Marignane (13) : grosse opération de police dans les cités

Aux dires des « anciens », cela faisait bien longtemps que les cités du Florida Parc et de la Chaume n’avaient été autant la cible des forces de l’ordre. Tout au long de la semaine, celles-ci ont (ré)investi les lieux au cours d’une opération d’envergure, identique à celle qui a été menée il y a quelques semaines du côté des Pins, à Vitrolles.

Contrôles routiers, visites des parties communes, tentative de démantèlement d’un point de vente de résines de cannabis, recherche d’armes, etc… tout y est passé avec un résultat que les policiers ont jugé plutôt satisfaisant.

Lundi, les forces de l’ordre ont reçu le renfort de chiens renifleurs spécialisés dans la détection d’armes et de produits stupéfiants. Au cours d’une visite de cave, les policiers ont découvert une arme type fusil de chasse avec des dizaines de cartouches en parfait état de fonctionnement. Trois véhicules volés – dont une moto de grosse cylindrée – ont été saisis et la police municipale a procédé à l’enlèvement de neuf véhicules épaves.

Tout au long de la semaine, les policiers ont donc occupé le terrain, à des heures différentes et sous des formes différentes, histoire de surprendre ceux qui auraient quelque chose à se reprocher… « En règle générale, cela se passe bien, il n’y a aucune zone de non-droit à Marignane, on rentre partout », certifie le commissaire Brua dont les hommes ont contrôlé mercredi les commerces du Florida, pour effectuer des contrôles administratifs et veiller à ce qu’aucun ne vende par exemple du tabac sans autorisation.

« L’objectif prioritaire est de se montrer, d’être présents en effectuant des patrouilles et des contrôles. Là, nous avons bénéficié d’un dispositif particulier afin d’effectuer un travail ciblé sur une semaine avec des objectifs bien précis. Nous allons continuer à être présents le plus possible et on reviendra régulièrement », promet le commissaire Brua, visiblement satisfait de cette semaine.

Le butin peut paraître bien maigre. Mais pour le commissaire Jean-Noël Brua, « trouver, en moins d’une semaine, trois véhicules volés, une centaine de munitions, un fusil de chasse et procéder à une dizaine d’interpellations dans un périmètre aussi restreint est un bilan très correct ».

La présence policière accentuée dans le quartier semble, elle, diviser les habitants. Si pour certains jeunes un tel déploiement a des allures de « provocation », certains habitants voient d’un bon oeil cette reconquête du territoire. « Je vis dans ce quartier depuis près de quarante ans et les choses ont beaucoup changé… et pas en bien, témoigne un vieil homme. C’est bien que la police montre qu’il y a certaines limites. »

Avant de quitter la zone les policiers tombent sur un jeune homme en scooter conduisant sans casque et qui les insulte vertement. Il est intercepté quelques mètres pus loin par deux motards « ninjas » de la Compagnie de sécurisation et d’intervention. La loi va s’appliquer pour lui aussi.

La Provence

La Seine-Saint-Denis ou «l’identité de la France de demain, vivante, riche et pleine de surprise»

Ahmed Kherraz a lu l’ouvrage d’Alain Finkielkraut, «Identités malheureuses», un essai sorti en octobre dernier et tire ses propres conclusions de son métier d’enseignant en Seine-Saint-Denis.

Cette « altérité » comme le dirait M. Finkielkraut ne doit pas diviser, mais doit nous rappeler au contraire qu’au fond qu’aucune identité nationale ne doit rester figée risquant d’exclure, mais débattue, redéfinie en permanence.

J’ai du mal à ne pas voir un parallèle avec mon quotidien d’enseignant vivant et travaillant dans le «9-3», département méconnu de beaucoup et pourtant qui alimente de nombreux débats autour de la question urbaine (« des banlieues » pour parler plus trivialement) depuis une trentaine d’années.

Il semblerait donc qu’à l’image des quartiers populaires, la France pour ne pas dire l’Occident soit en péril, et l’identité nationale menacée (le refrain n’est pas nouveau). Pourtant vu de ma fenêtre ou de ma salle de classe plutôt, force est de constater qu’à des années-lumière des débats de haute volée dans les plateaux télévisés ou dans les lignes de ce qu’il convient de qualifier un pamphlet dans l’ère du temps, la situation n’est pas si catastrophique que la décrit Alain Finkielkraut.

