«L’insécurité est un instrument de contrôle so­cial» (rediff)

[Précédente diffusion : juin 2009]
« On croit que l’insécurité est toujours et néces­sai­re­ment une calamité. C’est là une vue trop étroi­te du problème. L’insécurité joue un rôle important dans le maintien de la stabilité du système.

L’insécurité concourt par exemple à dé­mo­raliser les populations, et à les convaincre de la va­nité qu’il y aurait à vouloir s’opposer au « sens de l’histoire»  (tel que le définissent les autorités).

Elle a une fonc­tion rééducative : elle réduit les individus à l’impuissance et  les met dans l’incapacité de rien entreprendre contre la no­menklatura en place.

Bref, c’est un instrument efficace de contrôle so­cial. On lui est redevable de soustraire les autorités aux désa­gré­ments liés à une contestation ve­nue de la base.

On comprend dès lors le soin tout particulier que les autorités mett­ent à laisser se développer l’insécurité. Elles ne disent na­turellement pas qu’elles sont pour, mais elles s’emploient à la favoriser discrètement.

L’in­sécurité a une autre fonction péda­go­gi­que : celle d’habituer progressivement les populations à l’ab­sence de droit.

La croyance en l’existence du droit n’a de sens que dans un Etat de droit.

Dans un Etat qui n’est pas de droit, ou l’est de moins en moins, la croyance dans le droit perd évidemment tou­te raison d’être. A la limite même, elle passe pour sub­versive.»

Eric Werner – De l’extermination, Editions Thael – 1993.
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Éric Werner  est un philosophe suisse, docteur ès Lettres et ancien professeur de philosophie politique. Il a écrit plusieurs essais sur le système politique contemporain et la religion. Vidéo d’interview ici

Sur le même thème, lire :
Anarcho-tyrannie
Le billet de Father Mac : insécurité et contrôle des masses

Le jour d’avant : l’Union européenne est-elle dans le même état que l’URSS en 1988 ?

La crise n’en finit pas d’affaiblir l’Europe, mais personne n’imagine vraiment que l’union pourrait se dissoudre. Et pourtant… en 88 avant la chute de l’URSS, personne n’envisageait l’effondrement de la superpuissance…

Atlantico : L’ancien dissident soviétique Vladimir Boukovski théorisait déjà en 2005 l’idée que l’Union Européenne, de par son gigantisme administratif et sa nomenclature technocratique, était en train de devenir une nouvelle URSS. Les actualités récentes vous incitent-elles à partager ce constat ?

Jacques Sapir : La comparaison entre l’URSS et l’Union Européenne est souvent faite. En réalité, l’URSS était la descendante de l’Empire tsariste, alors que l’UE se présente comme une nouvelle construction institutionnelle. [...] Le véritable point sur lequel une comparaison porte c’est la nature toujours plus anti-démocratique de l’UE et bien entendu de l’URSS. En ce qui concerne l’UE, c’est par la tendance à transférer de la légitimité des États-Nations vers des instances supra-nationales qui ne sont ni élue ni responsable devant des élus, que se marque le caractère anti-démocratique. En fait, c’est la négation du principe de souveraineté, qui fonde celui de légitimité, qui est en cause.

Jean-Robert Raviot : [...] Au cours des dix dernières années, on a le sentiment d’une construction européenne à marche forcée. Les résultats négatifs des référendums français, néerlandais et irlandais ont été circonvenus. Le message des urnes a été méprisé et ignoré. [...] Il n’y a bien sûr ni police politique, ni norme idéologique officielle dans l’UE. Il n’empêche que le « déficit démocratique » est abyssal ! Récemment, un projet de la Commission européenne (révélé par le Daily Telegraph) consistant à financer des équipes de « trolls » pour contrer l’euroscepticisme dans les réseaux sociaux et influencer les opinions publiques pendant la campagne des élections de 2014, renseigne bien sur la conception que se font les technocrates de Bruxelles de la démocratie délibérative…

L’analogie qui me paraît la plus remarquable entre l’UE de 2013 et l’URSS de 1990 est l’impuissance du politique, impuissance qui a pour effet d’accroître presque mécaniquement le pouvoir des bureaucraties. [...]

