Grande-Bretagne : le gouvernement annonce des prêts étudiants «charia compatible»

Un système de prêts étudiants «charia compatible» a été dévoilé, jeudi 3 avril, en Grande-Bretagne par David Willetts, le secrétaire d’Etat chargé des Universités et de la Science. Ce nouveau dispositif devra permettre aux étudiants musulmans, rebutés par le système de prêt à intérêt instauré en 2012, de financer leurs études à l’université de façon conforme à l’Islam.

Les frais globaux liés au prêt seront équivalents à ceux d’un prêt classique, pour ne pas désavantager les autres étudiants. Mais les remboursements effectués par les étudiants concernés seront reversés à un fond, qui devrait ensuite allouer des financements aux étudiants se conformant aux mêmes principes religieux.

En 2011, le gouvernement Cameron a triplé le plafond des frais de scolarité payables par les étudiants britanniques, qui passaient ainsi de 3 000 à 9 000 Livres l’année (de 3 600 à 10 900 euros environ). Bien souvent, en plus de cumuler les petits boulots, les étudiants britanniques n’ont d’autre choix que de contracter un prêt. Environ 115 000 jeunes musulmans étudient actuellement dans les universités britanniques.

saphirnews

Une plainte visant Christiane Taubira jugée recevable

La plainte déposée par Patrick Buisson le 13 novembre dernier contre la ministre de la Justice Christiane Taubira pour « prise illégale d’intérêt » a été jugée recevable par la cour d’appel, a-t-on appris lundi auprès de l’avocat du journaliste.

Un juge d’instruction devrait donc être nommé dans les jours à venir, précise Le Figaro.fr, qui a révélé l’information.

Patrick Buisson, visé indirectement par des plaintes concernant les sondages commandés par l’Elysée sous Nicolas Sarkozy, reproche à la ministre de la Justice d’être membre du comité de parrainage d’Anticor.

Ce statut est à ses yeux incompatible avec sa fonction puisque cette association anticorruption a porté plainte pour détournement de fonds publics et favoritisme dans l’affaire visant l’ex-conseiller de l’ancien président.

La plainte de Patrick Buisson pouvait être classée sans suite, transmise à la Cour de justice de la République (CJR) – en principe compétente pour les actes commis par un ministre dans l’exercice de ses fonctions -, ou traitée selon le droit commun.

« La cour d’appel a choisi la voie naturelle du droit commun. Je n’ai pas compris ou plutôt j’ai bien compris pourquoi le parquet avait tenté de nous renvoyer devant la CJR », a dit à Reuters l’avocat de Patrick Buisson.

Me William Goldnadel a rappelé que la garde des Sceaux avait loué l’action de l’association Anticor dans un communiqué de son cabinet daté du 13 novembre 2012, mais que cet acte était « détachable de sa fonction », comme l’a confirmé la cour d’appel.

Selon la plainte, la ministre a violé les règles de séparation des pouvoirs et a nécessairement eu une influence sur l’ensemble des magistrats instruisant l’affaire des sondages de l’Elysée…

Le Point

Patrick Lozès : «L’intérêt du FN ne coïncide pas avec celui de la France»

Selon Patrick Lozès , président du Conseil représentatif des associations noires de France (Cran), seules «la vérité» sur l’immigration et la «justice sociale» permettront de contrer le FN.

Il faudra ensuite parler de l’avenir, de la manière de réduire le gâchis né de la faible utilisation des potentiels des populations françaises issues de l’immigration.

Au lendemain des élections cantonales et avec seulement 2 élus pour une présence au 2ème tour dans 400 circonscriptions cantonales, le Front national a mordu la poussière, même si ces scores dans de nombreux départements sont très élevés. […]

L’inquiétude manifestée par les Français peut pousser certains partis politiques à se laisser tenter par la voie de la radicalité, mais cela ne fera que renforcer le FN et c’est surtout une impasse.

