Montargis (45) : Les enfants de l’école maternelle auront bien la visite du Père Noël (France 2 & France 3 région)

20 Heures France 2

Jt  19/20 locale Orléans

La visite du Père Noël , qui avait été annulée dans une école maternelle de Montargis (Loiret) afin de « respecter les diverses croyances », a finalement été reprogrammée, a-t-on appris auprès du maire de la commune.

« Il n’est pas question de céder aux pressions. Tous les enfants auront le droit à leur Noël », a déclaré mercredi à Sipa Jean-Pierre Door.

La venue du Père Noël dans l’école maternelle du Grand-Clos est désormais fixée au 20 décembre prochain. « La mairie sera présente », a ajouté l’édile, soulignant que « la polémique est close ».

Le Point

LCI JT

… Certains voient dans cette décision une islamisation d’un établissement scolaire

C’est une histoire qui met en ébullition une école maternelle de Montargis, dans le Loiret. Alors que les fêtes de fin d’année approchent, la directrice de l’établissement a décidé de déprogrammer la visite rituelle du Père Noël dans les classes. Officiellement, c’est pour des problèmes financiers. Les parents, abasourdis, dénoncent des motifs religieux.

La directrice a-t-elle cédé ?

Pour certains parents de l’école maternelle du Grand-Clos, cela ne fait aucun doute : la raison de l’annulation de la visite du bonhomme rouge à la barbe blanche est d’ordre « religieuse ». Une maman témoigne, ce mercredi, dans « Le Parisien – Aujourd’hui en France » :

La directrice m’a expliqué qu’elle ne voulait pas se faire taper sur les doigts par certaines familles musulmanes,

dit-elle.

Un problème confirmé par l’adjoint au maire de Montargis, chargé de l’enfance. Il ajoute que « chaque année, des familles menacent de boycotter l’école, le jour de la visite du Père Noël ». La directrice aurait donc cédé. Pour certains, « c’en est trop ». Il s’agit, selon eux, d’une « islamisation d’un établissement scolaire ».

Tradition païenne

« Erreur », répond l’académie d’Orléans-Tours. « Cela n’a aucun sens, c’est une erreur d’interprétation. Officiellement, le motif d’annulation de la venue du Père Noël dans cette petite école est d’ordre financier. La décision a été prise le 26 octobre dernier, lors du conseil d’école.

Reste que face à la polémique, le maire UMP de Montargis demande des explications à l’académie, tout comme à la direction de l’école maternelle. Il rappelle que le Père Noël est une tradition païenne. Aucune connotation religieuse…

La directrice, quand à elle, se confie à « La République du Centre » : « On vit un enfer », dit-elle, les yeux rougit. « Un mal incroyable est fait à l’école et aux enfants ». Elle annonce son intention de porter plainte.

RTL.fr

Sauvian (34) : la mère d’élève assène un coup de poing à l’institutrice

Jeudi, une institutrice de l’école primaire de Sauvian a été victime d’une agression : un coup de poing donné par une mère d’élève.

Tout commence par une réprimande. Une institutrice de Sauvian gronde une écolière dans la journée. Jusque là, rien d’anormal. Mais après les cours, la fillette va se plaindre à sa mère qui part demander des explications à la professeur.

La discussion tourne mal, les esprits s’échauffent et la mère de famille perd son sang-froid. Elle assène alors un violent coup de poing sur l’épaule de l’enseignante. Les faits se déroulent à l’extérieur de l’établissement, sur le parking réservé aux enseignants devant témoins.

(…) Midi libre

Merci à Bourgmestre

Les écoles flamandes bannissent le marocain et le turc

Les enfants qui parlent turc ou marocain à la maison reçoivent une punition lorsqu’ils parlent cette langue à l’école, révèle un sondage mené par des chercheurs des universités d’Anvers, Gand et Louvain :

Les écoles semblent donc se montrer plus sévères pour les enfants qui parlent marocain ou turc au sein de l’établissement scolaire. « La stigmatisation des Turcs, Arabes et Berbères est la plus forte à l’école. Ça pèse sur la manière dont les enfants se sentent à l’école », affirment les chercheurs.

Les chercheurs plaident pour que les écoles s’ouvrent davantage aux langues parlées par leurs élèves à la maison. Pour cette enquête, plus de 11.000 élèves du secondaire ont été interrogés, mais aussi des directeurs d’école, des professeurs et des parents.

