Nicolas Sarkozy mis en examen pour abus de faiblesse

Nicolas Sarkozy a été mis en examen pour abus de faiblesse dans l’affaire Bettencourt, selon son avocat Me Thierry Herzog, qui a annoncé son intention de «former immédiatement un recours», dénonçant une décision «incohérente sur le plan juridique et injuste».

Cette décision du juge d’instruction Jean-Michel Gentil a été prise à l’issue d’une confrontation à laquelle ont participé au moins quatre membres du personnel de Liliane Bettencourt, selon des sources concordantes.

L’ex-président de la République a quitté le palais de justice de Bordeaux dans la soirée, à l’arrière d’une Renault Espace sombre précédée par une voiture de la police circulant à vive allure, après plusieurs heures d’audition.

L’ancien président a notamment été confronté à Pascal Bonnefoy, l’ex-majordome de Liliane Bettencourt. L’objectif du juge Jean-Michel Gentil était de vérifier combien de fois Nicolas Sarkozy s’était rendu au domicile de l’héritière de l’Oréal pendant sa campagne de 2007, et s’il l’avait rencontrée à cette occasion. […]

Le Figaro (Merci à Patico et kdown)

Affaire Bettencourt : Nicolas Sarkozy convoqué jeudi par le juge à Bordeaux, selon le Figaro

L’ancien président Nicolas Sarkozy est convoqué ce jeudi à Bordeaux pour être entendu par le juge d’instruction Jean-Michel Gentil dans le cadre de l’affaire Bettencourt, affirme ce lundi site du quotidien Le Figaro.

Interrogé par Sipa, l’avocat de Nicolas Sarkozy, Me Thierry Herzog, n’a pas souhaité faire de commentaires. Le parquet de Bordeaux n’a pas voulu s’exprimer sur cette éventuelle convocation.

Selon le site du quotidien, citant l’entourage de M. Sarkozy, ce dernier « s’estime inattaquable sur ce dossier, mais il sait qu’une mise en examen est possible ». Toujours selon l’entourage du chef de l’Etat, « le juge Gentil est déterminé à tout faire pour le mettre en cause ».

Le juge d’instruction bordelais, Jean-Michel Gentil, a perquisitionné cet été les bureaux et domicile de Nicolas Sarkozy et a saisi les agendas de l’ancien président de la République. (…)

Le nouvel Observateur

Anciens employés des Bettencourt, ils se souviennent des discrètes visites du candidat Sarkozy

Dans les agendas saisis par les enquêteurs, il était désigné sous des noms de code plutôt transparents: « M. Nicolas », « Nicolas S. », « M. X »… Cet hôte de marque des Bettencourt, c’est Nicolas Sarkozy.

Ses discrètes visites au couple de milliardaires dans leur maison de Neuilly-sur-Seine, lors de la campagne présidentielle de 2007, sont au cœur de l’enquête du juge Jean-Michel Gentil. Le magistrat soupçonne ouvertement celui qui était encore ministre de l’intérieur de s’être rendu, à plusieurs reprises, au 18, rue Delabordère, pour obtenir de l’argent [...]

Dominique Gautier, chauffeur de 1994 à 2004 [...] s’est remémoré, le 8 mars devant le juge:

« C’était au téléphone. Mlle Berger m’a dit que M. Sarkozy était venu pour un rendez-vous voir Monsieur et Madame très rapidement et que c’était pour demander des sous. »

[...] M. Bonnefoy [le majordome] s’est souvenu de ce « rendez-vous privé entre André Bettencourt et M. Sarkozy » [...] « C’était une visite impromptue. (…) J’étais assez fier qu’il s’agisse de M.Sarkozy », a ajouté le majordome, dont les enregistrements clandestins sont à l’origine de l’affaire.

Le domicile de Liliane Bettencourt, à Neuilly-sur-Seine

[...] Ancienne femme de chambre, Dominique Gaspard a, elle, assuré, le 14 novembre 2011, avoir « aperçu » sans doute « avant juillet 2007″ M. Sarkozy « à son arrivée » rue Delabordère.

