Journée médiévale au collège : « les élèves apprennent que la cornemuse vient d’Afrique du Nord »

Les élèves de cinquième ont vécu une journée au temps du Moyen Âge. (…) Les élèves ont découvert sous un autre angle cette partie de l’histoire qui est au programme de cinquième.

Tout y était : Repas, costumes, musique (…) Les élèves ont ensuite participé à plusieurs ateliers (…). Ils vont ainsi faire découvrir les instruments de musique. (…)

Ils apprendront entre autres que la cornemuse vient d’Afrique du Nord et non d’un pays celte. (…)

Sud-Ouest

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[ NDLR : 1) Il n'est pas ici question de remettre en cause la présence de cornemuse au Maghreb, (ou en Asie d'ailleurs) mais de s'interroger sur le pourquoi d'une affirmation aussi péremptoire devant de jeunes collégiens en France. 2) Les origines de la cornemuse demeurent très floues. (voir ici) ]

Livres : Encyclopédie de l’imaginaire celtique

Présentation de l’éditeur :
(…) Paradoxalement, chacun de nous connaît bien mieux les dieux romains ou égyptiens que ceux des Celtes, leurs légendes, leur mythologie ou leur histoire.

Or la civilisation celtique, qui recouvrait l’ensemble de l’Europe de l’Ouest, est d’une richesse étonnante, avec ses fêtes religieuses qui, détournées, sont arrivées jusqu’à nous, comme la nuit des morts, Samain, devenue la Toussaint ou Halloween ; avec ses dieux et ses rites qui influencèrent profondément le christianisme, par l’intermédiaire des moines bretons et irlandais ; avec ses légendes, au premier rang desquelles celle du roi Arthur, de Merlin et de Brocéliande (…)

Au XIXe siècle, la révolution romantique réhabilita largement cette culture, grâce à Chateaubriand ou à Walter Scott, une culture à laquelle la littérature fantastique – menée par Stevenson ou Bram Stoker – doit beaucoup.

Histoire, légendes, musique, arts, religion : ce livre explore  tous les aspects de l’imaginaire celtique, depuis l’Antiquité pré-romaine jusqu’à aujourd’hui, de la Grande à Petite Bretagne, de l’Irlande à la Galicie.

Exemple de page intérieure :

Encyclopédie de l’imaginaire celtique de Thierry Jigourel
Editeur : Fetjaine
Paru en octobre 2012

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Les origines de la langue française


Article de 1997, paru dans « Pour la Science ». Auteur : Michèle Perret, professeur de linguistique à l’université Paris X-Nanterre.

On n’a jamais cessé de parler latin en France, mais un double phénomène de créolisation dû au bilinguisme des Gaulois, puis des Francs, a engendré une toute autre langue, le français. Nous retraçons ici l’histoire de la langue officielle, depuis ses origines.

Bien que les fouilles montrent que le territoire de l’actuelle France était très peuplé, on n’a que peu d’éléments sur les ethnies qui l’ont occupé avant l’installation des Gaulois, et les témoignages linguistiques ne remontent qu’à 600 ans avant notre ère. Les peuplades dont nous connaissons l’existence à cette époque, Ligures et Ibères, n’ont pas eu d’influence notable sur la langue française.

Seuls quelques mots des Grecs, installés en petites colonies sur le pourtour méditerranéen, sont passés en français par l’intermédiaire du provençal. Les noms de lieu surtout témoignent de leur passage : Heracles Monoikos, « Hercule le solitaire », a donné Monaco. (Théa) Nikaia, « la déesse de la victoire », Nice. Antipolis, « la ville d’en face », Antibes. Et on pourrait multiplier les exemples.

1) L’INFLUENCE GAULOISE

Les premiers habitants dont la langue a réellement marqué le français sont les Gaulois, un peuple celte. Originaires d’une région correspondant aux actuelles Bavière et Bohème, ils occupent progressivement la majeure partie de l’Europe de l’Ouest, et parviennent vers 500 avant notre ère, jusqu’à cette péninsule du bout de l’Europe, la future France.

La langue des Gaulois est divisée en nombreux dialectes, mais garde une certaine unité, comme leurs coutumes et leur religion. On peut d’ailleurs se demander si tous parlaient gaulois dans les régions celtophones et s’il ne restait pas des groupes parlant d’autres langues. A l’inverse, l’archéologue Colin Renfrew envisage que les Celtes aient reçu, sur place, leur langue et leur culture de populations néolithiques déjà indo-européennes depuis des millénaires.

Le gaulois a survécu à la conquête romaine jusqu’au IVe siècle, voire plus. Par ce contact prolongé, Lire la suite