Europe : La minorité est-elle devenue le nec plus ultra de la modernité et du progrès ?

Éclatement de l’ex-Yougoslavie et de l’ex-Tchécoslovaquie, effritement progressif de la Belgique, revendications autonomistes ou indépendantistes au Royaume-Uni, en Espagne, en Italie, drame des minorités rom en Europe centrale… L’Europe, qui a vu la naissance du concept d’État-nation, est aussi le lieu de sa contestation. Comme le relève Yves Plasseraud, consultant sur les questions européennes et universitaires dans son ouvrage L’Europe et ses minorités, Presses universitaires de Grenoble l’époque est à l’affirmation des droits des minorités, autochtones et allochtones.

Si on peut le définir comme la concordance entre les frontières politique et nationale, l’État-nation est questionné par les minorités, c’est-à-dire des groupes qui, à l’intérieur d’un État donné, se définissent à la fois par une distance culturelle vis-à-vis de la majorité de la population et par une conscience d’appartenir à un groupe spécifique.

Aujourd’hui, l’époque semble être aux minorités : minorités ethnoculturelles, mais aussi religieuses, sexuelles, de genre, de mode de vie…

Les minorités abordées dans cet ouvrage sont celles qui se fondent sur une logique ethnoculturelle. L’auteur en distingue deux sortes : les autochtones, qui sont présents depuis l’origine même des États européens, et les allochtones, liés aux mouvements d’immigration massive que l’Europe a connus au long du XXe siècle (et spécifiquement à partir de 1945 l’immigration extra-européenne). […]

Le traitement des minorités régionales ne saurait opposer un Occident et un Orient européens : la Hongrie a ainsi une législation protectrice pour les minorités régionales, alors que la France ou la Grèce ont une approche plus centralisatrice. […] Plus encore depuis le 11 septembre 2001, les musulmans d’Europe suscitent des réactions de peur ou de refus qui tiennent bien peu compte des frontières. […]

Les institutions européennes seraient-elles devenues la nouvelle arche de Noé pour les populations minoritaires ? L’avenir le dira.

Au terme de cet ouvrage passionnant et riche, Yves Plasseraud souligne le rôle croissant de l’Europe dans le traitement et la situation des minorités : textes réglementaires, jurisprudence, financement, dispositifs de politiques publiques. Le développement des politiques antidiscriminatoires doit de même beaucoup au cadre européen.

saphirnews

Belgique/secondaire : l’écart entre élèves autochtones et allochtones reste criant

Selon une étude réalisée à la demande de la Fondation Roi Baudouin, l’écart des performances entre élèves dits « autochtones » et élèves issus de l’immigration reste excessivement grand dans l’enseignement secondaire belge, écrit mercredi La Libre Belgique.

L’étude a été présentée mardi lors d’un colloque sur le thème de « L’école comme lieu d’intégration » par le coauteur de l’enquête, Dirk Jacobs (ULB).

Les chercheurs relèvent notamment que si la Belgique, et en singulier la Flandre, a déployé d’importants efforts pour s’adapter à la diversité de la population scolaire, notre pays fait « malheureusement partie des pays qui n’obtiennent pas de bons résultats sur ce plan ». [...]

Ainsi, dans les trois matières analysées par Pisa 2009 (lecture, mathématiques, sciences) par communauté et selon l’origine des élèves, les élèves d’origine étrangère obtiennent dans toutes les matières un score plus faible que les élèves « autochtones » et ce, sur tout le territoire belge. Les lacunes semblent cependant davantage toucher les élèves « immigrés » en Communauté française et les élèves de « seconde génération » (élèves nés en Belgique mais dont les deux parents sont nés à l’étranger) en Flandre.

De manière générale, la situation est plus critique du côté francophone que du côté néerlandophone, y compris pour les élèves « autochtones » dont le niveau flirte, dans les trois matières, avec la moyenne des pays de l’OCDE.

7sur7.be

Belgique : Le quotidien De Morgen n’utilisera plus le mot « allochtone » (MàJ vidéo : débat sur RTL)

« Faut-il bannir le mot allochtone des médias ? » Dans On refait le monde, Michel Henrion revient sur l’initiative du journal flamand De Morgen de ne plus utiliser le mot « allochtone » dans ses colonnes.

Le journal flamand De Morgen, via son redacteur en chef Wouter Verschelden, a promis mercredi soir sur la chaîne VIER de ne plus employer le mot « allochtoon » (« allochtone »).

« il s’agit d’un mot qui stigmatise et qui exclut »

« Nous devons avouer que le mot ‘allochtoon’ est une façon pratique pour désigner une importante minorité du pays ou d’une ville », selon Wouter Verschelden. « C’est même tellement pratique qu’il s’agit d’un phénomène linguistique unique: cette terminologie n’existe ni en anglais, ni en français. » [...]

7sur7.be

(merci à Stormisbrewing)

Radouane Bouhlal (MRAX) s’en prend aux «Belges blancs»

Dans un portrait publié ce jeudi par l’hebdomadaire néerlandophone bruxellois Brussel Deze Week, Radouane Bouhlal (Président du MRAX asbl – Mouvement contre le racisme, l’antisémitisme et la xénophobie) s’en prend violemment à la Belgique et aux «Belges blancs».

