Alain Duhamel : Marine Le Pen, les années 30 retrouvées

Tribune d’Alain Duhamel sur les 40 ans du Front national.

Crise, xénophobie, autoritarisme, populisme, Marine Le Pen n’a rien inventé mais a tout retrouvé.

En 1972, Jean-Marie Le Pen était à la tête d’un groupuscule mi-patibulaire mi-folklorique, composé des vestiges de multiples chapelles de l’extrême droite. Lui-même, ex-député poujadiste, ex-parachutiste sulfureux, orateur reconnu, étudiant éternel et activiste vibrionnant, avait une notoriété modeste et ambiguë. […]

Il a maintenant transmis le commandement de ses troupes à sa fille Marine. Contrairement à lui, celle-ci a bel et bien l’intention de conquérir le pouvoir. Pour cela, elle a entrepris de moderniser l’image du Front national, de le dédiaboliser sans le banaliser. C’est une entreprise ardue mais pas utopique. Marine Le Pen a joué habilement de son allure de femme contemporaine (études, travail, divorce) et de sa prudence face aux tentations du dérapage. Avec l’appui initial d’une presse aveuglée par le goût de la nouveauté et l’obsession de l’apparence, elle a marqué des points. […]

Image surtout paradoxale, puisque Marine Le Pen, loin de moderniser la thématique de l’extrême droite, l’enracine au contraire méthodiquement dans l’humus des années 30. Jean-Marie Le Pen vivait dans l’univers des guerres coloniales. Marine Le Pen revient à l’avant-guerre. […]

Elle dénonce les oligarques, comme ses aïeux fustigeaient les ploutocrates. Le vocabulaire change, la musique reste.

Dans les années 30, l’étranger, c’était le réfugié, juifs fuyant les persécutions et les menaces, ou républicains chassés par les dictatures. Désormais, c’est le musulman qui constitue la cible perpétuelle de l’extrême droite française.[…]

Libération

« Si demain nous sommes une droite molle, alors le FN atteindra 30 % » (Peltier/RMC)

Invité des GG de RMC, Guillaume Peltier estime que l’UMP n’a d’avenir que si elle est forte.

« Quand la droite sera forte, elle gagnera sans le Front National. Parce que les électeurs du FN sont chez nous. » – Guillaume Peltier

Marine Le Pen aurait dit non si Sarkozy l’avait appelée

Marie Le Pen (FN) a assuré mercredi qu’elle aurait refusé de devenir ministre de l’Intérieur de Nicolas Sarkozy si celui-ci avait songé à lui proposer la place Beauvau, une hypothèse avancée dans un livre à paraître.

Marie Le Pen (FN) a assuré mercredi qu’elle aurait refusé de devenir ministre de l’Intérieur de Nicolas Sarkozy si celui-ci avait songé à lui proposer la place Beauvau, une hypothèse avancée dans un livre à paraître. « Il serait tombé sur un os, j’aurais dit non », a tranché la présidente du Front national, interrogée par BFMTV et RMC.

« J’ai contesté et continue à contester » sa politique faite « essentiellement d’enfumage », a-t-elle expliqué. Aux yeux de l’eurodéptué, un tel geste n’aurait pu avoir que des « raisons électoralistes ». (…)

TF1

Biographie de Marine Le Pen : Caroline Fourest et Fiammetta Venner condamnées pour diffamation (MàJ)

Communiqué de Caroline Fourest et Fiammetta Venner

La 17 ème chambre de Paris vient de rendre un jugement stupéfiant et dangereux dans l’affaire qui nous oppose à Marine Le Pen, suite au livre que nous lui avons consacré. Globalement, la montagne a accouché d’une souris. (…)

Nous avons gagné sur 80 % des points soulevés. Mais nous sommes tout de même condamnées, symboliquement, pour deux points stupéfiants.

1) Pour avoir rapporté les propos tenus par Pierrette Le Pen dans la presse contre Jean-Marie Le Pen, son racisme et son antisémitisme, au moment de son divorce !

2) Pour avoir souligné les liens entre la famille Le Pen — à la tête du parti le plus moraliste de France — avec Henri Botey… L’empereur de Pigalle, récemment arrêté ! Un lien que Marine Le Pen ne nie pas mais qu’elle minimise et sur lequel il n’est toléré visiblement aucun commentaire. Les Le Pen sont donc officiellement les seuls responsables politiques au dessus du droit de la presse : celui d’enquêter et de rappeler certains épisodes embarrassants pour leur communication.