RTL.be

NKM en guerre contre les « scènes de décapitation échangées dans les cours de récréation »

Certains députés de droite, encouragés par Nathalie Kosciusko-Morizet, n’ont vraiment pas envie de lâcher l’affaire sur les sites internet « qui provoquent au terrorisme ».

Ils sont 64 à avoir déposé à cette fin un amendement au projet de loi antiterroriste débattu à l’Assemblée nationale ce mardi après son adoption par le Sénat.

L’amendement vise à punir la consultation de sites faisant l’apologie du terrorisme « lorsqu’ils comportent des images montrant [...] des atteintes volontaires à la vie ».

Tarif : deux ans de prison et 30 000 euros d’amende. Seraient exemptés de poursuites les enquêteurs de police, chercheurs et journalistes. [...]

Lors de la discussion en commission des Lois, Nathalie Kosciusko-Morizet avait usé d’un exemple inattendu, celui d’une « de [ses] employées de mairie [NKM est maire de Longjumeau (Esssonne), ndlr] », « mariée pendant vingt ans à un homme qui s’est engagé dans un processus de radicalisation » :

« Elle a quatre fils, parmi lesquels les deux aînés, engagés dans le même processus, sont manifestement surveillés ; quant au troisième, il a 15 ans et subit l’influence de ses frères, qui vivent avec le père et lui donnent des adresses de sites internet montrant des scènes de décapitation, par des hommes munis de grands sabres noirs, sur fond de musique obsessionnelle. (…) ces vidéos de décapitation s’échangent dans les cours de collège. »

[...]

Rue89

Mantes-la-Jolie. Un carnet d’école destiné aux parents de la cité

D’ordinaire précautionneux, les services de l’Etat mettent les pieds dans le plat. La préfecture des Yvelines distribue depuis quelques jours un guide pratique destiné aux parents d’élèves du Val-Fourré. Didactique et pédagogique, ce carnet de 32 pages imprimé à 8 000 exemplaires doit aider les parents qui ne maîtrisent pas les rouages du système scolaire.

Sont principalement et délibérément concernés les immigrés de la dernière génération et le public des quartiers populaires. « Ce travail est le fruit d’entretiens avec des parents et des acteurs du monde éducatif du Val-Fourré. Tout le monde a été motivé, détaille Naïma M’Faddel, déléguée du préfet dans cette cité. Le maître mot, c’est le pragmatisme. Il ne faut pas se voiler la face, il existe parfois dans ces quartiers une méconnaissance du système éducatif. Dans certaines familles, l’école est sacralisée. Des parents ignorent par exemple qu’ils ont la possibilité de rencontrer les instituteurs en cas de problème.

Ce recueil est truffé de dessins d’écoliers de la cité.

(…) Le Parisien

Virginie (USA) : Un barème différent des notes des enfants en fonction de leur race

Traduction bienvenue

According to a story at Northwest Public Radio, the state of Virginia’s board of education has decided to institute different passing scores for standardized tests, based on the racial and cultural background of the students taking the test. Apparently the state has chosen to divide its student population into broad categories of black, white, Hispanic, and Asian — which takes painting with a rather broad brush, to put it mildly. From the article (there’s an audio version linked as well): « As part of Virginia’s waiver to opt out of mandates set out in the No Child Left Behind law, the state has created a controversial new set of education goals that are higher for white and Asian kids than for blacks, Latinos and students with disabilities. … Here’s what the Virginia state board of education actually did. It looked at students’ test scores in reading and math and then proposed new passing rates. In math it set an acceptable passing rate at 82 percent for Asian students, 68 percent for whites, 52 percent for Latinos, 45 percent for blacks and 33 percent for kids with disabilities. » (If officially determined group membership determines passing scores, why stop there?) Florida passed a similar measure last month.

Slashdot.org

(Merci à Mycky)

Les enfants d’immigrés réussissent mieux à l’école que les autres

Voilà une étude rigoureuse, irréfutable et qui vient battre en brèche une idée reçue et bien ancrée dans la tête de nombre de Français. Elle émane de l’Observatoire des inégalités et porte sur la question de la réussite scolaire. Sa conclusion? Les enfants d’immigrés réussissent en général mieux que les autres à l’école. Démonstration.

A première vue pourtant, les différences semblent plaider pour la thèse inverse. En France, le taux de réussite global au baccalauréat est en effet de 64,2%. Soit plus que celui des enfants d’origine du Maghreb (50,8%), d’Afrique sub-saharienne (55%) ou du Portugal (51,3%).

