Robert Ménard : « Une entourloupe »

Pas une ligne ou presque. Jacques Cheminade, candidat à la dernière présidentielle, vient de recevoir de la Direction régionale des finances publiques un « commandement de payer » de 171 325,46 euros, et la presse, à de très rares exceptions près, n’en dit pas un mot, ne s’en émeut pas. On ne va quand même pas se soucier des malheurs d’un « petit candidat » comme disent, méprisants, nos « grands » éditorialistes. Et pourtant, cette affaire en dit long sur le mal qui ronge les rouages de notre Etat.

Retour en arrière. Aux lendemains de la présidentielle de 1995, les « sages » du Conseil constitutionnel valident les comptes de Jacques Chirac et Edouard Balladur dont ils savent pourtant qu’ils sont frauduleux, bourrés d’irrégularités. [...] Mais il faut bien sauver la face. Alors que faire ? C’est l’un d’entre eux, Jacques Robert, qui l’a avoué récemment :

« Pour montrer que nous étions indépendants, nous avons invalidé Jacques Cheminade, alors qu’il n’avait commis que de légères erreurs… »

Il faut dire qu’il ne pèse pas lourd : 0,27% des suffrages.

[...] Jacques Chirac vit toujours dans l’appartement de son ami, feu le premier ministre libanais Raffic Hariri. Edouard Balladur n’a toujours aucune explication plausible pour justifier le versement de 10 millions de francs en espèce lors de cette campagne. A moins de chercher du côté des rétro-commissions versées en marge du contrat des sous-marins Agosta, qui pourraient bien avoir coûté la vie à onze de nos compatriotes lors de l’attentat de Karachi. Mais tout cela n’est que broutilles ! Non, c’est Jacques Cheminade qui est poursuivi. [...]

Robert Ménard

Ziad Takieddine : « Le système Sarkozy est en train de tomber »

L’homme d’affaires franco-libanais Ziad Takieddine, au cœur du volet financier de l’affaire Karachi, fait à nouveau la une de l’actualité judiciaire française. Le mardi 24 avril, il a été mis une troisième fois en examen, toujours dans le même dossier, pour « blanchiment et recel d’abus de biens sociaux aggravés ». (…)

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L’homme de 61 ans, qui dénonce un « acharnement ridicule », riposte et n’hésite pas à mettre en cause le chef de l’État, Nicolas Sarkozy. Entretien.

Il ne faut pas chauffer Ziad Takieddine. Ce Libanais druze âgé de 61 ans, vivant en France depuis 1979, se définit comme un « homme de l’ombre » (1). Mais depuis sa mise en examen, en 2001, pour abus de biens sociaux dans le volet financier de l’affaire Karachi – enquête portant sur un éventuel détournement de commissions légales, à hauteur de 284 millions d’euros, convenues en marge de contrats de vente de sous-marins au Pakistan et de frégates à l’Arabie saoudite dans les années 1990 – il est en pleine lumière.

Via ces deux contrats d’armement, la justice française soupçonne cet intermédiaire de haut-vol d’avoir participé à la mise en place d’un système de financement illégal de la campagne présidentielle d’Édouard Balladur en 1995. Outre qu’il réfute toutes ces accusations, Takieddine attaque, et met en cause Nicolas Sarkozy.

Sur deux sujets qui sentent le souffre et l’argent : la Libye avec un éventuel financement de sa campagne en 2007 et le Qatar. (…)

Vous accusez le secrétaire général de l’Élysée, Dominique de Villepin, d’avoir mis en place un système de rétro-commissions dans le cadre de la vente de frégates à l’Arabie Saoudite. Avez-vous des preuves ? 

S’il l’a fait, il n’a qu’à se défendre. S’il ne l’a pas fait, il sera acquitté. Ce que je sais, c’est que les deux sociétés (Esta et Rabor, NDLR) appartenaient au groupe saoudien, Al Bughshan, un client du cabinet Villepin. Peut-être, y’a-t-il un lien ?