Ces 20% du jugement nous laisse sans voix et surtout désarmées pour savoir comment faire, à l’avenir,

pour continuer à mener de telles enquêtes. Nous allons nous battre pour refuser cette censure juridique, qui rend impossible l’exercice de notre métier : le journalisme d’enquête et d’analyse. Qui tente de résister aux communications d’apparence pour informer.

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Le tribunal correctionnel de Paris a condamné mardi les auteurs d’une biographie de Marine Le Pen, Caroline Fourest et Fiammetta Venner, poursuivis pour diffamation notamment par la présidente du Front national. La chercheuse Fiammetta Venner et l’éditeur Olivier Nora ont été condamnés à 800 euros d’amende pour plusieurs passages du livre intitulé « Marine Le Pen » et publié en mai 2011 aux éditions Grasset. L’essayiste Caroline Fourest a écopé de 800 euros d’amende avec sursis. Le parquet avait requis leur relaxe. Les trois prévenus devront en outre verser 1.500 euros de dommages et intérêts à Marine Le Pen, 1.000 euros à l’association Front national et 800 euros à Jean-Marie Le Pen ainsi qu’à Franck Chauffroy, premier mari de la présidente du FN.

Ils ont été condamnés pour cinq pages du livre. La justice reproche notamment à ses auteurs d’avoir repris des interviews de la mère de Marine Le Pen, Pierrette, qui disait en 1988 que ses filles avaient « été élevées dans l’antisémitisme primaire ».

[...] Romandie

« Pourquoi je tendrais la main au Front National ? » (Dupont-Aignan/RMC)

Nicolas Dupont-Aignan répond aux questions de Jean-Jacques Bourdin.

« L’islam fait peur aujourd’hui, pourquoi ? Parce que la République a abandonné depuis 10-15 ans face à un islamisme radical extrémiste, qui déconsidère totalement dans notre pays la religion musulmane. » – Nicolas Dupont-Aignan

« Je considère que l’on ne redressera pas la France en divisant les Français en fonction de leur origine, de leur religion. » – Nicolas Dupont-Aignan

Marine Le Pen : « l’islam de France n’existe pas »

La présidente du Front national Marine Le Pen a affirmé, dimanche 7 octobre, que « l’islam de France » n’existait pas, avant d’appeler tous les musulmans qui acceptent la laïcité française à combattre à ses côtés contre l’islamisme dont ils sont aussi les victimes.

« Il n’y a pas d’islam de France », a lancé Marine Le Pen lors de « C’Politique » sur France 5. « Nicolas Sarkozy a créé le Conseil français du culte musulman qui permet à tous les musulmans de voter [pour ses instances] même s’ils sont clandestins :

il n’y a pas d’islam de France. L’islam est financé par de l’argent venant de l’étranger : il n’y a pas d’islam de France », a martelé la présidente du FN.

Interrogée sur le démantèlement d’un groupe islamiste, l’ex-candidate à la présidentielle a jugé « évident » que « les opérations de prosélytisme de l’islam radical ne sont pas maîtrisées sur notre sol ». « Je crois pouvoir dire qu’il y a un grand déficit en matière de renseignement, notamment dans nos quartiers. Nous assistons, depuis un certain nombre d’années à une hybridation entre l’islam radical et la criminalité et le trafic de drogue. Cela fait des années qu’on en parle, il y a des milliers d’armes qui circulent dans les banlieues », a dit la leader frontiste. (…)

Le Monde ( Merci à martin )

Emission complète ’C Politique’ France 5

Dupont-Aignan : Le FN pas assez «républicain» pour dialoguer

Pour le président de Debout la République (DLR), Nicolas Dupont-Aignan, il y a une «ligne jaune». Il a réaffirmé samedi qu’il n’entamerait un dialogue avec le Front national de Marine Le Pen que si le parti d’extrême droite adopte une «ligne républicaine exemplaire», ce qui n’est pas le cas selon lui.

« Il y a une ligne jaune, c’est qu’on ne doit pas renvoyer les Français à leurs origines ou à leur religion», a affirmé le député non-inscrit, en marge d’un conseil national de son parti, à huis clos, à l’Assemblée nationale. Il y a un mois, le leader de DLR avait déjà appelé Marine Le Pen à abandonner «l’obsession identitaire» pour entamer un dialogue, les deux mouvements partageant les mêmes positions sur la sortie de l’euro, le protectionnisme économique et leur défiance vis-à-vis de l’Union européenne.

Le JDD (Merci Zatch)

Nonna Mayer : 40 ans de lutte contre le FN, pour quel bilan ?

Depuis sa naissance, les thèses du Front national sont combattues.Interview de Nonna Mayer, du centre d’études européennes de Sciences Po-CNRS, qui fait le bilan de « 40 ans de lutte ».