[...] Le juge semble par ailleurs donner du crédit à une annotation découverte dans le carnet de François-Marie Banier. Le dandy rapporte à la date du 26 avril 2007 – soit à une période évoquée par plusieurs témoins et divers agendas comme pouvant correspondre à une visite de M. Sarkozy, mais aussi jour où Mme Bettencourt se fit remettre 400000 euros – des propos tenus par la milliardaire:

« De Maistre m’a dit que Sarkozy m’avait encore demandé de l’argent, j’ai dit oui. »

Le Monde

Sarkozy redeviendra à la mi-juin un justiciable ordinaire

Nicolas Sarkozy perdra à la mi-juin l’immunité présidentielle qui le protégeait d’éventuelles poursuites judiciaires et l’empêchait même d’être entendu comme témoin dans plusieurs affaires, ayant trait notamment au financement de sa campagne de 2007.

L’article 67 de la Constitution stipule que le président de la République ne peut durant son mandat « être requis de témoigner » ni « faire l’objet d’une action, d’un acte d’information, d’instruction ou de poursuite ». Cette interdiction est levée un mois après la cessation de ses fonctions.

L’investiture de François Hollande doit avoir lieu au plus tard le 15 mai, le quinquennat de Nicolas Sarkozy s’achevant ce jour-là à minuit. Les juges pourraient donc théoriquement convoquer M. Sarkozy à partir du 16 juin. (…)

Les juges enquêtent sur plusieurs affaires dans lesquelles ils pourraient décider d’entendre Nicolas Sarkozy.

L’un des volets de l’affaire Bettencourt porte sur des soupçons de financement illégal de sa campagne électorale de 2007, et a été relancé par l’incarcération, le 23 mars, de Patrice de Maistre, l’ex-conseiller financier de Liliane Bettencourt. Nicolas Sarkozy a démenti toute irrégularité.

Des accusations sur un financement libyen de sa campagne de 2007, lancées en 2011 par le fils du colonel Kadhafi, Saïf Al-Islam, ont par ailleurs ressurgi entre les deux tours. Le site Mediapart a publié un document controversé attribué à un ex-homme de confiance de Kadhafi, faisant état d’un « accord de principe » conclu en 2006 et portant sur 50 millions d’euros. (…)

Le Point

Sarkozy veut oublier ce « prêt » de 3 millions

Il veut croire que c’est la faute aux médias, à quelques médias. En début de semaine, Nicolas Sarkozy a publiquement accusé le Monde de rouler pour le candidat François Hollande. Le quotidien du soir avait titré sur cette enquête du juge Gentil sur l’éventuel financement occulte de la campagne de Nicolas Sarkozy par les époux Bettencourt en 2007.

Il avait la trouille, et faisait mine de n’y rien paraître. Il espérait que cette France silencieuse qu’il cherchait tant ne lisait pas ses rares médias perturbateurs.

Question gênante

Jeudi, en déplacement dans le Gard, Nicolas Sarkozy refusa donc de répondre à une question de Mediapart, sur une autre affaire, comment avait-il pu financer l’acquisition de son duplex sur l’île-de-la-Jatte, à Neuilly-sur-Seine ? A l’époque, il avait prétexté un prêt de 3 millions de francs (200.000 euros) de l’Assemblée nationale. Et le prix d’achat était déjà largement inférieur aux prix du marché.

La journaliste de Mediapart, sur cette video, est empêchée d’insister. Nicolas Sarkozy lui-même pose la main sur la caméra « pour l’empêcher de filmer.»

Sarkozy sur le financement de son ancien… par Mediapart

La journaliste, Valentine Oberti, avait pourtant enquêté. Le candidat Sarkozy, en 2007, n’avait pu bénéficier d’une telle largesse de l’Assemblée. Car cette dernière ne pouvait prêter que 1,2 millions de francs, et non 3 millions de francs. Et l’Assemblée ne put garantir l’existence d’un tel prêt.

L’enquêtrice de Mediapart s’est interrogée. Elle avait retrouvé l’acte de vente. Le futur monarque avait écrit cette curieuse formule, «  avoir obtenu l’ensemble des prêts nécessaires au financement de mon acquisition » sans pourtant préciser la source de ses apports. Mediapart précise:

« Plus de quinze années après l’achat, nul ne sait donc comment le président de la République a financé son appartement, et ainsi constitué une grande partie de sa fortune personnelle. ».

On résume: Nicolas Sarkozy a bénéficié d’un (ou plusieurs) prêt(s) secrets pour environ 3 millions de francs (450.000 euros).