J’ajoute que cet argent détourné a transité via trois plateformes bancaires, les trois filiales du Crédit Agricole aux Bahamas, à Genève et au Qatar.

Sont-ce ces éléments qui vous permettent de dire que « vous pouvez tous les faire tomber », en  visant nommément Nicolas Sarkozy ? 

Oui et surtout Nicolas Sarkozy. D’ailleurs, il est en train de tomber, lui et son système. (…)

Jeune Afrique

L’Arabie Saoudite finance-t-elle les partis politiques français ?

Tout a commencé avec les valises africaines bourrées de francs, puis d’euros et de dollars. Ensuite, l’on a reparlé du Pakistan, grande puissance à la fois nucléaire et islamique, située entre l’Asie centrale et le Subcontinent indien. L’on avait – semble-t-il– oublié momentanément le Proche et le Moyen Orient. Désormais, l’oubli fait partie du passé. En effet, il est en ce moment question de l’Arabie Saoudite. En attendant, qu’un jour, la justice française s’intéresse aux flux financiers, y compris aux plus récents, en provenance de la Syrie, du Qatar et de l’Iran, notamment.

Le juge français Van Ruymbeke, chargé de l’enquête sur le financement de la campagne présidentielle de l’ancien Premier ministre Édouard Balladur, en 1995, a découvert une nouvelle piste. Il semblerait que le juge Van Ruymbeke possède un document permettant de faire le lien entre un contrat d’armement passé avec l’Arabie Saoudite et les comptes de la campagne présidentielle d’Édouard Balladur, campagne dont Nicolas Sarkozy était notamment le porte-parole.(…)

DRZZ

(Merci à walder)

Deux proches de Nicolas Sarkozy, Thierry Gaubert et Nicolas Bazire en garde à vue

Nicolas Bazire, ancien directeur de cabinet d’Edouard Balladur et proche de Nicolas Sarkozy, a été interpellé mercredi matin à Paris. Placé en garde à vue, il va être entendu dans le cadre de l’affaire Takieddine.

L’ancien directeur de cabinet d’Édouard Balladur a été interpellé par les policiers du juge Renaud Van Ruymbeke qui l’ont placé en garde à vue et ont entrepris une perquisition. Le juge enquête sur des rétrocommissions présumées en marge de contrats de ventes d’armes au Pakistan et en Arabie Saoudite, dans les années 90. Il a mis en examen la semaine dernière Ziad Takieddine, un intermédiaire entre la France et les deux pays concernés.

Selon le site d’informations Mediapart, la semaine dernière, un témoin, entendu le 8 septembre par la police, a affirmé que Ziad Takieddine s’était rendu à plusieurs reprises en Suisse pour y retirer des fonds remis à Paris à Nicolas Bazire. Une dizaine de millions de francs, en espèces, découvert sur les comptes de campagne d’Edouard Balladur, intriguent en effet les enquêteurs.

Le juge Van Ruymbeke a également entendu, comme témoin, Roland Dumas, l’ancien président du conseil constitutionnel, afin de comprendre dans quelles conditions le conseil constitutionnel avait validé les comptes de campagne pour l’élection présidentielle de 1995, malgré la présence d’espèces en quantités importantes.

Actuel directeur général de groupe du groupe Arnault, la holding qui coiffe LVMH, Nicolas Bazire est un proche de Nicolas Sarkozy, dont il a été le témoin de mariage.(…)

Le JDD

Les « 7 mystérieux millions » de la campagne d’Édouard Balladur

Le financement de la campagne présidentielle d’Édouard Balladur, en 1995, apparaît de plus en plus suspect. C’est en tout cas ce qui ressort de l’audition de l’ancien député et maire RPR du 15e arrondissement de Paris, René Galy-Dejean, entendu le 15 février, comme témoin assisté, par le juge du pôle financier Renaud Van Ruymbeke.