Dans la quasi-totalité des pays de l’UE, les élites – gouvernants, parlementaires, faiseurs d’opinion et responsables économiques et financiers – tiennent le même discours « pro-européen ». La poursuite de la construction européenne continue d’être présentée comme le sens de l’histoire, le meilleur remède à tous nos maux. Nous souffririons donc d’un « déficit d’Europe »… Ce discours ne passe plus auprès des opinions publiques. Il ressemble à ces vieux slogans soviétiques sur l’avenir radieux qui continuaient, en 1990-1991, à être scandés, mais qui étaient devenus totalement obsolètes. « Plus d’Europe » ? Mais 90% de notre législation est déjà élaborée par l’UE !

Les élites n’ont pas compris que les peuples, dans leur majorité, assimilent désormais le discours « pro-européen » à un autoritarisme pur et simple, l’autoritarisme TINA, « There Is No Alternative » – il n’y a pas d’alternative à la rigueur. [...]

Atlantico

Les jeunes Pakistanais préfèrent la charia à la démocratie

A l’approche des prochaines élections, un sondage révèle que les jeunes Pakistanais souhaitent un pouvoir militaire ou religieux plutôt que la démocratie. Ils représentent plus de 50% de la population. [...]

Quelque 96% des sondés affirment que le Pakistan est actuellement sur la mauvaise voie. D’après une étude du British Council réalisée auprès de 5271 personnes âgées entre 18 et 29 ans, les jeunes préfèrent la charia ou la dictature à la démocratie. Quand il s’agit de choisir le meilleur type de régime pour le pays, 38% favorisent un pouvoir fondé sur l’application de la loi islamique ,un tiers préfèrent un gouvernement militaire et seulement 29% optent pour la démocratie.

«En tant que musulman, je préfère le califat. La démocratie, c’est l’équivalent de donner son pays et sa foi aux Etats-Unis », affirme le jeune Muhammad Usama.

Le Figaro

Définition : République bananière

Le terme de république bananière désigne à l’origine un pays peu développé, dont l’industrie repose typiquement sur la seule production de bananes, et dirigé par une petite ploutocratie autoritaire. Par extension, l’expression est utilisée pour qualifier, de manière polémique ou satirique, toute forme de régime politique considéré comme dictatorial et/ou corrompu. (…)

L’appareil étatique, corrompu à tous les échelons, permet à une caste détenant tous les pouvoirs de s’y maintenir indéfiniment par divers moyens, en général toujours les mêmes : prévarication sur le bien public, corruption, détournement ou captation des revenus économiques par appropriation ou surtaxation ; maintien des populations dans la terreur grâce à une police, une milice ou une armée au service exclusif du pouvoir ; élections truquées assurant aux caciques leur réélection quasi-automatique. (…)

Wikipédia

Valls : La présence de l’islam en France «est un formidable atout pour l’islam»

Le ministre de l’Intérieur Manuel Valls, invité de BFM Politique dimanche un an après les massacres perpétrés par Mohamed Merah à Toulouse et Montauban, s’est montré très critique envers l’Islam radical mais a voulu rassurer sur la présence de l’islam en France et Europe.

La présence de cette religion en France «est un formidable atout pour l’islam de faire la démonstration que l’islam est totalement compatible avec la démocratie, la laïcité, l’égalité homme-femme, et c’est un message que la France, et d’ailleurs l’Europe, doivent être capables de porter face au monde.

«Il y a un antisémitisme qui est né dans nos quartiers populaires [...]Cette haine est d’abord venue de l’extrême-droite, mais depuis quelques années, et on l’a trop souvent nié, elle est aussi un élément de l’identité de groupes radicaux liés à un salafisme, qui veulent prendre possession de nos quartiers (…) qui connaissent la crise et la précarité», a condamné le ministre.

L’Islam doit puiser en lui-même une force pour combattre ce mal qui le ronge et qui touche nos sociétés.

Pour Manuel Valls, cette montée d’un Islam radical, «qui nie non pas les valeurs de l’Occident, mais les valeurs universelles», est «l’occasion de clarifier les choses: l’immense majorité de nos compatriotes de culture et de confession musulmanes vivent dans notre pays tranquillement», et leur pratique religieuse «est totalement compatible avec la démocratie, la laïcité, l’égalité homme-femme».