Bettencourt ? (…)

Marianne2

Florence Woerth a saisi les prud’hommes de Nanterre pour licenciement abusif

Florence Woerth, qui avait quitté en juin 2010 la société Clymène chargée de faire fructifier les avoirs de Liliane Bettencourt, a engagé une procédure pour licenciement abusif devant le conseil des prud’hommes de Nanterre, a-t-on appris jeudi auprès d’un de ses avocats.

« Florence Woerth a engagé une procédure pour licenciement abusif après son départ de Clymène d’où elle était partie sans aucune indemnité », a affirmé Me Antoine Beauquier, confirmant une information du site internet du Monde.

L’épouse de l’ancien ministre du travail demande à cette juridiction de requalifier sa démission en licenciement abusif et de condamner Clymène à lui verser plus d’un million d’euros dont 529.000 euros pour rupture abusive, affirme Lemonde.fr. [...]

Le Bien Public

Bettencourt: un « jackpot » pour le FN

Le secrétaire d’Etat au Logement Benoist Apparu a estimé ce matin sur Europe 1 que l’affaire Bettencourt constituait un « jackpot » pour le Front national. Il a accusé les socialistes de vouloir en tirer profit.

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« Il y en a une qui doit se marrer, qui doit être heureuse, c’est Marine Le Pen. Pour elle, c’est jackpot », a-t-il déclaré. « On est en train de partir, sans fondement, sur une espèce de tous pourris généralisé qui ne remplit qu’un rôle, faire plaisir à Marine Le Pen. On peut d’ailleurs se demander si certains n’y ont pas intérêt« , a-t-il ajouté.

« Oui il y a des manoeuvres politiques pour un gain politique en faisant monter le Front national », a-t-il encore dit, défendant vivement son collègue du gouvernement, le ministre du Travail Eric Woerth. « On est simplement dans une espère de cabale qui est en train de s’auto-régénérer tous les jours », a estimé M. Apparu.

Déjà mis en cause par l’opposition pour conflit d’intérêts dans l’affaire Bettencourt, Eric Woerth a été de nouveau mis en difficulté par les déclarations de l’ex-comptable de la milliardaire sur un possible financement politique illégal lors de la campagne présidentielle de 2007. Ces affirmations ont été vivement démenties par l’Elysée et le ministre.

Le Figaro

L’ex-comptable de Bettencourt : des enveloppes pour Sarkozy

Les Bettencourt étaient-ils les financiers occultes de la campagne électorale de Nicolas Sarkozy en 2007 ? Oui, si l’on en croit le témoignage de l’ancienne comptable des milliardaires, publié par Mediapart. Selon Claire T., l’ensemble de la droite a bénéficié de largesses. En 2007, Eric Woerth, trésorier de la campagne électorale, aurait perçu 150 000 euros à quelques jours de l’élection présidentielle. L’Elysée et le ministère du Travail démentent.

L’affaire Woerth-Bettencourt est entrée dans sa troisième dimension. Après le conflit de famille autour de l’héritière du groupe L’Oréal, puis le conflit d’intérêt entre l’ancien ministre du Budget et son épouse Florence, embauchée comme gestionnaire de fortune par Liliane Bettencourt, voici la machine à financement occulte.

Rue 89

Maire de Neuilly-sur-Seine entre 1983 et 2002, M. Sarkozy était souvent l’hôte des Bettencourt. « Il venait déjeuner ou dîner avec Cécilia », se souvient Claire T. (…) « Nicolas Sarkozy recevait aussi son enveloppe, ça se passait dans l’un des petits salons situés au rez-de-chaussée, près de la salle à manger. (…) Encore une fois, tout le monde savait dans la maison que Sarkozy aussi allait voir les Bettencourt pour récupérer de l’argent. C’était un habitué. Le jour où il venait, lui comme les autres d’ailleurs, on me demandait juste avant le repas d’apporter une enveloppe kraft demi-format, avec laquelle il repartait. »

Mediapart

Parce qu’elle le vaut bien – Addendum

WoerthGate : le ministre cafouille ses explications sur l’affaire Bettencourt

Un vrai scandale d’État est en train d’éclater autour de l’ancien ministre du Budget, aujourd’hui chargé du Travail (et de l’opération racket sur les retraites), et de son épouse soupçonnés d’avoir favorisé la milliardaire Liliane Bettencourt dans des opérations d’évasion fiscale. Une affaire aux relents de corruption où apparaissent aussi les noms de Pécresse et Sarkozy.

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