L’autre voie plus sûre et plus raisonnable commande d’apporter à l’ensemble des citoyens, une information factuelle et objective sur la réalité de l’immigration: sur les problèmes réels qui se posent mais aussi sur les apports des Français issus de l’immigration à la collectivité nationale. […]

Pour prospérer, l’extrême-droite a intérêt à opposer les français les uns aux autres.
L’intérêt du FN ne coïncide pas avec celui de la France. L’intérêt de la France est de trouver les voies de la concorde et cela passe par le rassemblement de tous les français y compris ceux issus de l’immigration.

Blog de Patrick Lozès

Michèle Alliot-Marie : redevable d’un membre du clan Ben Ali ?

La chef de la diplomatie française, Michèle Alliot-Marie, a eu recours fin 2010 en Tunisie au jet privé d’un homme d’affaires tunisien, présenté par l’hebdomadaire Le Canard Enchaîné comme membre « du clan Ben Ali », ce qu’a démenti le cabinet de la ministre.

Dans son édition à paraître mercredi, l’hebdomadaire révèle que la ministre a utilisé entre Noël et le Jour de l’An cet avion pour relier Tunis à la ville de Tabarka, avec son conjoint Patrick Ollier, ministre chargé des Relations avec le Parlement, et des membres de leur famille.

L’avion privé ainsi que l’hôtel de destination de Michèle Alliot-Marie appartiennent à Aziz Miled, ami de longue date de la ministre et présenté par Le Canard Enchaîné comme proche de Belhassen Trabelsi, beau-frère de l’ex-président Zine el Abidine Ben Ali.

[...]

Le Canard Enchaîné indique aussi avoir cherché en vain à savoir qui avait réglé la facture de l’hôtel de Tabarka où ont séjourné la ministre et sa famille. « Elle a été réglée », a assuré l’entourage de Michèle Alliot-Marie à l’hebdomadaire, qui précise n’avoir pu savoir qui avait payé.

Sud Ouest

Ils prêtaient de l’argent à 100% d’intérêt et touchaient des aides sociales

Un couple d’usuriers indiens, dont la femme avait menacé et frappé la fille d’un de leurs débiteurs, et qui réalisait un chiffre d’affaires de 800.000 euros par an et touchait plusieurs aides sociales, a été interpellé le 9 décembre, a annoncé la préfecture de police de Paris.

Le 2 décembre, le père d’une fillette de 9 ans, qui s’était fait gifler dans la rue par une femme avant de réussir à prendre la fuite, est allé déposer plainte. Il a expliqué aux policiers du commissariat du Xe arrondissement que la femme lui avait prêté de l’argent mais la menaçait de mort en raison d’une dette de 120.000 euros. Les policiers ont décidé jeudi d’interpeller la femme, âgée de 39 ans, et découvert à son domicile 47.000 euros en liquide, «des carnets manuscrits de comptabilité couvrant les années 2006 à 2009», ainsi que «des bordereaux de dépôts d’espèces de 5 à 10.000 euros sur les comptes bancaires de ses 4 enfants».

Les policiers ont constaté que la femme, également propriétaire des murs d’un salon de coiffure et d’une société de cosmétiques, «perçoit entre autres 400 euros d’aide au logement».

Le Figaro/AFP (Merci à artichaud)

La dette publique française

La question de la dette publique est redevenue d’actualité avec la privatisation des dettes du secteur bancaire. Nos politiques, qui n’ont pas voulu agir réellement contre les intérêts financiers, ont tout simplement transvasé les dettes bancaires vers la dette publique.

Comme nous allons le voir, ce n’est pas la première fois qu’une crise financière produit une montée des dettes publiques ; c’est même devenu une tradition en Europe et en France depuis les années 70. Mais il est probable que le système arrive désormais à ses limites, tout du moins en Europe, continent qui n’a pas la planche à billet universelle du dollar.

