Histoire : Alexis Corbière (FdG) : « Lundi 21 janvier, je mange de la tête de veau… »

Communiqué d’Alexis Corbière (Front de Gauche) :

220 ans après l’exécution du ci-devant Louis Capet le 21 janvier 1793, on peut encore saluer avec humour, mais enthousiasme intact, la grande portée politique de cet immense évènement qu’est la Révolution française, non ?

D’autant plus que, je crois savoir que quelques illuminés se réuniront de leurs cotés dans une cinquantaine de messes (quelle honte pour les ecclésiastiques qui se prêtent à cela) pour célébrer la mémoire de Louis XVI. Oui, oui cela existe encore. Le si sympathique comédien mondain Lorant Deutsch, qui a trouvé tant de défenseurs quand je m’en suis pris publiquement à son Métronome si nostalgique des têtes couronnées, y a même participé les années passées. Peut être sera-t-il encore demain à l’Eglise Saint-Germain l’Auxerrois pour pleurer la fin de la monarchie ?

Moi, en tout cas avec quelques amis, je mangerai une bonne tête de veau. Farouche partisan en 2013, de l’abolition de la peine de mort sur toute la planète (aboli en France grâce à la gauche en 1981 seulement), j’avoue que je reste fidèle à la parole de Saint-Just lors du procès du Roi : « Cet homme doit régner, ou mourir ». L’histoire est parfois tragique. Mais, le succès de la Révolution est la naissance de la première République en France, agressée militairement par des armées étrangères, était à ce prix.

Une fois la provocation volontaire de ma part écartée, il va de soi que je fêterai demain la mort de la tyrannie, qui causa tant de malheur, et non celle d’un être humain (toujours déplorable).

[...] Défendre le sens de la grande Révolution reste un enjeu de première importance et très contemporain. Je l’ai ici déjà écrit de multiples fois. Méfiez vous de tous ceux qui insultent la Révolution. En général, ce qu’ils mijotent et soutiennent en 2013 n’a rien de bon. [...]

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Histoire : Le Jansénisme, de Jansen à la Révolution française (1640-1790)

Port-Royal
L’abbaye de Port-Royal-des-Champs, centre du jansénisme au XVIIe siècle (auteur inconnu, XVIIIe).

Au départ courant catholique rigoriste apparaissant en réaction au molinisme, le jansénisme (du nom de Cornelius Jansen) devint au XVIIIe siècle un courant politique qui occupa le devant la scène publique des années 1710 à 1760, s’érigeant en opposition aux autorités royale et pontificale. En déclin après l’expulsion de leurs ennemis jésuites, les Jansénistes préparèrent et participèrent aux débuts de la Révolution dont l’apport idéologique fut loin d’être négligeable.

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Histoire : L’ADN de la tête d’Henri IV coïncide bien avec celui de Louis XVI

Louis XVI et Henri IV

Coup double pour une équipe de scientifiques franco-espagnole rassemblée autour du docteur Philippe Charlier : ils ont trouvé un profil génétique commun entre la tête momifiée d’Henri IV et du sang séché provenant de son descendant, Louis XVI, validant l’authenticité des deux restes royaux.

Ces travaux, dont les résultats sont publiés ce lundi en ligne par la revue Forensic Science International, «montrent qu’Henri IV et Louis XVI ont le même patrimoine génétique passant par les pères», explique le médecin légiste Philippe Charlier, grand spécialiste des énigmes historiques. [...]

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16 octobre 1793 : Exécution de Marie-Antoinette

Onzième fille de l’Empereur François Ier de Lorraine et de Marie-Thérèse d’Autriche, Marie-Antoinette, née le 2 novembre 1755, épouse au printemps 1770 le futur Louis XVI. Ce mariage vise à réconcilier et sceller l’alliance entre la monarchie française et celle des Hasbourg. Devenue reine à seulement 18 ans, celle qui fut surnommée tour à tour « L’Autrichienne », « Madame Déficit » et « Madame Veto », reste un personnage mythique après sa mort survenue le 16 octobre 1793.