Mais ces données brutes sont trompeuses car elles ne tiennent pas compte de l’origine sociale des parents ni de leur propre parcours scolaire. Or, si l’on observe le taux de bacheliers en fonction du diplôme de la mère, celui-ci s’échelonne de 42% (ceux dont la mère n’a aucun diplôme) à 90% (pour une mère qui a fait des études supérieures). Et ce, toutes populations confondues, enfants d’immigrés ou pas.

Prenons maintenant les enfants dont aucun parent n’a le bac, et comparons ce qui est comparable, à savoir le taux de réussite des enfants au sein de cette population. Chez les enfants de famille d’origine française, le taux est de 37%. Soit exactement celui des enfants d’origine maghrébine (37% aussi), à peine plus que celui des enfants d’origine sub-saharienne (35%)… et beaucoup moins que les enfants originaires d’Asie du Sud-Est.

Les chercheurs de l’Observatoire des inégalités sont allés plus loin encore: ils ont regardé la probabilité d’avoir son bac « toutes choses égales par ailleurs », c’est-à-dire pour des populations semblables ou presque – sexe, catégorie sociale, niveau de diplôme des parents, et composition familiale équivalente. Pour ce faire, ils ont pris comme référence les enfants dont la famille n’est pas immigrée, et ils ont regardé ce qui se passait chez les autres.

Résultat: sauf pour les familles d’origine turque où les résultats ne sont pas significatifs, les enfants d’origine immigrée réussissent systématiquement mieux que les autres! Presque une fois et demi mieux pour les enfants d’origine portugaise, presque deux fois mieux pour les enfants du Maghreb, et plus de deux fois mieux pour les enfants d’Asie du Sud-Est! [...]

L’Express

Livres pour enfants : « Lucien, Français de souche… »

« À l’école, Lucien, Français de souche, est le chef ! Lorsqu’une nouvelle élève arrive, Lucien la repousse du fait qu’elle est d’origine arabe. Pour lui, elle n’est pas comme les autres. Mais bien vite, chaque membre de la bande trouve qu’il ne correspond pas non plus à l’image du copain modèle envisagé par Lucien. Alors, l’un après l’autre, ils le quittent, constituant une bande où l’on prend plaisir à être différents. Finalement, Lucien ne peut avoir qu’un seul ami pareil que lui : lui-même. »

Extrait de la fiche pédagogique : Très simple et persuasif, ce livre pose la question de la xénophobie et du racisme ordinaire. Cette histoire est construite comme une comptine enfantine : à chaque étape Lucien exclut un camarade de plus.
• Axes majeurs de l’exploitation : analyser l’absurde logique du jeune garçon qui par refus de la différence se retrouve tout seul : à exclure les autres, on s’exclut soi-même.
Faire expliquer « qu’être arabe ça n’empêche pas d’être français… »
etc.

[Publié aux éditions Nathan]

Autre extrait de la fiche pédagogique

L’auteur : « Thierry Lenain, 52ans. Il a été instituteur. Il a commencé à écrire lorsqu’il est devenu père; il a défini lui-même son écriture comme « parentale », au sens d’« accompagnement des enfants » – des enfants qu’il veut avant tout amener à pouvoir se penser eux-mêmes et à penser le monde de demain. L’un de ses albums (concluant que « l’amour est plus fort que la guerre» – ici, la guerre d’Algérie) porte le prénom de son fils : Wahid.» (Wikipedia)

> Lire la fiche pédagogique intégrale (PDF)
> Source web

Merci Mielrubis + PL24

Complément : relire Ca sert à quoi un kangourou ? : « Une fable animalière colorée vraiment très sympa pour les petits : La peur de l’immigré version cour de ferme »

Belfort (90). Une école primaire cible d’un incendie volontaire

Deux classes de l’école primaire du quartier des Résidences ont été incendiées dans la nuit de dimanche à lundi. Le feu est d’origine criminelle. 

Leur cible : deux salles de classe estampillées RASED (Réseaux d’Aides Spécialisées aux Elèves en Difficulté) qui sont chacune à un étage différent de l’école. Preuve que les incendiaires avaient un but bien précis et ne se sont pas attaqué par hasard au mobilier.

La porte du bureau du directeur de l’établissement a également été fracturée.

A l’intérieur du bureau, aucun vol. Juste un post-it sur le bureau avec marqué dessus : « Dieu vous le rendra ». [...]

