Saint-Denis (93) : À la recherche des ancêtres esclaves (vidéo)

213 noms ont été gravés sur une sculpture inaugurée fin mai à Saint-Denis. Il s’agit de victimes de l’esclavage : des patronymes retrouvés grâce au travail de recherche entrepris par l’association « Comité Marche du 23 mai 1998″.

En s’appuyant sur une importante base de données, CM 98 organise des ateliers de généalogie. Objectif : aider ceux qui le souhaitent à retrouver leurs aïeux esclaves. Une manière pour certains de trouver l’apaisement dans leur quête identitaire.


À la recherche des ancêtres esclaves par BFMTV

Nos ancêtres les esclaves (Le Monde) (+vidéo commémoration à Saint-Denis)

Ceux qui passeront dorénavant par la petite place de la Légion-d’Honneur, à côté de la basilique de Saint-Denis, en Seine-Saint-Denis, s’interrogeront peut-être sur la présence d’un monument en forme de globe, dressé à l’ombre des arbres, au milieu des terre-pleins fleuris.

En s’approchant, ils verront que des noms et des prénoms accolés à des numéros y ont été gravés sur des médaillons colorés. Une plaque à leurs pieds leur expliquera qu’il s’agit là d’anciens esclaves et de leur matricule. 213, très exactement. Et s’ils lisent jusqu’au bout, ils apprendront que ces patronymes sont aussi ceux d’Antillais venus inscrire le nom d’un ancêtre retrouvé grâce à la généalogie.

Cette oeuvre inédite doit être inaugurée, le 23 mai, à Saint-Denis, par le ministre des outre-mer, Victorin Lurel. Le même jour, une sculpture similaire sera dévoilée à Sarcelles, dans le Val-d’Oise. Depuis quinze ans, c’est ce jour-là, dans ces deux villes de France où la diaspora antillaise est la plus importante, que l’on commémore les « victimes de l’esclavage ». [...]

Le Monde

(merci à Lilib et Herstalle)

Pour les descendants d’esclaves, « les réparations sont indispensables» selon Patrick Lozes (màj)

[Màj 13 mai 2013][ Extrait d'une tribune de Patrick Lozès (fondateur et ancien président du CRAN), parue dans le Monde du 13 mai 2013 ]

« La République a besoin que tous les Français, se souviennent et se recueillent ensemble à la mémoire des dizaines de millions de victimes de ces crimes abominables.

Oui, l’esclavage a été un crime. Et la colonisation, une aventure indigne. Les réparations sont indispensables.

Mais elle doit être collective, car identifier précisément les victimes puis leurs descendants n’est pas chose aisée. (…)

Des musées, des instituts ou des centres culturels internationaux doivent être construits. Des bourses d’études doivent être attribuées, des chaires universitaires créées, l’enseignement de l’esclavage et de la colonisation doit être renforcé. Aucune piste, aucune voie donnée à l’intelligence, ne doit être négligée. »

Le Monde

Rappel : Patrick Lozès rattrapé par la justice (02/12/2011)
Le parquet de Paris a ouvert une enquête préliminaire pour abus de confiance et blanchiment contre l’ex-président du Conseil représentatif des associations noires (Cran), Patrick Lozès, L’enquête porte notamment sur des mouvements de fonds entre le compte du Cran et le compte personnel de Patrick Lozès, ainsi que sur des virements « provenant de l’organisation humanitaire World Children’s Fund au profit de L&Associés, la société de conseil de Patrick Lozès ». (relire)

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extrait JT Mayotte 1ère du 7 mai 2013

(Merci à Marc Herstalle)

L’envers du décor de la commémoration de l’esclavage (vidéo)

Entre les 10 et 11 mai 2013, la justice française nous a maintenu en garde à vue sous le chef d’inculpation de rébellion en se basant sur les propos de la police, alors que essayions vainement de lui expliquer que notre but était d’assister paisiblement à une cérémonie sensée honorer la mémoire de nos ancêtres déportés et réduits en esclavage par l’Etat français. Nous étions détenteurs d’invitations officielles et nominatives, qui nous avaient été adressées, comme chaque année, par le Ministère de l’Outre-mer.

Comme tous les porteurs de ce « laisser passer », nous nous rendions donc vers le lieu de cette cérémonie pour en apprécier et surtout en évaluer son contenu. Mais selon toute vraisemblance, nous étions les seuls désignés persona-non-grata, sans qu’aucune explication ne nous soit jamais délivrée.

En 2012, nous avions pourtant pu participer à la même cérémonie sans le moindre ombrage ; c’est à dire sans que le service d’ordre policier ne nous fasse revivre le douloureux traumatisme qu’il nous avait fait subir le 10 mai 2011, lorsqu’il nous avait violemment exclu des lieux sans motif légal. Nous étions donc convaincus que l’incident était définitivement derrière nous, et dû à une présidence d’un autre style, jusqu’à ce que la journée d’hier nous le démente…

La négrophobie est une arme (néo)coloniale d’aliénation et de destruction massive qui n’avoue pas son nom.