Ce qui dérange dans l’analyse de Mr Finkielkraut est qu’elle fait le procès maladroit et en même temps hors sujet de populations marginalisées soit à cause de leur âge, soit à cause de leur lieu de résidence, soit parce qu’elles sont issues de l’immigration et pointées du doigt depuis leur arrivée en France.

Même si en réalité, il s’agit ici de «Français de souche» selon la catégorie de l’INSEE, autrement dit nés en France et donc Français à part entière. On les présente, comme on semblera les présenter toujours comme «venant d’ailleurs», ou «de banlieue».

Vu de ma fenêtre, ou plutôt de ma salle de classe, l’identité de la France n’a donc rien de malheureuse au contraire, elle est vivante, riche et pleine de surprise. À l’instar de Mr Finkielkraut, personne n’a donc le monopole de la France, elle appartient à tout ces citoyens, en particulier aux jeunes générations qui en feront la France de demain.

Cette leçon, ce sont mes élèves qui me l’ont faite.

Bondy Blog

Corbeil-Essonnes (91) : La police caillassée à Montconseil

Ils ont entre 16 et 20 ans et ont été placés en garde à vue vendredi soir. Vers 19 heures, la police est appelée dans le quartier de Montconseil, à Corbeil-Essonnes, pour une bagarre. Mais tout porte à croire qu’il s’agissait d’un guet-apens.

Le Parisien

Marseille : sécurité, le rapport censuré

La fameuse « approche globale », développée dans les ZSP, est-elle efficace ? Quel est l’impact sur la population de ce concept sécuritaire censé nettoyer les 39 cités marseillaises du trafic de stups ? En octobre dernier, la préfecture de police décidait d’en avoir le coeur net. Elle commandait donc un rapport à un policier retraité, Serge Supersac, afin d’observer son effet à l’échelle d’un quartier.

Le choix s’arrêtait sur Frais-Vallon (13e) pour un examen de deux mois et demi. Le 20 décembre dernier, le chercheur remettait ses conclusions de 53 pages au préfet et l’Observatoire régional de la délinquance et des contextes sociaux (ORDCS) les mettait en ligne sur son site internet. Quelques semaines seulement… Un coup de fil du cabinet exigera qu’il soit immédiatement retiré… (Note FDS : Le rapport est disponible ici)

Outre son aspect endémique, Serge Supersac a pu constater sur le terrain que le trafic s’adaptait parfaitement aux diverses opérations de police. « La population a appris à vivre avec. Il fait partie du quotidien, observe-t-il. Surtout qu’après l’héroïne, l’arrivée du cannabis a été considérée comme un mieux ». Dans un souci de bon voisinage, les « choufs » aident régulièrement les mères de famille à monter leurs courses.

Plus grave, Serge Supersac raconte qu’à la suite de l’interpellation d’un chef de réseau, son remplaçant avait décidé de faire des économies en réduisant le nombre de guetteurs. Pour limiter les accès désormais sans surveillance, il avait aussi verrouillé les portes des escaliers, mettant ainsi en danger les riverains, notamment en cas d’incendie.

« On se rend compte que les CRS n’ont pas de consignes précises. Alors qu’ils doivent lutter contre les trafics, ils font aussi des contrôles routiers, souligne-t-il. Il n’y a pas de véritable dialogue. Du coup, personne ne comprend vraiment ce qu’ils font là.

Sollicitée au sujet de la censure de ce rapport qu’elle avait pourtant commandé, la préfecture de police estime que « le résultat de cette étude n’a pas répondu à la demande initiale, à savoir connaître le ressenti de la population de Frais-Vallon par rapport à l’approche globale ».

« L’étude produite comportait essentiellement le propre avis de M.Supersac sur la façon notamment d’organiser la police marseillaise, argumente la préfecture. Il n’y a quasiment pas d’éléments objectifs chiffrés et argumentés sur l’impact de l’approche globale auprès des habitants de ce quartier, affirme le cabinet du préfet. Dès lors, ce rapport n’avait pour nous pas d’utilité. Par ailleurs, il s’agissait d’une commande pour disposer d’un outil de travail interne qui n’avait nullement vocation à être publié ».