Le Front national est devenu le principal repère politique négatif d’une partie de la jeunesse, en particulier chez les enfants d’immigrés. […] Mais le stigmatiser ne suffit évidemment pas à le battre.

Le Front national fête vendredi 5 octobre ses 40 ans d’existence qui coïncident avec autant d’années de lutte et de mobilisation. Quel bilan peut-on en faire ?

Ca dépend ce qu’on appelle « lutter » contre le Front national. A travers toute l’Europe, depuis près de 30 ans, prospèrent des partis de droite dite extrême, radicale, populiste et tout un tas de stratégies ont été élaborées contre eux. […]

>La stigmatisation a-t-elle été profitable au Front national ?

Toutes ces actions ciblées contre un parti perçu « pas comme les autres », le FN, ne marchent pas nécessairement et peuvent avoir des effets pervers. Le problème ce n’est pas seulement le Front national, c’est pourquoi il se développe. Donc la véritable stratégie payante consiste à s’attaquer aux causes, à proposer une solution politique, et ça, c’est beaucoup plus difficile. […]

Si l’on se situe dans le combat contre les idées d’extrême droite tel qu’il était dans les années 90, contre qui aujourd’hui seraient-ils dirigés ? Plutôt contre le Bloc identitaire, le FN ou plutôt contre la droite populaire ?

- Contre les trois. Il faut se battre contre les idées. La vraie force du Front national c’est de faire passer ces idées dans le débat national, notamment dans le climat actuel. On est dans un contexte de crise économique, post printemps arabe, qui fait peur. […]

Lors de son université de rentrée, Marine Le Pen a déclaré que le Front national était maintenant un parti de gouvernement…

Elle va un peu vite en besogne. Il y a encore une majorité de Français qui sont encore totalement réfractaires, qui y voient encore un danger pour la démocratie, et il n’y a qu’une minorité, de l’ordre d’un tiers, qui considère que c’est un parti capable de gouverner ou de participer à un gouvernement.[…]

Si Marine Le Pen veut arriver au pouvoir, il faut qu’elle se «déradicalise» encore un peu plus. Qu’elle soit plus claire sur la préférence nationale.[…]

Le Nouvel Obs

Le rappeur Shurik’n : « Marine Le Pen est plus dangereuse que son père »

Que penses-tu du FN de Marine Le Pen ?

Shurik’n : Obligé d’avouer que, stratégiquement, ils ont plutôt bien manœuvré … Le FN a adopté un relooking extrême (sourire) : ils sont passés sur le billard pour revenir tout pimpant avec un discours légèrement plus édulcoré. En surface ! Malheureusement, beaucoup ont mordu à l’appât.

Si pour certains, le discours de Marine Le Pen peut paraître plus nuancé, selon moi, il est plus pernicieux, plus vicieux et plus dangereux encore que celui de son père.

Jean-Marie Le Pen, c’était les gros sabots, les pieds dans le plat, la « bonne blague » légèrement sulfureuse en fin de repas dominical. C’était son truc : le scandale, par-ci, par-là. Par contre, Marine Le Pen arrive avec un discours construit et le présente bien. Elle ne présente pas les choses crûment comme le faisait son père. Rien qu’avec ce changement formel, il y a beaucoup de gens qui, désormais, tendent l’oreille et, sur certains points, se retrouvent en elle. C’est très dangereux …

Cette différence de succès avec son père s’explique aussi par le fait que Marine Le Pen surfe sur un climat islamophobe sans précédent …

Shurik’n  : Ce climat a été développé au fur et à mesure et je pense que c’est aussi lié aux élections. A l’avant-dernier scrutin, on a eu la burqa, ensuite c’était les prières dans les rues, puis avant les présidentielles, ils en ont remis une couche sur le voile. Pendant les périodes électorales, beaucoup n’hésitent à revenir sur des choses qui font peur aux gens, souvent par ignorance. Néanmoins, ce qui se passe maintenant, hors périodes électorales, est encore pire. Je parle de la polémique liée au film anti-Islam et la sortie des caricatures du Prophète dans la foulée.

Si on avait fait la même chose avec Jésus-Christ, je pense qu’on aurait eu les mêmes réactions.