André Jacques Holbecq vient de mettre en ligne un graphique représentant l’évolution du solde budgétaire français depuis 1973, c’est-à-dire depuis que l’émission monétaire a été privatisée. Ce graphique différencie les dépenses globales du budget de l’Etat et le coût des intérêts que nous payons chaque année à cause de l’emprunt sur les marchés financiers. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que ce graphique résume toute l’hypocrisie ou l’ignorance qui tourne autour de cette question.

Car, contrairement à ce qui est asséné constamment dans les médias mainstream, la dette publique de notre pays n’est pas le fruit d’une dépense excessive liée à une gabegie de l’Etat, mais elle est plutôt le résultat d’un surendettement volontairement provoqué.

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Il n’y a pas qu’en Grèce que ça grince

Depuis huit semaines, la crise de l’État grec domine la discussion publique avec l’ar­rière-pensée que celle-ci risque d’entraîner une crise de l’euro. Les deux sont exagérés.

Le produit social brut de la Grèce n’est pas plus élevé que celui du Land de Basse-Saxe, elle est donc marginale pour l’espace euro. Et la Grèce ne mettra en danger l’euro que si les eurocrates ne laissent pas la Grèce s’assainir elle-même et se précipitent au secours de la Grèce en toute hâte et avec trop de zèle. Dans ce cas, la Grèce deviendrait un modèle pour d’autres pays faibles, tels l’Espagne, le Portugal, la Lettonie, l’Italie et la France et constituerait en fait un danger substantiel pour l’euro.

Ce n’est pas par hasard que les USA crient que la Grèce représente une menace pour l’euro. Cela pourrait être une manœuvre de diversion pour que les investisseurs de fonds du monde entier cessent de fuir le dollar, qui est en déclin, pour aller vers l’euro parce que celui-ci leur semble plus stable.

Le cas de la Grèce représente quand même un tournant pour l’Europe : l’excès d’argent qui est parti des États-Unis par le raz-de-marée financier de la FED et l’augmentation de placements toxiques, auraient dû entraîner l’effondrement des banques fautives, mais l’agent principal Paulson, ancien directeur de banque et ministre des finances américain, a provoqué la crise des fi­nances d’État en injectant aux banques la plus grande somme de tous les temps.

Tout ceci est dissimulé et caché actuellement, rien que parce que la FED submerge le marché d’argent bon marché à 1% et maintient ainsi la liquidité des banques et des États risquant la faillite.

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Le Moyen Âge et l’argent

Le Moyen Âge n’a pas inventé le capitalisme. C’est un univers exotique dans lequel le don l’emporte sur le gain, le salut sur l’enrichissement, rappelle Jacques Le Goff dans un ouvrage lumineux.

Le Moyen Âge et l’argent, de Jacques Le Goff, est né d’une conversation entre notre grand médiéviste et un autre historien, Laurent Theis, son ancien élève et éditeur. Alors que celui-ci lui demandait, en pleine crise des subprimes, si l’argent avait une place comparable dans le déclenchement des crises au Moyen Âge, Le Goff se lança dans un de ces grands dégagements, clairs, précis, savants, dont il a le secret.

L’argent au Moyen Âge, expliqua-t-il, n’a pas le sens englobant actuel de richesse. Le terme désignait alors le métal. Quant à la monnaie, elle mesurait la valeur des choses avant d’être un instrument d’échange.

Dans le système féodal, son usage est limité. Les biens sont distribués sous la forme de redevances en nature. La monnaie est donc rare jusqu’au XVIIIème siècle, même si elle est plus abondante entre les XIIIème et XVème siècles – période d’essor commercial et urbain – qu’aux siècles précédents. Dans la conscience d’un homme du Moyen Âge, la richesse se mesure en terres, en hommes, en pouvoir, pas en argent monétisé.