Mais comme le préfet de police est toujours « soucieux d’évaluer le dispositif mis en place dans les ZSP », il a d’ores et déjà lancé des démarches « pour faire réaliser une évaluation de l’approche globale par une ou plusieurs entités neutres et extérieures au périmètre policier ». « Ce sont pourtant eux qui sont venus me chercher, rétorque Serge Supersac. Mais manifestement, ils se sont trompés. En voyant mon passé de policier, ils ont pensé que je rentrerais dans le rang. J’ai réalisé un travail objectif, qui n’était pas destiné à faire plaisir à qui que ce soit. »

La Provence

A Strabourg : « Le tribunal, c’est notre quotidien » (Majid, Fed et Bilal)

Dans le public clairsemé, deux potes de son quartier sont là, encore ensommeillés, emmitouflés dans leur doudoune, dont un, hasard du calendrier, est jugé à la même audience mais se présente libre. Il s’appelle Fed. L’autre Bilal. Le second est venu épauler le premier pour son procès. Aucun des deux ne savait que Majid passait au tribunal aujourd’hui ; c’est en apercevant sa mère parmi les spectateurs qu’ils ont compris que leur copain de la cité du Marais, à Schiltigheim, était retourné en taule.

Majid Rafa, 30 ans, comparaît en appel pour conduite sans permis après avoir déjà purgé un mois de prison. De la salle, Fed et Bilal lui font un petit signe de bienvenue mêlé d’étonnement.

Cinq mois plus tôt, on l’avait déjà accompagné au tribunal par un bel après-midi d’été, côté public cette fois, pour assister au procès du « frère d’un ami ». Un type que Majid connaissait à peine, originaire de Hautepierre, l’un des quartiers populaires de Strasbourg. Tout un petit groupe de garçons de la cité était venu épauler le prévenu. La fréquentation des tribunaux, côté public ou comme prévenu, est devenue une banalité pour certains jeunes des quartiers difficiles.

« C’est une question de solidarité entre nous, avait dit Majid. Aller voir nos potes du quartier se faire juger, c’est un peu notre quotidien. Et quand ce n’est pas eux, c’est nous, devant les juges. »

Majid s’avance à la barre. La présidente lui lit son dossier : « Vous avez été condamné en mars 2013 pour conduite sans permis et défaut d’assurance. Vous avez été interpellé à la suite d’un contrôle dans le métro à Paris. Vous avez dix-huit condamnations à votre actif. »

Sur le banc, Fed fait la grimace : « Putain, dix-huit condamnations, c’est chaud ! Miskin, j’ai appris tard que Majid était au heps . Il a dit qu’il partait à Paris. J’avais pas de nouvelles depuis. Je croyais qu’il était encore là-bas, moi. » Bilal, comme pour justifier le grand nombre de condamnations : « Les comparutions immédiates, c’est comme le “drive” de McDo. Tu viens, tu prends ta peine et puis tu pars. »

Beaucoup de jeunes de cités pensent que la justice est instrumentalisée à dessein contre eux. Un sentiment généralisé du « eux contre nous » ravageur dans les rapports entretenus avec le reste de la société. « L’iniquité des jugements prouve à leurs yeux que la justice est à la fois une justice de classes et raciste », écrit le sociologue Didier Lapeyronnie dans Ghetto urbain (Robert Laffont, 2008) au sujet des jeunes des quartiers. Pour ceux vivant dans les cités, « ce sont plus les habitants d’un quartier pauvre et arabe qui sont condamnés que des individus particuliers ».

