A la tête de l’Union du personnel du corps de police (UPCP) depuis fin avril, Christian Antonietti est un fonceur qui ignore la langue de bois. A 49 ans, proche d’une retraite planifiée à 52 ans, il dit n’avoir rien à perdre à l’heure de négocier une importante réforme avec les autorités. Ce costaud aux origines corses livre une analyse crue de l’état de la profession dont il veut redorer le blason. Ses réponses sur des thèmes sensibles.
«Il faut être très prudent. Le racisme professionnel existe. Moi, je suis devenu raciste professionnel. Qu’est-ce que ça veut dire? Qu’à un moment, on en a plein le dos de prendre les mêmes et de recommencer. Des gens de certaines ethnies vendent de l’héroïne, d’autres vendent de la cocaïne. Quand je veux arrêter un voleur, je vais dans un milieu déterminé. Mais il n’y a pas de racisme sorti de ce contexte-là.»
C’est là, au coin de la rue de la Capelle, près de la place Foch, que Jean Ronald D’Haïti habitait depuis deux ans. C’est aussi là que ce jeune homme de 21 ans originaire de Saint-Martin (Antilles), est mort, samedi soir, vers 23 heures, poignardé à quatre reprises au niveau de l’abdomen. Vraisemblablement victime d’une expédition punitive sur fond de rivalité entre bandes et, selon certaines sources, de trafic présumé de drogue.