Le latin, langue moderne

Sans le latin, c’est le titre d’un livre, rédigé sous la direction de Cécilia Suzzoni et Hubert Aupetit, tous deux agrégés de lettres et professeurs en classe préparatoire. Rassemblant les contributions de philosophes, de professeurs, d’écrivains, de poètes, l’ouvrage rappelle avec érudition et clarté ce que notre culture doit au latin, et ce qu’elle perdrait à délaisser son enseignement.

Sans le latin, sans le latin, la messe nous emmerde. (Georges Brassens)

Car le latin est menacé. Un lent effacement, fruit d’une mécanique irrépressible. Rendu public vendredi dernier, un rapport datant d’août 2011 en dresse un bilan lucide – même si les préconisations visant à “déscolastiquer” le latin ne font pas l’unanimité. Il y a un siècle, les étudiants brillants (Jaurès, Bergson, Durkheim) soutenaient encore leur thèse de doctorat en latin. En 2012, au Capes de lettres classiques, alors que 170 postes sont à pourvoir, seuls 92 candidats ont été admissibles. […]

Autre problème, la mise en concurrence du latin et du grec. […] «Le latin n’est pas seulement, comme le grec, une langue de culture : il est la substance généalogique du français. Il touche en nous au plus profond, par la langue, par la mémoire, par la conscience historique et littéraire de ce que nous sommes.» déclare Jean-Michel Léost, président de la Société des agrégés et lui-même ancien professeur de français et de latin en classes préparatoires littéraires […]

«Pour quoi le latin plutôt que l’arabe ou le chinois, plus à la mode ?». On touche là au coeur du problème. Le latin est passéiste, élitiste. Le sociologue Pierre Bourdieu y voyait «un gaspillage ostentatoire», une formation rétrograde réservée aux seuls héritiers. L’argument est en outre renforcé par un credo idéologique : le latin est la langue de l’autorité, du pouvoir, de l’Église.[…]

Enfin, on se souviendra utilement que le latin, c’est aussi le droit romain, «cette autre Bible de l’Occident», d’où jaillirent rien de moins que les définitions de la personne, de la filiation, de la propriété – autant de concepts qui structurent notre compréhension de la vie économique, sociale et politique. […]

Valeurs actuelles

«À quoi sert encore d’échanger des idées, si tout le monde a les mêmes ?»

Des intellectuels de tous bords, Charles Dantzig, Régis Debray, Marc Fumaroli, Christophe Ono-dit-Biot, Erik Orsenna, Philippe Sollers et Emmanuel Todd, appellent à la sauvegarde des «humanités». Pour faire face à la crise, une seule arme : notre culture. Grec et latin ont beau être appelés «langues mortes», ils n’ont pas encore les deux pieds dans la tombe…

Dans les écoles de commerce, si la culture générale est encore au programme, elle reste extrêmement standardisée.

«Sans le latin, la messe nous emmerde», chantait Brassens. Les langues antiques sentent la poussière, rappellent à nos souvenirs de vieux professeurs à lunettes et l’indétrônable Gaffiot ?

D’un côté, Science Po réduit à portion congrue l’épreuve de culture générale de son concours d’entrée et le recrutement des professeurs de lettres classiques prévoit de ne plus comprendre qu’un oral ; de l’autre, sous la houlette du ministère de l’Éducation nationale, on réfléchit à la revalorisation de la culture antique autour de colloques aux noms aussi éloquents que Langues anciennes, mondes modernes. Refonder l’enseignement du latin et du grec. Tout un programme… […]

Le Point

Vers la fin de l’enseignement du grec et du latin ?

La stratégie visant à éradiquer le grec et le latin de l’école publique entre dans sa phase terminale, avec la suppression programmée du Capes de lettres classiques, concours principal pourvoyeur des professeurs de langues anciennes dans les collèges et lycées de France. Membres du jury de ce défunt concours, nous avons devant nous ce qui semble devoir être la dernière génération de professeurs de grec et de latin. [...]

Le Monde

(merci à Gauloise brune)

On le fait passer pour un Turc alors qu’il est grec: il réclame 5 millions!

Un Grec réclame quelques 5 millions d’euros à une laiterie suédoise qui a utilisé son image en le faisant passer pour un Turc, sur des pots de yaourt, raconte le journal L’Essentiel.

