Sapir: « Il est urgent de dissoudre la zone euro »

Par Jacques Sapir

La crise de la zone euro a atteint un point critique. Quelles que soient les solutions envisagées, qu’il s’agisse de la mutualisation de la dette ou des mesures dites « non conventionnelles » que la Banque centrale européenne pourraient prendre, elles ne peuvent apporter de solution durable. A cela une bonne raison : cette crise n’est pas une crise de la dette souveraine mais une crise de compétitivité aggravée par l’effet pervers de l’euro sur la croissance.

Les différentes mesures prises depuis le début de 2010 ont été globalement inopérantes. Elles n’ont pu éviter que, pays après pays, cette crise s’étende, de la Grèce à l’Irlande, de l’Irlande au Portugal, puis à l’Espagne et à l’Italie. La situation dans la plupart des pays va continuer à se dégrader sous l’effet de la conjonction de politiques mal avisées de déflation compétitives, qui sont l’équivalent des politiques de dévaluation compétitives que l’euro prétendait supprimer.

Alors que le chômage recommence à fortement monter en France, il est temps de changer de politique, sinon nous nous imposerons l’équivalent d’une grande dépression par notre propre stupidité.

Des politiques inefficaces liées à une erreur de diagnostic

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Merkel dit finalement « Nein » à Hollande ? (MàJ)

Une vidéo qui n’a pas fait grand bruit avant les élections, et pourtant :

L’Allemagne a posé, lundi, ses conditions au président élu français François Hollande en excluant toute renégociation du pacte budgétaire européen et toute initiative de « croissance par les déficits ».

« Il n’est pas possible de renégocier le pacte budgétaire », qui a déjà été « signé par 25 des 27 États membres de l’Union européenne »

et qui a pour but de renforcer la discipline dans la gestion des finances publiques, a dit le porte-parole de la chancelière Angela Merkel, Steffen Seibert, lors d’une conférence de presse régulière. Il était interrogé sur la volonté de François Hollande d’adjoindre à ce pacte un volet sur la croissance.

Le Point

Nicolas Sarkozy appelle à «ne pas dilapider l’héritage de la France éternelle»

Devant plusieurs dizaines de milliers de personnes, 100.000 selon Jean-Francois Copé, place de la Concorde, Nicolas Sarkozy n’a pas lésiné sur les références historiques ce dimanche 15 avril : Malaparte, De Gaulle, Hugo, Péguy, Molière, Chateaubriand… Une armée des ombres convoquée pour convaincre à une semaine du premier tour la «majorité silencieuse», les indécis et ceux tentés par l’abstentionnisme. Une frange de l’opinion qui «tient le destin de la France entre ses mains» et le sien avant tout.

Défendre son identité, défendre sa civilisation, ce n’est pas honteux, c’est légitime.

Après ceux qui «ne sont pas engagés» politiquement, Nicolas Sarkozy s’adresse directement aux électeurs de Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon. «Je sais que beaucoup de nos compatriotes qui souffrent ont envie de crier leur souffrance, de crier leur colère en votant pour les extrêmes». «Des mensonges», leur dit-il, qui feront «plus mal que la vérité». La foule l’acclame. […]

Mais ce nouveau modèle français est selon lui menacé par la faiblesse des frontières européennes. «Si les frontières extérieures de l’Europe ne sont pas protégées contre une immigration incontrôlée, contre les concurrences déloyales, contre les dumpings, il n’y aura pas de nouveau modèle français et il n’y aura plus de civilisation européenne.» Pour l’Europe, il souhaite ouvrir un nouveau débat sur le rôle de la BCE afin de soutenir la croissance. «Si l’Europe choisit la déflation, elle disparaîtra».[…]

Pour cette France qu’il souhaite ouverte au monde, il revendique pourtant «le droit de choisir qui elle accepte sur son territoire» et de «défendre ses valeurs, sa culture et sa langue». […]

Le Nouvel Obs

L’or de la France sera-t-il transféré en Allemagne pour garantir de futurs prêts accordés par la BCE à ses banques ?

