Des lecteurs du Monde réagissent à l’article «Le réveil de la France réactionnaire»

La lecture du titre de première page sur 4 colonnes : «Le réveil de la France réactionnaire! » (Le Monde daté 2-3 février) a fait réagir des lecteurs du Monde.

Natalie Nougayrède, directrice du Monde : «La ‘réaction’ s’entend ici au sens de protestation contre une avancée, une réforme. C’est le refus de certaines évolutions, assorti d’une demande de retour à l’état antérieur.»

«Vous savez ce qu’elle vous dit, la France réactionnaire ?» écrit Denis Monod-Broca (Paris). Il n’est pas le seul, cette semaine, à se demander s’il «n’est plus possible d’exprimer son désaccord sans risquer les anathèmes du journal de référence». […]

«Le terme ‘réactionnaire’ a pour moi un sens péjoratif qui ne peut avoir sa place ici», dit Philippe Boinot (Niort). «Il est un peu facile de rejeter d’un revers de manche, à l’aide d’amalgames douteux et de généralisations abusives, les inquiétudes réelles, sincères et respectables de centaines de milliers de personnes face à certaines réformes sociétales», estime Maxime Daubenton (Cambrai, Nord).

«Depuis quand des poussettes, des familles chrétiennes, athées ou musulmanes représentent-elles un danger pour la République ? Par cette posture, vous ne faites que renforcer les clivages», s’agace David Cotard, de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis). […]

Le Monde

Menaces de mort sur le juge Gentil, les journalistes Elkabbach et Darmon et le président du CSA, Schrameck

Le parquet de Paris a ouvert jeudi une enquête préliminaire pour «menaces de mort en lien avec une entreprise terroriste» après la découverte d’inquiétants courriers, accompagnés d’une balle, adressés notamment au juge Jean-Michel Gentil, qui a récemment mis en examen Nicolas Sarkozy, ainsi qu’aux journalistes Jean-Pierre Elkabbach et Michaël Darmon et au président du Conseil supérieur de l’audiovisuel, Olivier Schrameck.

Michaël Darmon : «Une phraséologie d’extrême droite, antimédias»

L’affaire suscite d’importants remous politiques, une partie de la gauche accusant les sarkozystes d’être à l’origine du déchaînement du corbeau, puisque les amis de l’ex-chef de l’État ont critiqué publiquement la décision du juge Gentil. Seulement voilà: Jean-Pierre Elkabbach et Michaël Darmon ont reçu leur lettre de menace le 20 mars. Et la mise en examen de l’ancien chef de l’État, suivie des réactions de son camp, n’est tombée que le 21 au soir. Le juge Gentil, pour sa part, a reçu sa lettre, une semaine plus tard, le 27 mars. […]

Difficile de soutenir que le corbeau ait été activé par les propos d’Henri Guaino, député UMP des Yvelines et sarkozyste du premier cercle, qui dénonçait l’attitude militante, selon lui, du magistrat. Tout au plus le corbeau a-t-il pris prétexte des propos du député pour, dans un second temps, orienter sa vindicte contre le magistrat bordelais.

Se réclamant d’un mystérieux collectif baptisé Interaction des forces de l’ordre (IFO), le corbeau parle dans un style hargneux et décousu de «gaucho bourgeois richissime», de «sale propagande de cinquième colonne, type nazie, pour le compte des socialo-soviétiques». […]

Le Figaro 1 ; 2

Ile-de-France. Logement : Les préfets envoient des lettres pour réquisitionner les immeubles vides

Cécile Duflot souhaitait que des réquisitions de logements vides puissent avoir lieu avant la fin de l’année. Peu probable à l’heure actuelle. En revanche, les préfets ont commencé à envoyer des lettres aux propriétaires d’immeubles vides. En Ile-de-France, 124 pourraient être concernés, selon Libération.

Le quotidien a publié, lundi 24 décembre, une lettre recommandée envoyée par le préfet d’Ile-de-France à une association propriétaire d’un immeuble vacant du Marais. «Dans un contexte de crise grave que connaît le secteur du logement, et notamment à Paris, le gouvernement entend prendre toute mesure de nature à ce que les personnes défavorisées puissent accéder à un logement décent», écrit Daniel Canepa.

«Le premier objectif de cette lettre, c’est d’obtenir un rendez-vous pour juger de l’état réel de ces locaux, de s’assurer qu’ils sont habitables, ou du moins si leur aménagement dans ce but ne serait pas trop coûteux», explique France Info. Reste à convaincre les propriétaires des lieux qui pourraient engager des procédures judiciaires visant à empêcher ces réquisitions. […]

newsring

Loys Bonod, prof de français : «Notre propre langue devient étrangère à nos élèves»

Tout est fait dans un établissement scolaire pour éviter qu’un élève ne soit sanctionné. La fraude elle-même est tolérée… J’ai le net sentiment que les chefs d’établissement ont désormais pour vocation d’éviter de faire des vagues.