Il s’agit de yaourts « de recette turque » indiquent les pots.Le citoyen grec, très remonté, a porté plainte. Selon lui, cela lui pose un problème d’identité et d’image. Il faut dire que la Turquie et la Grèce entretiennent des rivalités, précise 20 Minutes.

La société suédoise s’est trouvée prise de court.  Elle a expliqué qu’elle avait acheté la photo à une banque d’images et qu’elle pensait « que tout était en ordre. »

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Entre trafics, tourisme et profanations d’édifices chrétiens : Chypre, une île sous haute tension

Enquête Exclusive – M6 – 14/03/2010

Chypre, c’est la nouvelle destination des jeunes fêtards européens. Tout l’été, ils envahissent l’île pour s’enivrer et faire bronzette à prix cassé. Mais Chypre est aussi un point noir sur la carte de l’Europe. Depuis 1974, l’île est coupée en deux par une frontière de barbelés : «la ligne verte», surveillée par les soldats de l’ONU. Au sud, la partie grecque, membre de l’Union européenne, au nord la République Turque de Chypre, un territoire qui n’a jamais été reconnu par la communauté internationale.

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Selon le LEAP, au second trimestre 2010, la crise s’aggravera brutalement

Francisco de Goya, Le naufrage (1793)

 » Pour le LEAP/Europe2020, l’effet des milliers de milliards dépensés par les Etats pour « traverser la crise » aura fait long feu. Ces sommes immenses auront permis de ralentir, pendant quelques mois, l’évolution de la crise systémique globale ; mais, comme anticipé dans les [numéros] précédents, cette stratégie n’aura servi, in fine, qu’à entraîner définitivement les Etats dans la crise générée par les institutions financières.

Notre équipe anticipe donc dans ce [numéro] une aggravation brutale de la crise pour le second trimestre 2010, générée par un double effet de rattrapage des phénomènes qui ont été provisoirement « gelés » au deuxième semestre 2009 et d’impossibilité de maintenir les mesures palliatives de l’année passée.

D’ailleurs, en ce mois de février 2010, un an après notre annonce que la fin de l’année 2009 allait marquer le début de la phase de dislocation géopolitique mondiale, chacun peut constater qu’un tel processus est bien en cours : Etats au bord de la cessation de paiement, montée inexorable du chômage, chute de millions de personnes hors des filets de protection sociale, baisses de salaires, suppressions de services publics, désagrégation du système de gouvernance globale (échec du sommet de Copenhague, confrontation croissante Chine/USA, retour du risque de conflit Iran/Israël/USA, guerre monétaire globale, etc.). Pourtant, nous ne sommes qu’au tout début de cette phase.

L’aggravation brutale de la crise systémique globale va ainsi être caractérisée par une accélération et/ou un renforcement de cinq tendances négatives fondamentales :

. l’explosion de la bulle des déficits publics et la montée corollaire des cessations de paiement d’Etats,
. la collision fatale du système bancaire occidental avec la montée des défauts de paiement et le mur des dettes arrivant à maturité,
. l’inéluctable remontée des taux d’intérêts,
. la multiplication des sujets de tension internationale,
. l’insécurité sociale croissante. « 

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L’Euro : implosion ou sursaut ?

Le pari de l’Euro était de construire une zone modèle. En exacerbant les différences, on affirme, voire on crée, et on enkyste des différences : modèle rhénan pour l’Allemagne ; modèle anglo-saxon pour l’Irlande ou l’Espagne, etc.

Lorsque la crise financière devient crise économique, et que les Etats s’épuisent à maintenir les demandes globales en creusant de façon historique les déficits publics, c’est le navire tout entier qui est menacé.

Si naguère, en résultante des abandons monétaires, les marchés politiques se sont assez spontanément dirigés vers la création d’une zone monétaire largement artificielle, vont-ils, à la faveur de la crise, poursuivre la construction européenne et arrimer la monnaie à un grand Etat européen ?

Sur le papier des croyants du constructivisme, les choses sont simples : il existe désormais un seul Etat, sans doute hétérogène, mais disposant d’une monnaie souveraine. Il n’y a plus de dettes souveraines au pluriel, mais une dette souveraine au singulier.

Le couple monnaie unique / grand Etat suppose d’énormes changements, qui se ramènent tous à la question de l’évaporation progressive des marchés politiques nationaux, au profit de la naissance de marchés politiques européens. Les énormes coûts d’une implosion de l’Euro pourraient faciliter cette perspective.

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