Les séances express de comparution immédiate combinées au manque de moyens de la justice alimentent la défiance. Avant Majid, ce jour-là, cinq autres personnes ont été condamnées en moins d’une heure. « C’est une usine à condamnations. Les juges ne cherchent jamais à savoir ce qu’on a fait, nous avait dit Majid cinq mois plus tôt lorsqu’il était côté public. A partir du moment où tu as un casier, tu es toujours coupable. »

Alors que Majid est renvoyé en cellule, Fed reçoit sa peine : quatre mois de prison dont deux ferme pour un délit de fuite à scooter et dissimulation de ses plaques d’immatriculation. Il se rassoit, indifférent à la perspective d’être enfermé. On s’étonne de le voir si serein. Bilal se fait conseiller juridique comme s’il connaissait le code pénal par coeur : « S’il ne fait pas de conneries, il n’ira pas au placard. Il fera des TIG ou on lui mettra un bracelet. C’est toujours comme ça que ça se passe. »

Majid Rafa s’est rendu au tribunal si souvent que les imposantes colonnes grecques en pierre de taille, les animaux de granit sculptés en bas des escaliers et les allégories de la Justice sur les murs ont perdu toute solennité pour lui. Un lieu banal associé à l’attente et à l’ennui. « Y a une odeur de malheur, ici. »

En tout, il estime s’y être rendu vingt ou trente fois pour assister à des procès de copains de cité. Il y a eu celui de potes cambrioleurs en 2004 et 2007 ; celui d’amis qui ont frappé un policier aux alentours de 2003 et leur procès en appel ensuite ; le procès aux assises d’un autre copain aux assises de Nanterre pour homicide. Et puis des amis tombés pour outrage et rébellion, défaut de permis, arnaque à l’assurance, vol, violences… A quoi il faut ajouter ses dix-huit condamnations à lui.

Le Monde

Excedés, Ils menacent de créer une milice dans leur quartier

Après trois cambriolages commis en plein jour dans l’immeuble le plus imposant du Mont Saint-Michel, la gronde des riverains fait vibrer les murs. Dans une lettre adressée à l’union, ils menacent de créer « une milice intérieure pour la surveillance des lieux ».

Parmi eux, Nicolas (Le prénom a été changé) est le symbole de ce profond ras-le-bol. Et un témoin privilégié. « Le 17 mars, il y a eu des cambriolages au 12e étage. Le 20 mars, on en a comptabilisé un autre à mon niveau. À chaque fois, cela s’est déroulé en pleine journée. J’ai même vu une bande de jeunes descendre », assure le Châlonnais, précisant que la police nationale est intervenue à chaque fois.

« La peur prend de l’ampleur dans le quartier » « Vous imaginez si les malfaiteurs tombent sur des enfants ou des jeunes femmes ? Quelles auraient été leurs réactions ? Les gens ont très peur. Ce sentiment prend de l’ampleur dans le quartier », alerte Nicolas.

Les accès à l’immeuble sont précisément pointés du doigt. « Il y a deux portes devant et une derrière. Elles sont censés toutes s’ouvrir vers l’extérieur pour faciliter l’évacuation en cas d’incendie. Ce n’est pas le cas pour celle à l’arrière. On a déjà vu des gamins l’ouvrir à coups de pied », dénonce le locataire.

Un ensemble de raisons qui ont poussé les habitants de la tour à envisager « une milice ». Un terme fort de part ses différentes connotations. « Oui peut-être même un peu trop. Mais nous étions énervés au moment d’écrire la lettre », avoue Nicolas. S’il cherche à nuancer son propos, l’homme confirme l’éventualité de la formation prochaine d’« une brigade de surveillance dans les différents étages pour que les gens se sentent enfin en sécurité. Ce n’est pas normal que l’on soit effrayé à l’idée de quitter son domicile. Beaucoup de personnes dans la tour son prêtes à nous rejoindre », dévoile-t-il.

Une perspective évidemment prise très au sérieux par Châlons habitat, le bailleur social qui est en charge de l’immeuble. La direction étudie actuellement les éléments avant de communiquer sur l’attitude qu’elle va adopter.

Quoi qu’il en soit, la menace d’une milice est révélatrice de l’état d’esprit général. « Les gens ne respectent plus rien. On ne peut même plus laisser son vélo deux minutes dans le hall d’entrée sans se le faire piquer », lance avec amertume un habitant de la rue de Saint-Malo.

Dans la nuit de samedi à dimanche, une voiture a été brûlée sur le parking du HLM. Une preuve de plus des actes de malveillance qui rythment la vie du quartier.

