles d’histoire et de valeurs nationales, religieuses et identitaires collectives a été balayée par un individualisme forcené et une affirmation de la primauté de l’individu porté par un libéralisme réduit à sa plus simple expression, la consommation.

Aujourd’hui, face au désarroi de la crise économique et de cette société morcelée, la tentation est générale d’en faire porter l’échec sur l’étranger, sa religion, sa culture. Or, ces populations et leurs cultures issues d’Orient, d’Asie, d’Afrique… sont désormais pleinement partie intégrante de la société française et de son histoire. Elles doivent être pleinement actrices de la construction du vivre-ensemble de nos sociétés du XXIe siècle, qui, pour être durable, ne peuvent qu’être interculturelles. […]

Faire advenir une société interculturelle est bien plus complexe que de laisser se développer une société communautaire ou de faire perdurer une société prétendument universaliste dans laquelle seule une minorité se reconnaît désormais, mais cela est inévitable pour un vivre-ensemble durable et l’harmonie sociale à laquelle nous aspirons tous.

Parmi les intervenants : Stéphane Hessel, ambassadeur de France, Esther Benbassa, historienne, École pratique des hautes études, sénatrice du Val-de-Marne, Ghaleb Bencheikh, théologien musulman, président de la Conférence mondiale des religions pour la Paix, Rachid Benzine, islamologue,Dounia Bouzar, anthropologue du fait religieux, directrice du cabinet Cultes et cultures, Raphaël Liogier, sociologue, directeur de l’Observatoire du religieux,Michel Sauquet, écrivain, enseignant spécialisé sur les problématiques interculturelles…

Saphir News

Seine-Saint-Denis : Les parents d’élèves s’énervent

En Seine-Saint-Denis, la colère monte. Lundi 7 février, 20 écoles sur les 28 que compte la ville d’Épinay-sur-Seine devraient être occupées par des parents d’élèves en colère. Devraient s’y ajouter 14 écoles de Saint-Ouen et quelques autres réparties dans quatre autres villes du département.

Les mères en ont assez de repartir avec leurs enfants le matin, dès que les maîtres sont absents. La colère est née à Épinay-sur-Seine. Là, des parents de la maternelle Jean-Jaurès ont craqué au 50 ème jour de classe sans maître et sans remplaçant.  » Nous avons connu 58 journées d’absence sur l’école depuis la rentrée et seulement huit jours de remplacement « , regrettait Mathieu Glaymann, un parent d’élève, au début de l’occupation, mi janvier. Au départ, le secteur d’Épinay se croyait plus mal loti que le reste du département en matière de remplacements.

En fait, les quotas sont identiques. Le département compte 7 100 classes et 700 remplaçants, 1 pour 10 classes. Ce qui diffère, c’est le taux d’absentéisme des enseignants. Très éloigné de Paris, pas très bien desservi, le secteur d’Épinay n’attire pas vraiment les demandes de mutation. Souvent les enseignants qui y sont affectés ne déménagent pas escomptant une mutation rapide. Est-ce que le taux d’absentéisme qui monte souvent à 16 % des effectifs en période virale est dû à la grippe ou à un surcroît de fatigue liée aux longs transports ? Et cette spécificité d’une population enseignante très jeune et installée ailleurs doit-elle être prise en compte dans le calcul du nombre de remplaçants ?

Le Monde

(Merci à Douai)

La crise, moteur du capitalisme

L’histoire du capitalisme se confond avec l’histoire de ses crises. Sur la période 1970-2007, on ne compte pas moins de 124 crises bancaires, 208 crises de change et 63 crises de la dette souveraine !

Devant de tels chiffres, l’idée d’une autorégulation par les marchés apparaît comme insuffisante. Pour comprendre comment le capitalisme gère ses excès, il semble que l’hypothèse alternative d’une régulation par les crises ne manque pas d’arguments. Pour s’en convaincre, il n’est que de considérer ce qu’on nomme les « grandes crises » ou crises structurelles. Parce qu’elles sont des périodes de profonde mutation, leur rôle dans l’évolution historique du capitalisme est crucial.

Il s’agit de crises profondes, non seulement quantitativement par leur intensité, mais également qualitativement par l’ampleur des transformations institutionnelles qu’elles initient. Ces crises ont pour origine l’épuisement d’un modèle de croissance qui ne réussit plus à contenir ses déséquilibres.

Pour repartir, le système économique a besoin de nouvelles règles du jeu, de nouvelles institutions, de nouveaux compromis. Tel est l’enjeu des grandes crises : réinventer un nouveau modèle de croissance.

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Crise et mutation (suite et fin)

Il y a quelques jours, nous avons publié sur Fortune deux extraits d’un livre-dialogue, insolite et inclassable, qui vient de paraître, « Crise et mutation ». En voici un troisième et dernier passage, dû à Jean-Pierre Crépin, ex-associé du groupe de marketing HighCo, spécialiste de la mutation consommateur citoyen.

« L’individu ayant abandonné sa liberté au profit du social, peut, en cas de retournement, se déchaîner contre ce qu’il adulait jusque-là. » (Charles Antoni)

Certes, mais depuis la chute des idéologies, les insurrections auxquelles nous aurons droit seront d’un autre ordre ou plutôt le prolongement de celui-ci. Nous sommes devenus les sous-produits d’un mode de vie érigé en tant que culture : le consumérisme et la culture des Marques devenus philosophie de vie.

Les émeutes de la Gare du Nord avaient donné lieu à des commentaires, où il s’agissait de déterminer si nous étions en présence d’une révolte sociale, ou d’actes de délinquance. Un syndicat de police nous certifiant que nous étions en présence de délinquants, puisqu’il y avait eu pillage d’un magasin de chaussures.

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