Pour garantir leur solvabilité, les États disposent de quantités d’or gérées par les banques centrales nationales. Ces réserves n’étant soumises à aucun régime commun aux pays de la zone euro, l’Allemagne pourrait-elle réclamer de Paris quelques lingots en guise de garantie de nouveaux prêts ? Certains se posent d’ores et déjà la question…

Loin des préoccupations de nos concitoyens, se joue une bataille très serrée entre Jens Weidmann, le Président de la Bundesbank (Banque centrale allemande) et Mario Draghi, le Président de la Banque centrale européenne. Cette bataille technique tourne autour de la solvabilité de la BCE et de l’évolution des modèles économiques des pays membres de la zone euro.

La crise politique silencieuse au sein de la BCE

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Euro : le ton monte entre la Bundesbank et la BCE

Si la zone euro devait s’effondrer, l’institution de Francfort craint de ne jamais revoir une partie de l’argent qui représente les créances de toutes les banques de la zone euro à son égard.

500 milliards d’euros font trembler la Bundesbank.

Cette somme record représente les créances de toutes les banques de la zone euro à son égard, telles qu’elles apparaissent dans le système de paiement européen Target, qui relie entre eux l’ensemble des établissements financiers européens. Si la zone euro devait s’effondrer, l’institution de Francfort craint de ne jamais revoir une partie de cet argent.

Et elle juge les 17 banques centrales de la zone euro, solidaires dans ce type d’éventualité, incapables de porter un tel fardeau.

Le président de la Bundesbank, Jens Weidmann, s’en est ouvert auprès du président de la Banque centrale européenne, Mario Draghi, dans une lettre qui -fort opportunément- a fuité cette semaine dans la presse allemande.

Officiellement, M. Weidmann s’inquiète des règles encadrant les collatéraux, ces garanties déposées par les banques auprès des banques centrales en échange de liquidités. Les conditions d’acceptation de ces collatéraux ont été dernièrement assouplies, au point que certains crédits accordés aux entreprises sont désormais éligibles. La Bundesbank exige des garanties supplémentaires pour se protéger de défauts en cascade. (…)

Le Figaro

Portugal : 300 000 manifestants, à Lisbonne aussi, on attend la troïka dans la rue

Environ 300 000 personnes ont manifesté contre l’austérité, le 11 février, au Terreiro do Paço, dans la capitale portugaise « pour montrer à la troïka » qu’il n’y aura pas « de réddition », écrit Diário de Notícias

Il s’agissait de la plus grande manifestation jamais organisée depuis 30 ans par le CGTP, le principal syndicat portugais.

Ces manifestations ont eu lieu 4 jours avant l’arrivée de la troïka (BCE, FMI, UE) Lisbonne pour évaluer la conformité des plans d’austérité portugais avec l’accord signé en 2011 pour un sauvetage de 78 milliards d’euros.

Les Portugais sont sortis dans la rue pour manifester contre le chômage (actuellement à 13,6% et en hausse constante), le gel des salaires minimums, les changements dans les allocations chômage, les coupes dans les congés payés et les primes de Noël pour les fonctionnaires et les retraités, ainsi que contre la hausse de la TVA sur les biens de première nécessité. Dans son éditorial, le quotidien lisboète écrit :

la nouvelle ère qui arrive, portée par une austérité extrême, est un signe inquiétant que le gouvernement ne devrait pas ignorer. […] La pauvreté et le désespoir grandissants ne sont pas des pleurnicheries [une allusion à la remarque faite par le Premier ministre selon laquelle les Portugais devraient arrêter d’être "gnangnans"] . C’est un signe qu’une action urgente est nécessaire.

Selon le CGTP, 300 000 personnes sont descendues dans la rue à Lisbonne samedi sans désordre ou aucun signe de violence […] Mais rien, vraiment rien, ne garantit qu’il en sera toujours ainsi. Pour cette raison, l’exemple grec ne devrait pas, ne doit pas, être ignoré.

Presseurop

Les policiers grecs menacent les représentants de l’UE et du FMI

Le principal syndicat de policiers en Grèce menace de réclamer des mandats d’arrêt contre les émissaires de l’Union européenne et du Fonds monétaire international (FMI) imposant la mise en oeuvre de mesures d’austérité fortement impopulaires.