L’Union – L’Adrennais

Règlement de comptes à Sevran : un homme tué par balles

Un jeune homme de 21 ans a été tué par balles en pleine rue mercredi matin à Sevran (Seine-Saint-Denis) par deux hommes cagoulés qui ont pris la fuite, a-t-on appris de sources concordantes.

La victime a été prise pour cible vers 02H40 alors qu’elle se trouvait sur la place Georges Clemenceau, dans la cité Rougemont, par deux ou trois hommes qui se trouvaient «à bord d’une voiture aux vitres teintées», a relaté une source proche de l’enquête.

L’un des agresseurs était muni d’une arme de poing et un autre d’une arme d’épaule. «Ils lui ont tiré dessus à plusieurs reprises avant de prendre la fuite», a ajouté cette source, qui évoque la piste d’un «règlement de comptes».

C’est un ami du jeune homme, qui se trouvait avec lui au moment des faits, qui a prévenu la police. «Quand les fonctionnaires sont arrivés, ils l’ont trouvé inconscient», a raconté une source policière. Touché notamment à la tête, le jeune homme est décédé vers 03H20, a précisé une source judiciaire. Originaire de la cité Basse, il était défavorablement connu des services de police, notamment pour trafic de drogue.

Un représentant du parquet de Bobigny s’est rendu dans la nuit sur les lieux du crime, où quatre douilles de calibre 9 mm ont été retrouvées. L’enquête a été confiée à la police judiciaire de Seine-Saint-Denis.

La cité Rougemont, située en zone de sécurité prioritaire (ZSP), est considérée comme l’une des plaques tournantes du trafic de drogue à Sevran, commune parmi les plus pauvres d’Ile-de-France, régulièrement confrontée à des règlements de comptes.

En août 2013, un jeune homme avait été tué d’une balle dans le cou, tirée à bout portant, dans cette même cité. Quelques semaines plus tôt, un jeune de 18 ans était également décédé après avoir été touché par plusieurs balles dans le ventre lors d’une rixe entre bandes dans le même quartier.

Libération

« Moi je suis arabe, mes enfants sont français et on va vous niquer de l’intérieur » (RMC)

Alors que les GG de RMC abordent cette étude qui affirme que le racisme augmente, un auditeur dénonce le mauvais comportement des arabes, notamment celui d’un collègue tunisien. Avec Marie-Anne Soubré, Charles Consigny et le père Patrice Gourrier.

« Sur Lyon, à chaque fois qu’on va dans des quartiers où il y a beaucoup plus d’arabes, si on peut parler franchement, on est toujours emmerdés. » – Alexandre

« Les gamins à qui vous avez affaire, les collègues à qui vous avez affaire et qui se comportent comme ça sont des gens qui sont extrêmement mal élevés ! » – Marie-Anne Soubré

« Y a certains endroits en France aujourd’hui où on rétro-pédale, on est en train de sombrer dans une forme de barbarie, c’est très inquiétant ! » – Charles Consigny

Les maghrébins flippent : les filles nord-africaines sortent de plus en plus avec des Noirs

[Quelques extraits traduits de l'anglais]

Les cités se déchirent depuis quelques temps, parce que les filles arabes sortent avec des Noirs. Et les Arabes n’aiment pas ca. Nous avons interviewé Haissam, qui travaille pour une association pour jeunes dans la banlieue-Est de Paris.

En parcourant les réseaux sociaux, on assiste à une chasse aux sorcières moderne : ces filles arabes sont très critiquées parce qu’elles s’éloigneraient des traditions musulmanes.

Il y a toujours eu une rivalité ente les jeunes Noirs et les jeunes maghrébins. Mais ca n’était pas trop sérieux. Aujourd’hui, les insultes fusent. Ces filles arabes sont accusées d’être trop maquillées, de sortir tard le soir, de boire, de fumer, et de prendre l’islam comme excuse ou comme paravent. Les filles maghrébines sortiraient avec des Noirs parce qu’elles trouvent les jeunes de leur communauté trop bornés et trop autoritaires.

