Le torchon brûle entre Le Drian et les chefs militaires

Le ministre de la Défense veut revenir sur les décrets définissant le rôle du chef d’état-major des armées. Ça coince très sérieusement…

Pour le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian, nommé le 16 mai 2012, c’est déjà la fin de l’état de grâce. De grosses tensions se sont fait jour avec la hiérarchie militaire.

Alors que le Livre blanc promet des lendemains difficiles, que confirmeront très vite la loi de finances 2014 et la future loi de programmation militaire, la gouvernance du ministère est mise en cause, de même qu’un gros programme de réformes structurelles.

Dans l’esprit des socialistes définissant actuellement la future politique de défense, qui sont le plus souvent membres du cabinet civil du ministre appuyés par un certain nombre de CGA (contrôleurs généraux des armées), la situation peut se résumer de manière simple : les réformes conduites sous Nicolas Sarkozy pour renforcer le rôle et la fonction du chef d’état-major des armées (CEMA) se sont traduites par une forme de prise de pouvoir du premier des militaires français.

L’amiral Édouard Guillaud, chef d’état-major des armées, n’est pas attaqué personnellement ; mais l’exercice de sa fonction définie par les décrets de 2005 (Décret n° 2005-520 du 21 mai 2005) et 2009 (Décret 2009-869 du 15 juillet 2009) est mise en cause : « Le CEMA se voit comme un aubergiste qui « hébergerait » le ministre dans ses murs, entend-on chez Le Drian. Ce n’est pas notre conception. »

Le décret de 2009 précise par exemple les points suivants : « Sous l’autorité du ministre de la Défense, le chef d’état-major des armées est responsable : 1. de l’organisation interarmées et de l’organisation générale des armées ; 2. de l’expression du besoin en matière de ressources humaines civiles et militaires des armées et des organismes interarmées. Il participe à la définition de la politique des ressources humaines du ministère. Au sein des armées et des organismes interarmées, il est responsable de la mise en oeuvre de cette politique, de la condition militaire et du moral. » Or il est aujourd’hui très clair que, sur ces points, Le Drian et ses hommes veulent prendre la main. Et pas sur des détails… (…)

Le Point

Mali : Un pilote français tué. Menaces sur les ressortissants français (MàJ)

Jean-Yves Le Drian, le ministre de la Défense, a affirmé aujourd’hui qu’un pilote français a été tué hier au Mali lors d’un raid des forces françaises. Le lieutenant concerné a été dans un premier temps blessé après un tir d’arme légère. Hospitalisé à Mopti, il a succombé à ses blessures.

Addendum : «Il y a des conséquences, non seulement pour les otages français, mais aussi pour tous les ressortissants français où qu’ils se trouvent dans le monde musulman», a déclaré Sanda Ould Boumama un porte-parole du groupe rebelle Ansar Dineà Reuters.

«Vous creuserez la tombe de vos propres enfants». (Abdallah al Chinguetti)

Le Figaro

Le ministre a par ailleurs précisé que d’autres frappes ont eu lieu cette nuit au Mali. Des unités françaises sont par ailleurs déployées à Bamako depuis hier soir pour protéger les ressortissants français.

Un conseil de Défense se tiendra aujourd’hui à 15h, sur convocation de François Hollande. Jean-Yves Le Drian a précisé que les opérations au Mali et en Somalie sont déconnectées.

Le Figaro

Les cabinets ministériels en « infraction » !

« Exemplarité » avait tonné Matignon dès la formation du gouvernement. Quatre mois plus tard, douze ministres ont déjà dépassé le nombre de collaborateurs autorisés.

C’était le 17 mai dernier. Une éternité ! A l’issue du premier conseil des ministres, le gouvernement fait savoir qu’il entend restreindre drastiquement le nombre de collaborateurs dans les ministères. Afin de répondre « au double impératif d’efficacité et d’exemplarité » la règle édictée est stricte : 15 conseillers pour un ministre de plein exercice, dix pour un ministre délégué.

Quatre mois plus tard, au 30 septembre, 12 membres du gouvernement se trouvent en infraction ! Il y a d’abord les petits contrevenants, ceux qui dépassent le plafond d’1 ou 2 unités : Batho, Hamon, Le Drian, Lebranchu, Montebourg, Repentin et Valls. Ensuite, les ministres qui frôlent la correctionnelle : Sapin avec 3 conseillers supplémentaires et Cuvillier avec 4.

3 autres ministres, enfin, risquent le retrait de permis. Contrit de ne pas avoir été nommé à la tête d’un ministère plein, Cahuzac, ministre délégué au Budget, se rattrape avec 16 conseillers, contre 10 autorisés. Touraine a divisé son cabinet en plusieurs pôles, mais ne trompe personne : il compte 6 collaborateurs en trop. Quant à Moscovici, il entend régler le problème du chômage à lui tout seul, avec le record de 7 conseillers au-delà de la limite autorisée !

Le Nouvel obs

Afghanistan : Une guerre pour rien

Bilan dans Le Point sur la guerre menée en Afghanistan : condition féminine, éradication des talibans, les onze années d’intervention militaire de l’Otan n’ont rien changé…

Les Français peuvent être fiers du travail réalisé pendant onze ans par notre armée. ( Jean-Yves Le Drian).

«Le retrait d’Afghanistan, c’est maintenant.» C’est par cette phrase que le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, a signifié dimanche au Parisien le coup d’envoi du départ des troupes françaises d’Afghanistan (3 400 soldats). […]

Le 9 juin dernier, ce sont quatre soldats français qui ont été abattus au cours d’une attaque d’insurgée, portant à 87 le nombre de militaires français tués depuis le début de la guerre en 2001. «Et on ne parle même pas du nombre considérable de blessés, dont certains demeurent amputés et handicapés, sans oublier les traumatisés», rappelle Mariam Abou Zahab, chercheuse au Centre d’études et de recherches internationales (Ceri).

Inscription de tout parti politique, ou liberté de la presse, l’Afghanistan de 2012 n’a plus rien à voir avec son passé. […] «Tous ces acquis demeurent extrêmement fragiles car ils ont été imposés et ne répondent pas à une évolution de la société», analyse Karim Pakzad. La preuve, «en zone rurale, le statut de la femme n’a pratiquement pas changé, tout juste ont-elles gagné un peu en sécurité», note Mariam Abou Zahab.

«La société afghane demeure extrêmement rigoureuse en termes de lois islamiques», renchérit Karim Pakzad. «Si les talibans ont pu y faire leur nid, c’est qu’ils disposaient d’une base en ce sens.»

Le Point