Marie-Antoinette prise pour l'éxecution
Marie-Antoinette avant son exécution (William Hamilton).

[...] Son procès débute le 14 octobre 1793 et va durer deux jours. Ses avocats commis d’office, Chauveau-Lagarde et Tronçon-Ducoudray, sont avertis à la dernière minute et ont à peine le temps de décortiquer l’amas confus et volumineux des pièces du procès. Trois chefs d’accusation sont retenus :
- d’avoir épuisé le trésor national
- d’avoir entretenu des intelligences et des correspondances avec l’ennemi
- d’avoir tramé des conspirations contre la sûreté intérieure et extérieure de l’Etat

[...] Condamnée à mort pour haute trahison le 16 octobre 1793, elle est guillotinée le jour même sur la place de la Révolution (l’actuelle place de la Concorde).

procès-verbal mise à mort Marie-Antoinette
Procès-verbal d’exécution de Marie-Antoinette.

Adieux de Marie-Antoinette
Les adieux de Marie-Antoinette à ses enfants.

Ministère de la Justice

Desouche Histoire : La « civilisation des moeurs » (XVIIe-XVIIIe) (rediff.)

Louis XIV et sa famille par Nicolas de Largillière
Louis XIV et sa famille par Nicolas de Largillière (1710).

A partir du règne de Louis XIII, une fois les troubles des guerres de religion passés, la monarchie reprend le processus de centralisation politique. Celui-ci se double d’une acculturation du peuple auquel est imposé de nouvelles valeurs (christianisation et civilité). Les mentalités se transforment dans un premier temps dans les villes puis le processus touche d’une façon moins forte les campagnes. Ce processus est dénommé par les historiens « civilisation* des mœurs » et nous en sommes encore largement héritiers.

(* note : à entendre au sens de processus : civiliser)

« La centralisation et l’absolutisme engendrent obligatoirement un effort d’unification culturelle. Au fil des générations, de la Flandre au Midi, de la Bretagne à l’Alsace, à Paris comme dans le plus petit hameau, les officiers et les prêtres, bientôt relayés par ceux qu’ils ont convaincu, imprègnent leur millions de contemporains de valeurs nouvelles véhiculées par la centralisation triomphante » – Robert Muchembled dans Culture populaire et culture des élites dans la France moderne.

● Les moyens de l’acculturation

Ce que Benoît Garnot nomme le « dressage culturel » (imposition de nouvelles valeurs) se fait par trois voies principalement : l’Église, l’école et le milieu social. Ce dernier point recouvre la pression sociale (faire comme ses semblables) et le mécanisme naturel d’imitation des élites (le grand bourgeois imitant le noble, le petit bourgeois imitant le grand bourgeois, ainsi de suite).

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La Révolution française, fille de l’emprunt

Réduire une dette abyssale est l’obsession de la monarchie pendant tout le XVIIIe siècle. Finalement, acculé à la banqueroute, Louis XVI convoque les États généraux. Qui décident de changer les règles du jeu…

L’accomplissement du voeu de la nation : vue de la procession de l’ouverture des Etats-généraux sortant de Notre-Dame pour aller à St Louis, prise de la place Dauphine, à Versailles, le 4 may 1789 (estampe, auteur non identifié)

Le roi « ne payait ni les financiers, ni les négocians, desquels Il avoit emprunté des sommes considérables ; Il leur accordoit des surséances, ou des sauf-conduits contre leurs créanciers autre désordre qui dérangeoit et troubloit encore extremement le commerce, dans lequel on ne voyait presque plus d’argent. Le crédit […] étoit entièrement évanoui. Le discrédit étoit universel, le commerce anéanti, la consommation affaiblie de moitié, la culture des terres négligées ; les ouvriers passoient chez l’étranger. Enfin, le peuple étoit désolé, le paysan mal nourri et mal habillé ».

Ce tableau saisissant, qui pourrait, à quelques modifications près, s’appliquer à la Grèce ou à l’Espagne contemporaines, est dû à l’économiste Nicolas Dutot et brosse l’état de la France à la fin du règne de Louis XIV.