France 3

J’ai des yeux bleus, j’aime ma ville, j’aime les chats, je déteste le racisme, l’école…”

Trente-sept écoliers sur les 44 élus au conseil municipal d’enfants ont été accueillis le 31 octobre au centre de vacances municipal Daniel-Fery, à Champagneux. Un moment inoubliable pour ces élèves de CM1/CM2 encadrés par les animateurs des maisons de l’enfance. Toute la journée, ils ont répondu à des questions, écouté le maire, dialogué avec elle, posé pour les photographes, travaillé en commissions… et joué.

Leur comportement a été irréprochable. Tous prennent leur rôle très au sérieux et pensent faire bouger les choses.

Venus en bus, les enfants ont d’abord joué à faire connaissance, chacun essayant de retrouver l’autre dans la salle. Sur le papier, juste quelques informations : “J’aime le rose, sur une île déserte j’emmènerais ma maison, je porte des lunettes, j’ai des yeux bleus, j’aime ma ville, j’aime les chats, je déteste le racisme, l’école…” Un jeu organisé par Tayeb Boussouar (direction municipale enfance) qui gère avec beaucoup de conviction la mise en place de ce CME, avec Said Idamine, intervenant socio-éducatif de l’association Wesch, qui a permis de tisser assez vite des liens. Ambre, Faustine et Louisa se sont mises à discuter. Un peu plus loin, Ryad et Hisac aussi. (…)

Les élus du CME de Vénissieux :

Noura Aguilt, Chahinaze Atbi, Imène Beghdadi, Myriam Belhareth, Romayssa Boufoud, Moussa Bouiflane, Sirine Bouzid, Mélissa Cavcic, Kyllian Chomet, Laurena Debard, Nawel Diaby-Monnery, Majid El Khoulam, Mamadou Fadiga, Kahina Fellahi, Adam Fiorato, Mathieu Garneret, Rayan Gherbi, Syrine Ghezal, Idriss Guelbi, Solène Guillemin, Zarra Khelalfa, Amira Khelifa, Lockmen Tayeb Laoucheria, Louisa Lonoce, Claudia Lopez, Sofiane Medjgal, Iyad Mohamed, Hisac Muntean, Farha Mze, Nansi Nkufula Ngiaba, Hamza Ouertani, Sirine Ouhaibia, Tom Petitjean, Adrien Roman, Ambre Roussel, Lukas Saman, Faustine Sanchiz, Karim Seck, Tamim Siouda, Iskandre Tabboui, Slimane Tedbirt, Nour Touati, Anatole Varet, Leyane Zerroug.

Expression Vénissieux

En Gironde, une école primaire se mobilise pour lutter contre le racisme

Une fillette de CP s’estimait victime de racisme. L’inspection académique et les professeurs ont immédiatement réagi.

« La veille de son anniversaire, Gathina, ma fille de 6 ans, m’a dit : “Je veux changer d’école” », rapporte, bouleversée, sa mère, Lydie Millepied, architecte originaire du Congo. En cause, un comportement raciste de certains de ses camarades.

Dans la cour de récréation, des enfants lui auraient dit à plusieurs reprises qu’elle n’avait « pas la bonne couleur de peau pour jouer avec eux » et de « rentrer dans son pays ». Un choc pour cette mère de famille qui réside depuis quatorze ans à Bourg-sur-Gironde, une petite commune rurale de 2 000 habitants en Haute-Gironde, et qui est mariée à un homme de la région.
Travail de fond sur la tolérance

Même si « les enseignants n’avaient jusque-là reçu aucune plainte de cette élève ni d’autres élèves métis de l’établissement », comme l’explique l’inspecteur d’académie du secteur, Pierre Kessas, les enseignants de cette école primaire, blessés d’être montrés du doigt, ont décidé de lancer un travail de fond sur la tolérance pour prévenir tout nouveau problème.

« Jusqu’à la fin de l’année scolaire, l’ensemble des classes vont travailler sur la question du racisme à travers plusieurs disciplines : histoire, art visuel, instruction civique… », détaille l’inspecteur d’académie. Par exemple, en art visuel, les CP (classe de Gathina) et CE1 vont réaliser des patchworks photographiques à travers des visages d’enfants sur le thème « tous pareils, tous différents ».


Débats, musique, films

Ils vont également visionner et débattre autour du dessin animé Le racisme, c’est pas bien. En musique, les élèves seront amenés à apprendre un chant traditionnel d’Afrique centrale. Les CE2, CM1 et CM2 débattront, eux, sur les droits de l’enfant à partir de clips d’animation.