Dans une lettre dont Reuters a eu connaissance vendredi, la Fédération de la police grecque accuse ces représentants des bailleurs de fonds internationaux de la Grèce de « chantage, tentatives de subrepticement abolir ou ronger la démocratie et la souveraineté nationale ».

Cette lettre précise que l’une des personnalités visées est Poul Thomsen, le principal représentant du FMI en Grèce. La missive a aussi été adressée à Klaus Masuch, chef de la délégation de la Banque centrale européenne (BCE), et à Servaas Deroos, ancien inspecteur en chef de la Commission européenne en Grèce. [...]

Yahoo News / Reuters

(merci à FiatLux)

Europe : les Draghi, financiers de père en fils

Le fils du président de la BCE se dit « interest rate trader » sur son profil Linkedin. Un possible conflit d’intérêts ?

Avant sa nomination à la tête de la Banque centrale européenne (BCE), plusieurs eurodéputés n’avaient pas manqué de relever le passage de Mario Draghi chez Goldman Sachs.

En revanche, ni le Conseil européen, responsable de sa nomination, ni le Parlement, qui l’a auditionné, ne mentionnent un fait notable : son fils, Giacomo, travaille à la banque Morgan Stanley à Londres.

Sur son profil du réseau Linkedin, Giacomo se dit « interest rate trader ». Or, les marchés de taux sont largement influencés par les décisions de… la BCE. »

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Frédéric Lordon : « Les ingrédients du désastre »

(…) Tout ça ne pourra pas durer éternellement. D’abord parce que la construction économique s’apprête à s’effondrer sous le poids de ses propres malfaçons et que l’on s’approche chaque jour davantage du point critique où la panique financière, en avance même sur les défauts souverains, mettra de nouveau à bas le système bancaire entier, ne laissant plus que les banques centrales comme uniques institutions capables, avec le risque que le refus de la BCE conduise au réarmement forcé des banques centrales nationales, donc à l’éclatement de l’euro.

Mais ça ne pourra pas durer non plus parce qu’on ne dépouille pas impunément les corps sociaux de leurs prérogatives souveraines, en tout cas sans s’exposer au risque que vienne un jour où ceux-ci décident de la récupérer violemment – et, un peu à la manière de ce qu’avait montré Karl Polanyi à propos des années 30, la chose peut ne pas être belle à voir…

La laideur cependant n’est pas non plus une fatalité, car c’est aussi une opportunité historique de renverser l’ordre néolibéral qui est en train de se former dans ce bouillonnement de contradictions. Et de se débarrasser par la même occasion de tous ses desservants, ceux-là mêmes qui ont des décennies durant expliqué au bas peuple que l’ordre du monde est idéal, qu’il avait de toute façon la force d’une donnée de nature et que l’on ne saurait se rebeller contre la loi de la gravitation, qu’au demeurant la construction européenne telle qu’elle est (était…), elle aussi intouchable dans sa perfection même, était là pour notre supplément de bonheur, qu’il fallait être au choix archaïque, frileux ou xénophobe pour trouver à y redire.

Tous ces gens, hommes politiques de gauche, de droite, experts dévoués, chroniqueurs multicartes, éditorialistes suffisants et insuffisants comme disait non sans cruauté Bourdieu, tous ces répétiteurs, voués à la pédagogie du peuple obtus, se sont trompés sur tout, et les voilà qui contemplent sidérés l’écroulement du monde dont ils ont été si longtemps les oblats. Et l’on se prend à rêver de les voir eux aussi partir par la bonde à l’occasion de la grande lessive.

Les Inrocks

Nicolas Doze : «L’Europe n’est pas une démocratie !» (Vidéo)

On va dans le mur, on est dans le mur – Il n’y aura pas de consultation populaire – Cette Europe d’experts, de techniciens, sera construite de la manière la plus crédible possible pour répondre au Marché – Le Marché veut qu’on lui fabrique l’Europe qu’il attend – L’Europe de demain ne sera pas née de la démocratie.»

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