Le clivage est entre le faible et le puissant (humiles/potentes), pas encore entre le pauvre et le riche (pauper/dives). L’enrichissement terrestre n’est d’ailleurs pas concevable. Le plus bel « investissement » est dans le salut, par l’aumône. Dans l’échelle des valeurs, le don l’emporte sur le gain, la charité sur le profit…

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Prévisions alarmantes sur la dette des États

Le vieillissement de la population et le déséquilibre entre actifs et retraités vont creuser les déficits.

Obama portant des seaux aux noms évocateurs (banques, AIG, constructeurs automobiles, crédits immobiliers...) et allant traire la vache à lait du Trésor public : "Bon-jour, Rayon de Soleil !" (titre d'une chanson)

Le diagnostic est connu. La crise est historique ; les finances publiques en chute libre. Déficits et dettes ont augmenté de façon exponentielle sous le coup des plans de relance, des sauvetages de banques et de la baisse d’activité. L’OCDE prévoit en 2011 une dette des pays industrialisés à plus de 100 % du PIB. Un niveau difficilement soutenable. Mais si ces dettes s’envolaient à 200, 300, voire 400 %… Ce scénario catastrophe n’est pas tiré d’un livre de science-fiction mais d’une étude de la très sérieuse Banque des règlements internationaux (BRI).

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L’Euro : implosion ou sursaut ?

Le pari de l’Euro était de construire une zone modèle. En exacerbant les différences, on affirme, voire on crée, et on enkyste des différences : modèle rhénan pour l’Allemagne ; modèle anglo-saxon pour l’Irlande ou l’Espagne, etc.

Lorsque la crise financière devient crise économique, et que les Etats s’épuisent à maintenir les demandes globales en creusant de façon historique les déficits publics, c’est le navire tout entier qui est menacé.

Si naguère, en résultante des abandons monétaires, les marchés politiques se sont assez spontanément dirigés vers la création d’une zone monétaire largement artificielle, vont-ils, à la faveur de la crise, poursuivre la construction européenne et arrimer la monnaie à un grand Etat européen ?

Sur le papier des croyants du constructivisme, les choses sont simples : il existe désormais un seul Etat, sans doute hétérogène, mais disposant d’une monnaie souveraine. Il n’y a plus de dettes souveraines au pluriel, mais une dette souveraine au singulier.

Le couple monnaie unique / grand Etat suppose d’énormes changements, qui se ramènent tous à la question de l’évaporation progressive des marchés politiques nationaux, au profit de la naissance de marchés politiques européens. Les énormes coûts d’une implosion de l’Euro pourraient faciliter cette perspective.

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Entretien avec A. de Benoist : les enjeux de la décroissance

Cet entretien a précédé la publication, en 2007, de l’ouvrage intitulé Demain la décroissance (le titre prévu initialement : Objectif décroissance, était déjà pris).

Alain de Benoist nous explique pourquoi l’écologie n’est en rien un domaine réservé aux gauchistes, altermondialistes et autres bourgeois-bohèmes en goguette, ni ne constitue nécessairement une vision du monde contraire au respect des identités, ou une conception rétrograde de l’existence.

Par opposition au mythe de la croissance infinie, apanage tant des théories économiques libérales que des postulats marxistes, la décroissance paraît inéluctable. De Benoist propose d’en tirer parti, au lieu de la subir.

Quelle est la genèse de l’idée de la décroissance ?

Elle est apparue dans les milieux écologistes lorsque ceux-ci ont commencé à réaliser que, l’activité économique et industrielle étant la cause première des pollutions, il était nécessaire de s’interroger sur la notion même de développement.

Elle est née aussi d’une réaction contre la théorie du « développement durable » qui, prétendant réconcilier les préoccupations écologiques et les principes de l’économie marchande, aboutit seulement à reporter les échéances.

Sur le plan scientifique, le premier grand théoricien de la décroissance a été l’économiste roumain Nicholas Georgescu-Roegen qui, en s’appuyant principalement sur le deuxième principe de la thermodynamique, la loi de l’entropie, a très tôt présenté la décroissance comme une conséquence inévitable des limites imposées par la nature.

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