Parallèlement, un travail va être mené avec le collège de Bourg pour préparer un festival de cinéma consacré aux écoles locales en janvier, où seront diffusés douze documentaires de cinq minutes sur le racisme. Gathina, elle, a repris les cours. Pour soutenir sa famille et « faire bouger les mentalités », SOS Racisme et quelques parents d’élèves organisent « une marche pour le vivre-ensemble » le 4 novembre dans la commune.

La Croix

Russie : « pour qui tu te prends ? Comment oses-tu offenser et opprimer des musulmanes ?! »

La directrice d’une école de la région de Stavropol a interdit à des écolières musulmanes d’assister aux leçons tant qu’elles n’enlèveront pas leurs foulards. L’affaire a provoqué un scandale dans la région et suscite actuellement des débats très animés au niveau gouvernemental autant qu’au sein des familles. La presse participe activement au débat. Le Courrier de Russie a tenté de rendre la diversité des avis sur la question en sélectionnant pour vous des  extraits, tirés du quotidien national Izvestia et du site pro-islam Slovo bez granitz.

Début octobre, dans l’école n°12 du village de Kara-Tioubé, oblast de Stavropol, plusieurs écolières musulmanes, venues en hidjab, n’ont pas été autorisées à assister aux cours. Les parents assurent que la directrice de l’école leur a posé une condition stricte : elles n’étudieront qu’après avoir enlevé les foulards.

— Ma fille est en sixième classe (équivalent de la 5ème, ndt), raconte Ravil Kaïbaliev, habitant du village de Kara-Tioubé. Quand elle est retournée à l’école en foulard, on lui a simplement claqué la porte au nez en disant qu’on ne la laisserait entrer que si elle enlevait sa parure. Mais dans notre religion, c’est inadmissible.

Outre la fille de Ravil, Maryam, quatre autres écolières ont été déclarées personæ non gratæ à l’école : Zarina Ioumartova, Zaguida Nassyrova, les sœurs Maryam et Zaïnap Guadjissoulaev. Elles ont entre 8 et 11 ans.

Les parents indignés ont adressé une requête au Parquet mettant en cause la directrice de l’école. Ils expliquent que leurs enfants s’en tiennent aux canons de l’islam, dont le hidjab fait partie. Les parents prient le Parquet d’enquêter pour savoir sur quel fondement les droits constitutionnels de leurs enfants à l’éducation gratuite ainsi qu’à la liberté de confession ont été enfreints.

Le Parquet est désormais chargé d’enquêter sur cette situation. On a demandé à la direction de l’école des explications sur les faits.

La directrice de l’école, Marina Savtchenko, réfute tous les griefs des parents indignés. Elle leur a confirmé que leurs enfants « ne seront pas acceptées en cours en foulards musulmans », vu que cela contredit les statuts de l’école, qui exigent de ne porter que des « vêtements laïcs ».

— Nous n’avons pas insisté pour qu’elles enlèvent totalement les hidjabs. Nous avons proposé de les remplacer par des fichus pendant que les filles sont en cours, a précisé la directrice à Izvestia.

Cependant, il n’a pas été possible de trouver un compromis. Savtchenko a raconté qu’une seule jeune fille était venue en cours avec un fichu, alors que les autres écolières « sont arrivées emmitouflées dans des châles si énormes qu’on aurait pu enfiler dessous au moins deux hidjabs d’un coup ». « Je considère que c’est inacceptable, c’est se moquer de nous », a déclaré Savtchenko.

La décision de la directrice de l’école a scindé en deux camps farouchement opposés les habitants d’abord du village, et ensuite de toute la région de Stavropol.

Dans le camp de Marina Savtchenko s’est retrouvée, pour une grande part, la population russe, et la communauté musulmane de la région et des républiques nord-caucasiennes voisines a pris parti contre cette idée.

La directrice affirme être désormais victime de menaces.

— J’ai déjà reçu un coup de téléphone du rédacteur d’un certain journal du Daghestan, a confié Marina Savtchenko. Il a marmonné son nom et sa fonction si indistinctement que je n’ai pas entendu. Immédiatement ensuite, il s’est mis à crier : « Pour qui tu te prends  ? Comment oses-tu offenser et opprimer des musulmanes ?! »

— S’ils sont des musulmans si orthodoxes, pourquoi alors n’envoient-ils pas leurs enfants dans une madrasa au Caucase ? s’étonne Savtchenko.

Ils ont expliqué eux-mêmes, en réponse à nos questions sur le hidjab, qu’il faisait fonction de « protection contre les infidèles ». Mais pourquoi alors venir étudier aux côtés des infidèles ? (…)

Le courrier de Russie