Je suis professeur certifié de lettres classiques. J’enseigne depuis quatorze ans, les huit premières années dans plusieurs collèges de ZEP, des Mureaux à Sarcelles, et depuis trois ans au lycée Chaptal à Paris. Je suis également blogueur et passablement technophile.

Sur votre blog, vous écrivez que l’enseignement du français a subi de graves atteintes dans le primaire et dans le collège, notamment depuis les réformes des années 90…

Ces réformes ont été pensées pour adapter l’école à une autre réforme des années 70, le collège unique, et à la massification qui s’en est suivie. […] Concernant plus particulièrement le français, on peut parler de casse, voire de catastrophe, même pour l’orthographe la plus élémentaire en fin de scolarité obligatoire. […]

Un élève de troisième a maintenant le niveau d’un élève de CM2 des années 70 ou 80 ! Les dictées du brevet correspondent à un niveau de primaire.

Lorsque j’étais en primaire, j’ai le souvenir précis que je faisais chaque soir mes trois ou quatre exercices de Bled. Aujourd’hui bien souvent, les élèves étudient vaguement un texte, apprennent un peu de poésie, savent compter en anglais. Certains réformistes militent pour la suppression totale des devoirs à la maison. […] Evidemment, face à la baisse inexorable du niveau, il a fallu diminuer considérablement les exigences (sujets simplifiés, consignes de notation complaisantes…).

Résultats : on est obligé aujourd’hui de fournir des formations de français à des étudiants ou des salariés qui savent à peine lire ou écrire, et on exige de candidats à un poste une certification Voltaire en orthographe. […]

Rue 89 (Merci à Joyeux luron)

Bernard Lugan : « Peut-on encore sauver les facultés de Lettres ? » (Boulevard Voltaire)

Devenues des fabriques à chômeurs, les facultés de Lettres ont vu partir à la fois leurs meilleurs étudiants au profit des grandes écoles et leurs plus motivés au profit des filières professionnelles courtes. Ayant fréquenté l’Institution durant 35 années et ayant une certaine expérience des universités étrangères, je vois deux grandes causes à ce naufrage : la massification et la secondarisation.

1- La massification. Quand 80%, et parfois plus, d’une classe d’âge obtient le baccalauréat, les universités qui ne pratiquent pas de sélection à l’entrée du premier cycle sont automatiquement condamnées à devenir des voies de garage pour masses illettrées. Or, sélection veut dire moins d’étudiants… et par conséquent, moins de professeurs. La simple évocation de cette idée provoque donc des transes syndicales.

2- La secondarisation. Pour mettre l’enseignement « supérieur » littéraire au niveau des masses illettrées qui s’y précipitent pour s’y noyer, il a fallu le secondariser, c’est-à-dire le « pédagogiser ». [...]

Ce constat étant fait, est-il encore possible de sauver les filières universitaires littéraires ? Clairement non ! Et cela parce qu’aucun gouvernement ne se risquera à mettre en marche quatre grandes mesures salvatrices :

1- Répudiation de la massification au profit d’une re-élitisation. [...]
2- Concours d’entrée à l’université, chaque établissement fixant ses propres règles et étant libre du montant de droits d’inscription. [...]
3- Sur le modèle anglo-saxon : liberté de recrutement du corps enseignant avec prime donnée aux meilleurs afin de les fidéliser et notation des professeurs par leur hiérarchie mais aussi par les étudiants. [...]
4- Audit sérieux sur ces filières alibi ne survivant que grâce à des « étudiants » venus des Tropiques. [...]

L’on dira avec justesse qu’il est des disciplines qui ne trouveront pas de sources privées de financement. Dans ce cas, il incombera alors et naturellement à l’État d’intervenir. Mais est-il pour autant nécessaire de laisser survivre 36 facultés délivrant des licences en psychologie et 34 des licences en sociologie quand, faute de moyens, des disciplines créatrices de débouchés s’étiolent ?

Lire l’intégralité du billet sur Boulevard Voltaire

5 février 1626 : naissance de la marquise de Sévigné

Marie de Rabutin-Chantal, baronne de Sévigné, dite la marquise de Sévigné, est une femme de lettres et épistolière française. Ses Lettres sont une œuvre littéraire mais également un document d’histoire de premier ordre pour sa description de la vie et des mœurs de la société du XVIIe siècle.

Née à Paris en 1626, Marie de Rabutin-Chantal est la petite-fille de Jeanne de Chantal, qui fonda l’ordre de la Visitation avec François de Sales.

Elle perd son père en 1627, sa mère en 1633 puis trois de ses grands-parents. Elle est alors élevée par son grand-père, puis à la mort de ce dernier par ses deux oncles l’abbé Philippe de la Tour de Coulanges et Christophe de Coulanges qui lui donneront une instruction et une éducation exemplaires.

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