Qui se souvient qu’à la fin des années 80, à la sortie d’un film qui mettait en cause les dernières minutes de la vie du Christ (« La dernière tentation du Christ  », ndlr), des intégristes chrétiens ont mis le feu à des cinémas ? Aujourd’hui, la bonne attitude a été demandée et suivie par la majorité des musulmans, même si elle n’a pas été respectée par tous. Je suis vraiment en dehors de ça, donc je peux en parler tranquillement. Je peux comprendre la colère, mais je trouve que la dernière manifestation parisienne a apporté de l’eau au moulin des islamophobes. Ceci dit, les gars de Charlie Hebdo ont fait exactement comme Kissinger au Vietnam : ils ont tapé sur un milliard de personnes pour être sûrs de toucher 150.000 salafistes à l’intérieur … Ce qui est parfaitement ridicule ! Déjà, à la base, de quoi se mêlent-ils ? Je crois qu’il y a un minimum de respect à avoir. Certains se permettent des choses avec les musulmans qu’ils ne se permettraient pas avec d’autres…

Agoravox

Je suis sortie avec un Lepéniste (humour)

Adèle est une institutrice de 28 ans. Insatisfaite en amour, elle a sympathisé avec Benoît sur un site de rencontre. Grand brun ténébreux à l’allure farouche, amateur de littérature classique, Adèle pensait avoir trouvé en Benoît un compagnon idéal. Elle se ne doutait pas que sous ses airs enjôleurs se cachait un électeur de Marine Le Pen. Elle nous raconte son cauchemar :

« J’ai eu mes premiers soupçons lorsqu’il s’est endormi devant un film de Claude Lelouch » se souvient Adèle, encore troublée par ces quelques mois passés aux côtés de l’extrémiste. Au départ charmée par les manières sophistiquées du raciste, la jeune prof ne se doute de rien, le manipulateur ayant poussé le vice jusqu’à avoir des cheveux et à porter des vêtements normaux. Diplômé de la prestigieuse université de Nanterre, Benoît était issue d’une famille unie, du moins c’est ce qu’espère encore Adèle :

J’étais persuadée que Benoît venait d’une famille normale et n’avait pas été battu par ses parents, mais maintenant j’en viens à penser qu’il a peut-être été violé par un prêtre.

Lire la suite de l’article de Thomas Dubois sur Boulevard Voltaire

Lucien Pambou : Copé choque, mais s’il n’avait pas tout à fait tort ?

Dans un ouvrage consacré à la « droite décomplexée », Jean-François Copé insiste sur le « racisme anti-blanc », qui pourrait être l’un de ses combats s’il était élu à la tête de l’UMP. Simple opportunisme ou réelle volonté politique ? Notre contributeur Lucien Pambou, membre du parti, en appelle à la fin des petites phrases et à la naissance de vrais projets.

L’UMP va choisir son président au mois de novembre. Jean-François Copé espère l’être. Il a écrit un ouvrage sur la droite décomplexée et au cœur de cet ouvrage il parle du « racisme anti-blanc ». Il inscrit ainsi sa campagne dans ce qu’il appelle une stratégie d’une droite décomplexée qui n’a pas peur de dire ce qu’elle pense réellement.

Le problème c’est qu’on aurait aimé que Jean François Copé adoptât cette attitude dès 2007 et pendant le quinquennat de Nicolas Sarkozy ou pendant la gouvernance du président Chirac.

Je ne tire pas sur le leader de mon parti comme certains pourront le soutenir, mais ce qui m’intéresse, c’est la cohérence entre les idées et le contexte dans lequel ces idées s’inscrivent.

Le racisme anti-blanc, une réalité dans certains quartiers

L’idée d’un racisme anti-blanc est une réalité en France dans les quartiers et territoires défavorisés où certains de mes compatriotes appelés caucasiens ou qui ont un phénotype blanc sont obligés de filer doux et d’avoir un profil bas, aux motifs qu’ils sont « céfrancs » selon la vulgate populaire.

Certains de mes compatriotes blancs appartenant aux classes populaires et habitant les quartiers défavorisés ont l’impression de ne plus vivre en France, surtout dans les quartiers où la représentation des populations immigrées est importante.

On parle de Bamako quand on observe les mouvements de populations à Montreuil, car la population malienne y est fortement représentée. Les populations françaises dites blanches ont l’impression d’être dépossédées de leurs traits culturels, géographiques et sociologiques.

La faute incombe aux politiques de droite comme de gauche qui, au nom de la démagogie qui les caractérise, ont feint de ne pas voir de problème, jusqu’à ce que Marine Le Pen et, avant elle, son père, mettent en évidence l’urgence de régler la question de l’immigration.

Marine Le Pen avait été la première à parler d’un racisme anti-blanc. Au nom du politiquement correct, la gauche et la droite ont liquidé le problème d’un revers de la main en disant que Marine Le Pen était raciste, ce qui permettait de clore le débat comme c’est toujours le cas en France : dès qu’il y a un problème, telle une autruche, on enfouit la tête dans le sable et entre nous, on met la poussière sous le tapis. (…)

Le nouvel Observateur