« Ce pays fonctionne structurellement de manière raciste »

Radouane Bouhla estime que que «ce n’est déjà pas évident d’entrer à l’université et d’y réussir en tant qu’allochtone, il faut en plus compter sur le fait qu’une personne ayant mes origines a 3 fois moins de chance qu’un Blanc d’avoir un emploi. Mais ce n’est pas perçu comme tel parce que notre société belge est en soi une société de castes avec à sa tête les Belges blancs. Un individu d’une caste inférieure n’y est toléré que s’il reste bravement à son niveau. Mais malheur à toi si tu veux être traité sur un pied d’égalité. Les décideurs n’ont que de bons mots en bouche en parlant de vivre en paix avec les communautés mais on vit en réalité dans une société basée sur une hiérarchie dépendant de l’origine des gens et pas dans une société basée sur l’égalité des citoyens», explique Radouane Bouhlal.

Ce n’est pas la première fois que le Président du MRAX s’en prend aux «Blancs» en Belgique, un langage politiquement incorrect largement utilisé au sein des communautés mais rarement mentionné dans la presse traditionnelle. Il avait même attaqué sa propre organisation juste après son élection en 2004 qualifiant le MRAX d’avant son arrivée d’un mouvement réunissant «une clique d’universitaires blancs, athées et de gauche, un beau musée subventionné».

parlemento Via Le Salon beige

Bruxelles «est sur une bombe sociale»

Le ministre bruxellois de l’Emploi et de l’Economie, Benoît Cerexhe, du CDH (Centre Démocrate Humaniste), a déclaré que «sans politique d’emploi vigoureuse à Bruxelles, on va dans le mur», ajoutant qu’«on risque la dualisation de cette ville». Bien que parlant de diversité, de formation, de discriminations, d’allochtones, il persiste à qualifier le problème de «social».

Q. Y a t-il à Bruxelles un problème « allochtone » pour les politiques d’emploi ?

B. Cerexhe. Oui. Il y a, d’abord, un très gros problème de niveau de formation à Bruxelles. Quand on voit que ces jeunes qui ne parlent parfois ni français ni néerlandais entrent en première primaire, ça commence déjà très mal. Il faut donc travailler sur l’abaissement de la scolarité obligatoire. Je suis partisan de cet abaissement à 5 ans. Secundo, il faut admettre qu’il y a un problème de discrimination à l’embauche. Les mentalités évoluent, mais aujourd’hui les entreprises publiques et privées ne sont pas encore assez le reflet de la diversité bruxelloise. Est-ce que vous voyez, par exemple, beaucoup de facteurs d’origine immigrée ? Pourtant, ça ne demande pas une formation hors du commun.
(Source)

Belgique : le vivier convoité des électeurs allochtones

La pêche aux voix des allochtones en Belgique est un phénomène qui s’amplifie à chaque échéance électorale. Un reporter indépendant d’origine turque, Mehmet Koksal, a enquêté sur ce clientélisme ethnico-religieux et dévoilé dans un livre, Bruxelles 2009, l’autre campagne, les pratiques mises en œuvre par les partis politiques lors des dernières élections régionales bruxelloises. Toutes les communautés sont ciblées : Turcs, Marocains, juifs …

Dès le mois d’avril, Mehmet Koksal épingle dans ses chroniques le cas Mahinur Ozdemir - avec une première interview de cette candidate CDH d’origine turque qui a prêté serment voilée. Le récit des recadrages des photos de campagne de la candidate par le CDH afin d’effacer le voile d’Ozdemir est livré. (…)

Il y a aussi cet appel des responsables d’une importante mosquée turque bruxelloise à voter pour le secrétaire d’Etat PS Emir Kir. «Pour échapper aux sanctions si vous ne votez pas, prenez contact avec le cabinet d’Emir Kir, il vous indiquera comment avoir des procurations», a lancé le président de la mosquée Hicret à ses fidèles peu avant l’élection. Le flou entretenu par les élus d’origine turque quant à la reconnaissance du génocide arménien est également pointé. Ainsi aucun élu PS n’a-t-il jugé utile de se déplacer pour la récente commémoration du génocide arménien.

Il y a ce franc-parler dont font preuve certains élus allochtones et que Koksal relate, sans tourner autour du pot. C’est un candidat PS Mohamed Errazi qui s’emballe : «Tu as vu ce qu’ils ont fait comme liste, ces salopards ? On va encore travailler pour les blancs de la liste !» C’est Halis Kökten, un candidat sur la liste du CDH, qui éructe lors de la confection de la liste bruxelloise humaniste : «On me propose la 12e place, alors qu’il y a trois Marocains et un Noir dans les dix premiers.» Il menace de démissionner, car Joëlle Milquet lui avait promis «la 10 e place» , puis se fait alpaguer par des candidats d’origine marocaine du CDH pour les avoir traiter de «cafards»

D’après Mehmet Koksal, les partis qui jouent le plus la carte ethnique/communautaire sont le Centre Démocrate Humaniste (CDH), un parti centriste et le Parti socialiste.
(Sources 1, 2)