Paris : La caserne de Reuilly transformée en logements sociaux

Un «ministère de la crise du logement» métamorphosé en HLM, la caserne de Reuilly bientôt transformée en locations, un premier foyer d’hébergement pour étudiants lourdement handicapés, la Mairie de Paris poursuit ses actions sur le front du logement…

Ce jeudi après-midi, Bertrand Delanoë (PS) visite le 24, rue de la Banque, dans le 2e arrondissement de Paris. Un immeuble de bureaux de six étages, à quelques pas du métro Bourse, qui fut squatté de janvier 2007 et octobre 2011 par quelques familles et associations en pointe sur le mal logement : Droit au Logement (DAL), Jeudi noir et Macaq (une association d’artistes précaires).

La «réquisition citoyenne» des associations aura donc débouché sur une issue favorable : acheté pour 1,8M€ par la mairie de Paris, avec l’aide de la région et l’Etat, l’immeuble accueille six studios et douze appartements, dont huit seront réservés à des familles à très bas revenus, précise le quotidien.

Jean-Yves Mano a précisé que le Crous réserverait 100 logements pour les étudiants de Sciences-Po Paris qui vivent en zone d’éducation prioritaire (ZEP).

Lors du prochain Conseil de Paris, lundi et mardi, les élus débattront de la transformation de la caserne de Reuilly (12e), un site d’un peu moins de 40 000 m2 dans le 12e arrondissement, longtemps courtisé par la Mairie. Après sept ans de négociations et grâce à un coup d’accélérateur depuis la loi de mobilisation du foncier public, Paris va donc racheter cette caserne pour 40 millions d’euros (contre 60 millions il y a encore quelques mois). Et la réhabiliter pour proposer 50% de logement social, 20% d’appartements à loyer modéré et 30% de locatif libre. Mais aussi pour ouvrir une nouvelle crèche de 2.500m2 et un jardin ouvert au public de 5.700m2, sur l’ancienne place d’armes. Mais il faudra encore trois ou quatre ans de travaux avant que les premiers locataires n’installent leurs cartons dans ces nouveaux locaux, entre 400 et 500 logements. […]

20 minutes; la Vie immo

Paris. Les squatteurs attendent le jugement : Fatima, Fawa, Souhil, Salima…

Début janvier, seize familles, dont vingt-cinq enfants, «investissent» un immeuble vacant de 2.000 mètres carrés au 2 rue de Valenciennes, dans le 10ème arrondissement de Paris. Alors que le propriétaire des lieux a demandé leur expulsion devant le tribunal, deux mois après la «réquisition» et les visites ministérielles, la vie s’est peu à peu organisée dans cet ancien immeuble de bureau. Reportage sur le quotidien de Fatima, Fawa, Souhil, Salima…

Les squatteurs sauront le 25 mars s’ils doivent être expulsés, comme le demande le propriétaire, si le tribunal de grande instance de Paris ne se déclare pas incompétent dans cette affaire.

A peine a-t-on posé le pied dans le hall qu’une odeur de sucrerie envahit les narines. C’est Fawa, qui s’affaire dans la cuisine commune. «Je prépare un gâteau, explique-t-elle en esquissant un sourire. Il faut dire qu’il y en a des bouches à nourrir ici». En tout, soixante personnes, dont vingt-cinq enfants, vivent depuis deux mois sur ces 2.000 mètres carrés de bureaux. Un luxe qu’ils n’auraient même pas imaginé quelques mois plus tôt, avant l’opération coup de poing menée par l’association pour le Droit au Logement (DAL) et Jeudi Noir début janvier. […]

Dès le premier jour d’occupation, Cécile Duflot avait promis qu’elle allait étudier la possibilité de réquisitionner le bâtiment. Depuis, pas de nouvelles. Pour Jean-Baptiste Eyraud, le président du DAL, «hors de question de mettre les habitants dehors sans solution de relogement».

Métro

Paris : Mais à qui appartient l’immeuble occupé par le DAL ?

Depuis le 29 décembre, l’association d’aide aux mal-logés occupe 2 000 mètres carrés laissés vide, en plein cœur de Paris, érigés en symbole de la spéculation aveugle passant par les paradis fiscaux. La réalité est moins exotique.