COLLECTIF ANTI NEGROPHOBIE

Taubira prône une « politique foncière » en faveur des descendants d’esclaves

Christiane Taubira « n’a jamais souhaité s’inscrire » dans le débat sur les demandes de « compensation financière » de l’esclavage, réitérées par le CRAN cette semaine, mais prône en revanche une « politique foncière » pour les descendants d’esclaves en outremer. Evoquant les discriminations et le racisme qui sont « les survivances de cette violence », la ministre de la justice affirme que « nous sommes tous comptables des injustices qui s’entretiennent et se reproduisent, parce qu’elles sont enracinées dans cette période d’esclavage et de colonisation », dans un entretien au JDD à paraître dimanche.

(…)

En revanche, la garde des Sceaux évoque la « confiscation des terres » dans les territoires d’outremer qui « fait que, d’une façon générale, les descendants d’esclaves n’ont guère accès au foncier ». « Il faudrait donc envisager, sans ouvrir de guerre civile, des remembrements fonciers, des politiques foncières. Il y a des choses à mettre en place sans expropriation, en expliquant très clairement quel est le sens d’une action publique qui consisterait à acheter des terres », affirme Christiane Taubira. « En Guyane, l’État avait accaparé le foncier, donc là, c’est plus facile. Aux Antilles, c’est surtout les descendants des +maîtres + qui ont conservé les terres donc cela reste plus délicat à mettre en oeuvre », reconnaît-elle.

Le Monde

A relire : Au Zimbabwe, la réforme agraire sème la misère

Lucien Pambou (UMP) : «Le combat des Noirs de France est illisible»

En ce jour de commémoration de l’abolition de l’esclavage, le Conseil représentatif des associations noires (Cran) a annoncé qu’il assignait en justice la Caisse des dépôts (CDC), lui reprochant d’avoir profité de la traite négrière. Ancien secrétaire général du Cran, Lucien Pambou, conseiller municipal d’Alfortvile (94) déplore les divisions entre Ultramarins et Africains qui «se regardent en chiens de faïence» et minent selon lui le combat des «Noirs de France».

Entendons-nous bien, il n’y a pas que les Noirs qui sont discriminés dans la société française et je ne tiens pas un discours de pleurnicheurs ou de pleurnicheuses.

Pour moi, la fédération des Noirs a raté une occasion historique : celle de construire un combat analytique, historique dans la société française, le combat des Noirs au nom de l’égalité républicaine et de la valorisation mémorielle.

La République, bonne fille, par la loi Taubira sur la reconnaissance de la traite négrière et l’esclavage, a fait un pas en avant. […]

Le combat des Noirs de France ne repose sur aucune lisibilité. Il ne s’agit pas de détruire la République, il ne s’agit pas non plus de la communautariser, il s’agit de dire qu’un certain nombre de discriminations doivent cesser. Le débat actuel sur le mariage contre ou pour tous est un clin d’œil de l’organisation sociétale pour certaines associations qui veulent faire triompher leur cause. […]

Le Nouvel Obs

Jean-François Copé évoque « La maison aux esclaves » de Gorée

Jean-François Copé invite à se rendre sur l’ile de Gorée, d’où partaient, selon lui, « des centaines de milliers, millions d’esclaves » :

François Hollande, qui s’était rendu sur l’ile, dans la foulée de son voyage à Dakar, avait aussi été repris sévèrement par l’africaniste Bernard Lugan.

Controverse de Valladolid : la traite des noirs est-elle partie d’un « bon sentiment » ? (MàJ vidéo)

La Controverse de Valladolid (1992) est un téléfilm réalisé par Jean-Daniel Verhaeghe, sur un scénario et d’après le roman éponyme de Jean-Claude Carrière qui s’inspire de faits réels, la controverse de Valladolid.

L’auteur du roman dont s’inspire ce téléfilm précise en note préliminaire que le livre est une interprétation romancée de faits historiques. En réalité, si Las Casas et Sépulvéda ont largement échangé sur la question, on ignore s’ils se sont réellement rencontrés. En tout cas le débat a été essentiellement épistolaire. Surtout, le débat n’a pas porté sur l’humanité des indiens (cela avait déjà été tranché par le Pape Paul III), mais sur le mode d’évangélisation qu’il était nécessaire de mettre en place.
L’humanité des Indiens, l’existence de leur âme donc, n’a en réalité jamais été l’objet du débat puisque sans cela, Sepúlveda n’aurait jamais parlé du devoir de les évangéliser et ne se serait jamais autant étendu sur leur « péché d’idolâtrie ». Las Casas comme Juan Ginés de Sepúlveda s’accordèrent sur le devoir de conversion des Indiens qui incombe aux Espagnols mais diffèrent sur le moyen d’y parvenir : colonisation pacifique et vie exemplaire pour le premier et colonisation institutionnelle où la force est légitimée par le réalisme et la nature même des civilisations précolombiennes, pour le second.