BFMTV

« La dictature des minorités »

A première vue, et c’est du moins ce qu’on nous apprend à l’école de la République, cette fameuse école laïque que le monde entier nous envie, à première vue, donc, la Démocratie, c’est la loi du plus grand nombre. On a raison quand on est plus nombreux que ceux qui pensent différemment et qui du coup ont tort, mais qui ont cependant le droit de s’exprimer, de râler de manifester ; bref de s’opposer.

N’empêche que celui qui exerce le pouvoir est celui qui a obtenu la majorité, qu’elle soit large ou ténue. Une voix de plus que 50% suffit à assurer une victoire et c’est bien ainsi. C’est à cela que l’on reconnaît les démocraties, le pire des régimes à l’exception de tous les autres.

Ce qui est plus étrange et carrément sidérant, c’est le glissement progressif de cette règle du  » plus grand nombre vers la loi du  » plus bruyant « , laquelle nous vient tout droit de la  » bien pensance « , elle même enfantée par la dictature du  » politiquement correct « .

Car de nos jours et suivant une mode comme toujours importée des Etats Unis que nous adorons détester mais ne cessons jamais d’imiter, de nos jours donc, ce n’est plus de la majorité des gens      qu’ on se soucie, mais des minorités. Qu’elles soient organisées en lobbies, qu’elles pratiquent le communautarisme, le sectarisme ou tel ou tel particularisme idéologique, religieux ou sexuel, il n’y en a plus que pour les minorités qui par nature sont  » agissantes  » alors que la majorité est comme chacun sait  » silencieuse « . (…)

France info

L’Assemblée nationale adopte la reconnaissance du vote blanc

L’Assemblée a approuvé jeudi la reconnaissance du vote blanc, en adoptant à l’unanimité des 90 députés présents une proposition de loi UDI, amendée, pour que les votes blancs aux élections soient comptabilisés séparément des nuls, mais pas pris en compte dans les suffrages exprimés.

Il s’agit «d’un pas important» réalisé «pour la première fois», a souligné le ministre des Relations avec le Parlement, Alain Vidalies. Auteur de la proposition de loi, adoptée avec son accord dans une version moins ambitieuse que le texte initial, le centriste François Sauvadet a salué un «très large consensus» pour cette «avancée qui n’est pas mineure».

Immédiatement après le vote, Jean-Louis Borloo, président de l’UDI et député du Nord, a salué dans un communiqué «une avancée majeure» répondant «aux attentes de 69 % des Français, selon un récent sondage» et redonnant «la parole à ces millions de Français qui contribuent à la démocratie mais dont l’expression n’était, jusqu’à ce jour, jamais comptabilisée en qualité». […]

Le Point

La «République molle» ou la crise de l’autorité

Valeurs actuelles s’interroge sur la crise d’autorité qui sévit dans les sphères dirigeantes et au plus haut sommet de l’Etat. Un phénomène qui ne date pas des socialistes mais «qui a pris une telle ampleur qu’aucun secteur n’échappe à la question : qui commande ?»

Hannah Arendt l’a bien montré, seuls deux leviers permettent d’agir : l’autorité en démocratie et la terreur en régime totalitaire.

Il y a deux écueils en politique : la tentation de penser que «tout était mieux avant» (le laudator temporis acti que la sagesse antique condamnait déjà parce qu’il nourrissait le pessimisme et le refus d’entreprendre)… et la certitude que, pour construire l’avenir, rien ne doit être conservé du passé. Avec François Hollande et Jean-Marc Ayrault, nul besoin de chercher longtemps quelle logique prévaut : la promotion du mariage homosexuel est là pour montrer dans quel respect l’actuelle classe dirigeante de gauche tient l’idée même d’une norme sociale. […]

Laxisme face à la multirécidive, clémence envers les incendiaires de commissariats : la République molle ne peut qu’encourager la sauvagerie et accroître, là encore, l’injustice qu’elle prétend combattre, au détriment des plus faibles. […]

Promoteurs acharnés du multiculturalisme, les socialistes récoltent, là encore, ce qu’ils ont semé : dès lors que chaque groupe ethnique, culturel ou confessionnel entend vivre selon sa loi, comment lui demander de respecter celle de la République, laquelle s’applique sans distinction de croyance ou d’origine et s’incarne prioritairement dans les forces de l’ordre qui, en démocratie, sont les seules dépositaires de la violence légitime ? […]

Valeurs actuelles