«On est dans le schéma classique. Quand on occupe un immeuble, il y a toujours un propriétaire qui se manifeste et qui joue le rôle de la pauvre famille prise au dépourvu ».(Christophe Driesbach du collectif Jeudi noir)

Le 7 janvier, les membres de l’association Droit au logement (DAL) et du collectif Jeudi noir, organisaient une petite visite pour la presse, une semaine après avoir investi les lieux où sont hébergés depuis quatorze familles et onze jeunes précaires. Réquisition citoyenne, clamaient les militants d’une seule voix […].

D’après les associations, ces 2 000 m2 seraient inoccupés depuis deux ans (donc réquisitionnables). Mieux, nous expliquait un militant de Jeudi noir le jour de la visite, «on est complètement dans le cliché du holding spéculant sur des bâtiments vides». […]

Seulement voilà. L’histoire n’est pas aussi caricaturale. […] Libération a pu joindre Ignacio Lasa, 50 ans, un Espagnol parlant français (il était scolarisé au lycée français de Madrid). «Nous n’avons rien d’une nébuleuse internationale, ni aucun lien avec un paradis fiscal», nous écrit-il, trop content de s’exprimer.

Il a monté une société immobilière avec son frère cadet comme associé et sa sœur médecin comme actionnaire. «Nous sommes un petit groupe familial, on a un chiffre d’affaires de 2 millions d’euros environ. Nous achetons des immeubles pour les louer. On en a quatre à Madrid. J’ai décidé d’investir en Europe. Comme je parle français, j’ai choisi Paris.» […]

Pour tenter de débloquer les choses, il a pris contact avec le cabinet de la ministre Cécile Duflot : «Ils étaient très embarrassés d’entendre notre histoire. La ministre ne nous a pas encore répondu, je lui laisse le bénéfice du doute. Elle subit une énorme pression médiatique dans cette affaire. Je respecte le combat contre le mal-logement, mais là les associations se sont trompé de cible.» […]

Libération

Val-d’Oise. Réquisitions : Le Parti de gauche traque les locaux vides

Le Parti de gauche du Val-d’Oise liste les logements vacants afin d’inciter l’Etat à les réquisitionner. Samedi, ses militants ont visé une clinique abandonnée de Soisy-sous-Montmorency.

«On en a déjà repéré une vingtaine rien que dans la vallée de Montmorency», avance Patrice Lavaud, citant notamment un ancien hôpital de jour, l’hôpital privé d’Enghien, mais aussi un ancien tribunal à Pontoise ou encore de nombreux bureaux de poste laissés à l’abandon.

Les militants du Parti de gauche, dont Sylvie Cocher et Patrice Lavaud, coresponsables du mouvement dans le Val-d’Oise, ont bravé le froid pour dénoncer le fait que cette clinique est vide depuis cinq ans et demi. «Elle pourrait accueillir 40 à 50 sans-abri» selon eux.

Ils sont cinq militants du Parti de gauche à être venus braver la bruine, samedi matin, dans une petite rue de Soisy-sous-Montmorency, tout près du lac d’Enghien-les-Bains, pour afficher leur banderole «Réquisition» devant une clinique à l’abandon. Quelques drapeaux de leur parti et deux pancartes pour symboliser la prise de cette bâtisse vacante depuis des années.

«Nous aussi, on veut participer aux réquisitions d’immeubles vacants», pérore Patrice Lavaud, coresponsable du Parti de gauche dans le département, en référence aux récentes actions parisiennes de Droit au logement (DAL) et de Jeudi noir, qui veulent mettre la pression sur le gouvernement pour accélérer les réquisitions d’immeubles vacants pour héberger des mal-logés. […]

Le Parisien

Immeuble réquisitionné à Paris : «Ici, c’est chez nous. J’y suis, j’y reste !»

Deux associations et une quarantaine de mal-logés ont «réquisitionné» un immeuble de 2.000 m2 dans le 10e arrondissement de Paris depuis le 29 décembre… [...]