Wikipédia


La controverse de Valladolid est un débat qui opposa essentiellement le dominicain Bartolomé de Las Casas et le théologien Juan Ginés de Sepúlveda en deux séances d’un mois chacune (l’une en 1550 et l’autre en 1551) au collège San Gregorio de Valladolid, mais principalement par échanges épistolaires. Ce débat réunissait théologiens, juristes et administrateurs du royaume, afin que, selon le souhait de Charles Quint, il se traite et parle de la manière dont devaient se faire les conquêtes dans le Nouveau Monde, suspendues par lui, pour qu’elles se fassent avec justice et en sécurité de conscience .

La question était de savoir si les Espagnols pouvaient coloniser le Nouveau Monde et dominer les indigènes, les Amérindiens, par droit de conquête, avec la justification morale pouvant permettre de mettre fin à des modes de vie observés dans les civilisations précolombiennes, notamment la pratique institutionnelle du sacrifice humain, ou si les sociétés amérindiennes étaient légitimes malgré de tels éléments et que seul le bon exemple devait être promu via une colonisation – émigration.

 

 

(…) Le débat intellectuel issu de la controverse de Valladolid a inspiré les Nuevas Leyes de América, compilation de plus de 6000 lois en neuf livres.

Le souci sincère de Bartolomé de las Casas d’épargner les Indiens les a préservés (par rapport à l’Amérique du Nord anglo-saxonne, notamment) mais paradoxalement, il est à l’origine, non de la naissance mais de la généralisation, de la Traite des Noirs vers l’Amérique : empêchés d’employer les Indiens comme travailleurs forcés, les Espagnols cherchent des esclaves et nouent des contacts avec des négriers africains, portugais, génois, français… qui leur vendent sur plusieurs siècles des millions d’esclaves.

(…) Wikipédia

Françoise Vergès : « L’Europe porte toujours le fardeau de la colonisation, de la traite négrière et de l’esclavage (…) »

[Article de La Croix du 19 avril ]

(…) « Vous n’êtes pas sans savoir, chères Européennes et chers Européens, que, vue des Suds, l’Europe porte toujours le fardeau de ce qu’elle a entrepris dès le XV e siècle, la colonisation du monde. Cette colonisation s’est accompagnée de la traite négrière, de l’esclavage, de spoliations, de massacres, de génocides, de déplacements de populations, de régimes d’exception et de règles discriminatoires, de déni des cultures, des langues, des religions et de racisme.

Il y a toujours eu, je vous l’accorde, des espaces qui ont échappé à cet ordre, mais les héritages de la longue histoire de la colonisation européenne sont encore vivaces.

Les paroles d’Aimé Césaire, de Frantz Fanon, d’Édouard Glissant, et celles de poètes, de romanciers, d’artistes m’ont appris que toutes les civilisations étaient belles et que nulle ne pouvait prétendre à la supériorité. Nulle aigreur, nul ressentiment dans leurs œuvres mais la conviction que pour échapper à la barbarie qui menace toujours, et pour retisser du lien, il fallait que l’Europe se penche sur son passé, qu’elle se « décolonise » pour entrer en relation avec le monde.

(…) Depuis des siècles, elle a été enrichie de tous les apports, de toutes les contributions culturelles de personnes venues s’établir sur son sol, Africains, musulmans, Asiatiques devenus ses citoyens. L’Europe n’a jamais été uniforme ou homogène et les peuples ont raison de refuser la construction d’un ensemble qui n’aurait pour principe d’organisation que celui du marché avec sa logique économique.

Il ne faut cependant pas céder à la peur. Cela peut paraître facile à dire, mais elle est mauvaise conseillère, elle réveille et attise la haine. Il est important de lui résister, de résister à la fabrique du consentement à la haine xénophobe, antisémite et raciste. (…)

La Croix

Françoise Vergès est une politologue™ française originaire de l’île de La Réunion. Elle est la nièce de Jacques Vergès et fille de Paul Vergès, fondateur du Parti communiste réunionnais.

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Revoir :

Complément vidéo : Toutes les France – 20 octobre 09

«Il y a une vieille France arrogante, qui refuse le multiculturalisme, et qui doit vraiment s’ouvrir. On est toujours dans cette vieille France avec toujours les mêmes vieilleries et les mêmes vieilles choses.»

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