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Desouche Histoire : La noblesse contre la monarchie absolue (XVIIIe siècle)

Le thé à l'anglaise Michel-Barthélémy Ollivier
Michel-Barthélémy Ollivier, Le Thé à l’anglaise servi dans le salon des quatre-glaces au Palais du Temple à Paris en 1764.

Une idée longtemps admise, car entrant dans le schéma marxiste de la lutte des classes dominant dans les universités françaises au cours des années 1950-1970, voudrait que la noblesse et la bourgeoisie se soient opposées au XVIIIe siècle, la bourgeoisie étant finalement sortie victorieuse de cette « lutte des classes » à l’issue de la Révolution. La noblesse de la fin du XVIIIe n’aurait été qu’une vieille citadelle assiégée, garante des anciennes traditions et lois du royaume soumises aux coups de boutoirs de la bourgeoisie des Lumières. Et si elle était présente aux Etats généraux de 1789, ce ne pouvait être que pour s’opposer à toute tentative de réforme, conserver ses droits et privilèges.

Ces idées, enseignées longtemps dans les écoles et jusque dans les facultés, ont été balayées depuis les années 1980 environ mais persistent dans le grand public. Au contraire, la noblesse a très largement épousé les idées des Lumières (y compris la plus ancienne) qu’elle a contribué à façonner. Elle se montrait tout aussi critique que la bourgeoisie sur l’« arbitraire royal », le « despotisme ministériel », la censure, les inégalités dans la société, les entraves au libéralisme économique. Dans les décennies pré-révolutionnaires, il n’y a pas lieu d’opposer une pensée bourgeoise à une pensée noble.

I. La noblesse et les Lumières

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France : Mais qui donc n’est pas «républicain» ?

En France, le mot «républicain» est employé ces derniers temps à toutes les sauces… Nos voisins qui vivent dans des monarchies constitutionnelles sont-ils moins démocrates se demande Guillaume Grallet dans Le Point.

Tout est «républicain». Le comportement, les passations des pouvoirs, les dépôts de gerbes sur la tombe du Soldat inconnu. Le fait de dire bonjour, de se serrer la main, de demander des nouvelles des enfants, de se sourire, de ne pas s’insulter d’emblée. […]

Un huron débarquant à l’improviste dans l’Hexagone pourrait conclure de cette débauche sémantique que la République est menacée. Qu’un complot monarchiste risque de renverser nos chères institutions. Qu’une conspiration bonapartiste ourdie en Corse ou sur l’île d’Elbe est sur le point de triompher. Qu’un coup d’État du 2 décembre nous guette en plein mois de mai. Qu’un putsch fomenté dans de lointaines garnisons ultramarines risque d’instaurer une dictature militaire. Évidemment, il n’en est rien. Même nos extrêmes – de droite à gauche – se sont coulés depuis belle lurette dans le moule de la République. […]

Ajoutons qu’au sein de l’Union européenne existent six monarchies constitutionnelles (Suède, Danemark, Pays-Bas, Belgique, Royaume-Uni, Espagne), auxquelles il faut ajouter le grand duché du Luxembourg et, hors UE, la Norvège. Ces pays n’ont pas connu les joies de la Terreur, des colonnes infernales et de l’astucieuse machine du docteur Guillotin – imprégné, paraît-il, de l’esprit des Lumières - tranchant les têtes couronnées. Sont-ils pour autant moins démocratiques ? Les libertés publiques sont-elles en péril à Londres, à Copenhague, à La Haye ? Comment les hommes politiques de ces malheureuses contrées, privés de l’usage du qualificatif sacré « républicain », font-ils ? La France, de surcroît, n’est pas née en 1789. À ceux qui en douteraient nous conseillons une petite visite à Versailles…

Le Point

Edgar Morin : «Il ne suffit pas d’être métis si c’est pour l’oublier»

Extrait du débat entre Patrick Singaïny, d’origine réunionnaise, et Edgar Morin inclus dans «la France une et multiculturelle» (Fayard, mars 2012).