On entend souvent ces filles dire qu’elle veulent avoir des enfants métissés à cause de célébrités comme Angelina Jolie et Brad Pitt. Le métissage, c’est à la mode. Et les Noirs ont la cote en France grace au rap et au hip-hop.

Quand une nord-africaine sort avec un noir, elle est montrée du doigt, et insultée. Certains jeunes arabes voient ça comme une trahison. Quelques années plus tôt, c’était les Français le problème : les filles étaient accusées de s’occidentaliser. Aujourd’hui, c’est de pire en pire : on voit des Noirs qui balancent des phrases comme : « on va engrosser vos soeurs, et dans quelques temps, les arabes n’existeront plus ».

(…) Ca devient même une obsession pour certains. On voit ces photos de filles balancées sur les réseaux, « parce qu’elles ont trahi les leurs ». Et j’en rencontre beaucoup dans la vie réelle de ces jeunes. Ils sont sur cette ligne à 100%.

Vice.com (en anglais) -  merci kentinbrooklynny –  [L'article existe en fait en français : « La chasse aux « beurettes à renoi » est ouverte sur Facebook » ]

Complément : Des pages Facebook appellent à châtier des « beurettes  »

——- Complément vidéo:

«Nous vivons dans des sociétés dans lesquelles chacun vit au détriment de l’autre, où chacun rencontre à chaque instant la culture de l’autre non pas comme un enrichissement, mais comme une agression permanente (…) Une société multiculturelle est une société multi-conflictuelle, multi-raciste et multi-agressive. Ça n’est pas une société durable. Et ca n’est pas une société dans laquelle il fait bon vivre.»

Pour le reste de la conférence, voir l’article de Fortune qui présente la vidéo complète.

Le combat ordinaire d’un maire de banlieue

Alain Hajjaj, édile de La Verrière, dans les Yvelines, explique quels sont les enjeux, devoirs et pouvoirs d’un maire d’une petite commune de banlieue, et plaide pour avoir les moyens d’agir.

[...] Les problèmes sont nombreux dans notre commune : chômage, logement, santé, difficulté de vivre ensemble, solitude, tensions avec la police… les interpellations sont quotidiennes, individuelles ou collectives. Il faut recevoir, aller sur place, prendre des contacts, solliciter, téléphoner, revoir à nouveau, concerter. C’est souvent beaucoup de frustration. On aimerait pouvoir mettre à disposition le logement qui manque, trouver une entreprise locale qui embauche, mais bien évidemment, il nous faut souvent dire que les démarches sont engagées, qu’il faut être patient…

[...] Un maire de banlieue doit expliquer, rassembler, confronter, mais aussi proposer, trancher et oser. Car, au-delà des grandes questions sociales, ce qui revient sans cesse, c’est le vivre ensemble. Plus les conditions de vie sont difficiles, plus le risque de repli, d’intolérance ou d’incompréhension est élevé.

Tout d’abord pour les jeunes, qui sont à la fois les victimes et les acteurs de ce repli. Désœuvrés, sans perspective, ils ont le sentiment d’être sans cesse montrés du doigt. Voulant voir et être vus, ils sont là où parfois ils dérangent. Découragés et peu encouragés, ils ont du mal à s’accrocher aux dispositifs d’appui proposés. La police est le service qu’ils connaissent le mieux, à force de contrôles. Alors il faut, là aussi, proposer de nouvelles réponses aux jeunes, accompagner les commerçants et les habitants parfois excédés.

[...] Que répondre aux habitants qui attendent depuis trois ou quatre ans un logement et qui voient arriver des familles d’autres départements, fragilisées socialement ? Que dire aux équipes de bénévoles des associations d’aide, Secours populaire et Restos du cœur, quand elles voient arriver massivement dans les hôtels de la zone industrielle voisine des demandeurs d’asile, initialement hébergés à Paris et en Seine-Saint-Denis, et qu’il faut aider ? Que dire du manque de cohérence de l’Etat qui donne d’une main dans le cadre de la politique de la ville en octroyant les moyens d’agir sur la précarité et qui reprend de l’autre, lorsqu’il oriente vers nos banlieues des personnes à l’histoire personnelle et familiale douloureuse, que la commune n’a pas les moyens d’accompagner ? Nos habitants le vivent comme une concurrence, et de nouveau jaillit le risque de division et de rejet.