Samia, installée depuis une semaine avec ses trois enfants dans l’immeuble réquisitionné, dévoile son deux-pièces. «Je suis Française, je travaille, ça fait cinq ans que je suis à l’hôtel… Ici, c’est chez nous ! J’y suis, j’y reste», s’émeut Samia. Ces familles s’organisent pour cuisiner et participer aux tâches ménagères. Dans la cuisine, le «cœur de cette collectivité» selon un militant de Jeudi Noir, Aboutaj parle du soulagement que représente pour elle cette réquisition. «Ici, mon fils de 11 ans a sa chambre, de l’espace, il fait chaud, on est en famille. Depuis huit ans je vis dans un 26 m2, et malgré trois chauffages, on a tout le temps froid. Je dors dans la cuisine, au 6e étage sans ascenseur alors que mon fils a un problème au genou. Nous sommes prioritaires Dalo [droit au logement opposable] depuis deux ans. J’en ai marre des promesses en l’air. Je préfère rester ici plutôt que de retourner dans cet appartement.» [...]

20 minutes

Merci à Stormisbrewing

Paris : Cécile Duflot visite l’immeuble réquisitionné par le DAL

La ministre du Logement Cécile Duflot s’est rendue en fin d’après-midi dans le Xe arrondissement dans le nouvel immeuble occupé par le DAL (Droite au logement) et Jeudi Noir. Elle a eu droit à une visite des lieux et pu échangé avec certaines familles logées par les associations dans ce bâtiment vacant.

La ministre a rappelé son soutien aux mal-logés et réaffirmé sa volonté d’accélérer les procédures de réquisitions d’immeubles vides.

«Application des réquisitions, applications de la loi Dalo», ont entonné quelques membres du DAL et Jeudi noir, suivis des quelques habitants de l’immeuble, qui ont accueilli chaleureusement la venue de la ministre.

Le Parisien (Merci à Zatch)

La police expulse les squatteurs de l’avenue Matignon à Paris (vidéo)

La police a expulsé des squatteurs du Collectif Jeudi Noir qui occupaient depuis fin décembre un immeuble de bureaux vide de l’avenue Matignon appartenant à l’assureur Axa. Venues en nombre, les forces de l’ordre ont investi le bâtiment de huit étages vers 7H20 en forçant, à coups de bélier, la porte d’entrée qui avait été barricadée par les occupants. Vers 8H30, la totalité des militants avait été délogée, et plus aucun squatteur n’occupait le bâtiment, a indiqué la police.

http://www.dailymotion.com/video/xh3arl

Inauguration d’un « ministère de la Décolonisation et de l’Egalité des droits »

La « Marquise » fait encore parler d’elle. L’immeuble de la place des Vosges, occupé par le collectif Jeudi noir, s’orne depuis mardi d’une plaque très symbolique, qui en fait le « ministère de la Décolonisation et de l’Egalité des droits ».

Une façon pour les défenseurs des mal-logés, associé au collectif d’organisation de la Semaine anticoloniale 2010, de célébrer le cinquantenaire des indépendances de pays colonisés par la France, au pied d’un bâtiment « construit grâce à l’accumulation des richesses issues de l’esclavage et de la colonisation ».

Source : Rue 89

Jeudi Noir ouvre sa cité U

En «réquisitionnant» un bâtiment inoccupé de 1 800 m² de cinq étages dans le XIe arrondissement de Paris, l’association Jeudi Noir, «collectif des galériens du logement» vient d’ouvrir sa Cité U idéalement placée, à deux pas de Bastille.

La société Adoma, bailleur social de l’immeuble demande que «cette occupation illicite cesse immédiatement». «Nous leur avons fait remarquer que nous poursuivions presque le même but de relogement de personnes en difficulté, et que cette occupation pénalisait des personnes qui attendent un logement depuis longtemps» a précisé la représentante de la société.

Gérant plus de 70 000 logements dont 32 779 en Ile-de-France, Adoma a acquis l’immeuble en juillet pour le réhabiliter en foyer de travailleur migrants.

«Cette occupation illicite empêchera les travaux» craint la société d’économie mixte. De son côté, le collectif demande à occuper le bâtiment le temps que les travaux commencent, comme cela avait été le cas pour l’ancien centre de santé du Crous (Ve) qui vient d’être libéré. Source : Le Parisien