Edgar Morin : J’ai souvent écrit qu’il y eut, depuis 1789 jusqu’au premier demi-siècle de la troisième République, deux France en Une. Il ne faut oublier di le deux ni le un, dans ce que j’appellerais unidualité.

L’une monarchiste, cléricale, xénophobe, selon la conjoncture conservatrice ou réactionnaire, l’autre républicaine, laïque, intégratrice, sociale. La première fut vaincue institutionnellement et politiquement au début du XXe siècle avec la séparation de l’Eglise et de l’Etat, avec les lois de naturalisation, avec la réhabilitation de Dreyfus. Elle demeura forte et virulente mais incapable d’effectuer sa restauration d’Etat, jusqu’au désastre de 1940, où elle reprit le pouvoir sous Vichy. […]

Alors que la France républicaine, d’abord multiculturelle dans ses ethnies provinciales, est devenue désormais multiculturelle, un peu à la manière des pays d’Amérique, par intégration d’étrangers venus de tous continents, elle n’a pas reconnue cette multiculturalité qui fait sa nouvelle richesse culturelle, laquelle multiculturalité est vécue par la seconde France comme perte d’identité nationale. La question est devenue décisive pour l’avenir de la France républicaine. […]

Nicolas Sarkozy est mi magyar par son père, mi judéo-séfarade par sa mère. Le père de sa mère est originaire de Salonique comme mon père. Peut être cela a suscité en lui l’appel à des postes ministériels de femmes issues de l’émigration, notamment maghrébine et africaine. (N’oublions pas que la famille corse Bonaparte a choisi le camp de la France… Rappelons nous Mazarin l’Italien) Il ne suffit pas d’être métis si c’est pour l’oublier. L’important c’est la conscience que cela peut donner, qui n’est pas automatique. […]

Respect Mag

Le plus vieux drapeau de la Révolution française retrouvé : «Dieu et la Patrie»

A Quintigny, dans le Jura, le plus vieux drapeau de la Révolution française connu à ce jour, a été retrouvé par le maire de la commune, Yves Moine, et montré au public pour la première fois. Il sera bientôt peut-être classé au titre des Monuments historiques.

Déniché dans un recoin du grenier de l’Hôtel de Ville, il porte encore beau pour son âge. Un peu effiloché sur les bords, enroulé autour d’un simple bâton, il arbore fièrement ses devises, «Valeur et bonne foi», brodée sur sa face rouge, la couleur des martyrs, «Dieu et la Patrie , sur sa face blanche, la couleur du roi.

Selon les historiens, ce drapeau a été fabriqué par les habitants de Quintigny, à l’occasion de la fête de la Fédération, célébrant le premier anniversaire de la prise de la Bastille, le 14 juillet 1790, à Paris, au Champs de Mars. La République n’existe pas encore et, pour l’heure, comme les autres sujets de Louis XVI, ils ne remettent pas en cause la monarchie. Le drapeau tricolore a déjà fait son apparition dès les premiers événements de la Révolution, mais il n’est pas encore l’emblème officiel de la France. On y retrouve le blanc, la couleur de la royauté, encadré par le rouge et le bleu de la ville de Paris. […]

historia.fr

Quand l’Europe parlait français

Aux XVIIe et XVIIIe siècles, le français rayonne dans toute l’Europe.

Afin de ressusciter cette époque scintillante et de décrypter les ressorts de cette hégémonie, le réalisateur Olivier Horn et l’historien académicien Marc Fumaroli nous proposent un voyage à travers l’Europe aristocratique, à la rencontre de personnages historiques (Frédéric II de Prusse, Catherine II de Russie…) et des lieux dans lesquels ils ont vécu.
Voltaire, le plus célèbre virtuose de sa langue, ayant entretenu par sa conversation et ses innombrables correspondances des relations avec les plus grands de ce monde, est le guide principal de cette évocation érudite.

1ère partie :

2ème partie :