Et comment permettre que se poursuive le dialogue avec la communauté musulmane, l’islam étant la première religion pratiquée à La Verrière  ? Il a fallu de longs échanges et apprendre à se connaître, pour faire aboutir des demandes légitimes comme celle d’exercer le culte dans des conditions dignes. La mosquée est en construction. Les fidèles et amis, y compris catholiques, l’ont financée. Il n’y a eu ni pétition ni article incendiaire. Le dialogue se poursuit dans un climat où, au niveau national, les musulmans se sentent sans cesse montrés du doigt, regardés comme des terroristes potentiels.[...]

Libération

Toulouse (31) : vol de scooter à mains armées

Deux garçons de 20 ans viennent d’être incarcérés pour un vol de scooter avec violence et une agression. À chaque fois ils avaient menacé leurs victimes avec une arme de poing.

«On avait emprunté de l’argent à un copain et on a eu la mauvaise idée de commettre ces vols pour le rembourser.» Nour El Islam Benlahcene et Khalil Nouisri, viennent d’être jugés devant le tribunal correctionnel de Toulouse, en audience de comparution immédiate, pour deux vols de scooter sous la menace d’une arme commis fin novembre et début décembre.

[...]L’affaire a rebondi le 3 décembre, lorsqu’un accident a impliqué ce même scooter et une fourgonnette. «Je vois ce scooter arriver à pleine vitesse, a relaté le conducteur de l’utilitaire. La collision est violente. [...] J’ai couru pour les retrouver et je leur ai demandé s’ils allaient bien et si on pouvait faire le constat.»

Virulent, l’un d’entre eux pointe alors une arme sur la tempe de la victime. «Casse-toi fils de pute». Et de lui demander de remettre tout l’argent qu’il a sur lui. «Je n’avais rien. Je ne comprends pas ces jeunes. Au moment où je me préoccupe de leur santé, je me fais braquer…»

[...] Le procureur a requis 4 ans de prison à l’égard de Khalil Nouisri et 3 ans pour Nour El Islam Benlahcene. Les deux hommes ont écopé respectivement de 18 mois et 12 mois de prison ferme.

La Dépêche

Canteleu (76) : Il tente de semer la police lors d’un contrôle anti-quads

Le conducteur d’une Austin Mini a été placé en garde à vue dimanche 16 mars 2014 à Canteleu pour refus d’obtempérer et conduite malgré la suspension de son permis, entre autres.

Au départ de ce contrôle : la brigade canine, qui avait repéré la voiture roulant à très vive allure rue Salavador-Allende, à Canteleu, dans l’agglomération de Rouen. [...] Les gardiens de la paix tentent d’arrêter la voiture folle sur le boulevard Claude-Monet : le conducteur accélère de plus belle et poursuit sa course [...].

L’individu sera interpellé alors qu’il tentait de se dissimuler dans un hall d’immeuble, parmi une quinzaine de personnes qui se trouvaient là, cet habitant de Canteleu âgé de 29 ans a été placé en garde à vue. Il devrait répondre de refus d’obtempérer, mais aussi de conduite malgré la suspension de son permis et transport d’arme. Un extincteur lacrymogène a été découvert dans la Mini, qu’il venait de racheter.

Pour ce qui est des contrôles de quads et autres mini-motos, les opérations comme celle réalisée dimanche vont se multiplier, avec l’arrivée du printemps. En 2013, en France, près de 20 000 contraventions ont été dressées par les services de police et de gendarmerie pour sanctionner les usagers qui utilisent ces engins dans de mauvaises conditions de sécurité. Par ailleurs, une proposition de loi vient renforcer le dispositif réglementaire actuel : en doublant le montant des contraventions (passage de 750 à 1 500€) et en permettant aux forces de l’ordre de mettre à la fourrière toute mini-moto ou quad exagérément bruyant le temps d’effectuer un contrôle. « Il s’agit d’une proposition de loi du quotidien », affirme Christophe Bouillon, qui a signé ce projet.

76actu