M. Galy-Dejean, âgé aujourd’hui de 79 ans, était le trésorier de la campagne de M. Balladur. Il ne s’explique pas le versement, en espèces, sur le compte de campagne de l’ancien premier ministre, d’une mystérieuse somme de 7 millions de francs (un peu plus d’un million d’euros) qu’il assure n’avoir jamais déposée, le 26 avril 1995.

Je n’ai déposé que les 3 millions de francs », assure M. Galy-Dejean au magistrat. « Je suis incapable de vous dire d’où vient cet argent que je n’ai pas déposé », précise-t-il.[...]

Le Monde

Edouard Balladur : «L’Europe à 27 est vouée à l’échec»

Dans un entretien au Monde, Edouard Balladur justifie l’offensive sécuritaire de Nicolas Sarkozy et son récent bras de fer avec la Commission européenne sur les Roms. Pour l’ancien premier ministre, « l’Europe à 27 est vouée à l’échec », notamment à cause de l’écart des régimes sociaux entre les Etats membres. Son constat d’une Europe qui ne marche plus rejoint celui d’une France en déclin.

Comment trouvez-vous le climat politique ?

Malsain. Je suis frappé par la violence verbale. Il est urgent que chacun retrouve son calme.(…)

N’est-ce pas Nicolas Sarkozy lui-même qui a mis la société sous tension avec son discours de Grenoble sur la sécurité, la chasse aux Roms, le conflit avec la Commission européenne ?

Ce n’est pas mettre la société sous tension que de la placer devant les réalités. La sécurité, la libre circulation en Europe, l’immigration clandestine, sont des problèmes essentiels qu’on ne peut éluder sous prétexte qu’il faudrait laisser l’opinion publique en repos, d’autant qu’elle ne l’est pas, et que les Français sont bien conscients de ce qui est en cause… Nos partenaires devraient être appelées à la lucidité. L’Europe à 27 est vouée à la confusion à et l’échec. Elle souffre de défauts que le traité de Lisbonne n’a pas corrigés… Que faire ? Revenir sur le principe de la libre circulation, ériger de nouvelles barrières ?

Il faut discuter d’un meilleur contrôle aux frontières de l’Union ; à l’intérieur, je ne vois pas comment la liberté totale de circulation pourra entrer en vigueur en 2013. C’est un problème que la divergence des régimes sociaux et juridiques rend difficile à résoudre rapidement. En attendant, la sagesse commande de repousser tout élargissement de l’Europe à 27 comme de la zone euro.

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Un défaut de paiement à l’origine de l’attentat de Karachi?

L’attentat de Karachi, qui avait fait quatorze morts en 2002 dont onze français, a-t-il un lien avec le financement de la campagne présidentielle d’Édouard Balladur en 1995 ?

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L’affaire est complexe : en 1994, la France signe un contrat d’armement avec le Pakistan. A cette occasion, la France aurait versé des commissions occultes, dont une partie serait revenue (principe des rétro-commissions) à plusieurs intermédiaires français.

En 1995, quand Jacques Chirac arrive au pouvoir, le nouveau Président de la République décide de suspendre le versement de ces commissions au Pakistan. Et, selon Libération, un deuxième flux de commissions s’arrête en 2001, un an avant l’attentat de Karachi.

Pourquoi Chirac a-t-il interrompu ces versements ? Car ces rétro-commissions auraient servi à financer en partie la campagne présidentielle de Balladur en 1995. C’est la piste suivie par la justice depuis quelques mois dans le cadre de l’attentat de Karachi, qui serait ainsi une forme de représailles sur fond de commissions occultes non versées. Édouard Balladur a toujours nié toute malversation.

Mais en ce lundi 26 avril 2010, Libération publie des documents bancaires montrant que des intermédiaires imposés par l’ancien Premier ministre ont bien perçu des commissions liées au contrat d’armement signé avec le Pakistan en 1994.

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