Yamina Benguigui: « 100.000 professeurs pour l’Afrique »

Yamina Benguigui, ministre de la Francophonie, fait adopter en Conseil des ministres un vaste plan d’actions pour la francophonie de 15 millions d’euros sur 3 ans. Interview réalisée par l’Est Républicain

Quelles sont les mesures concrètes actées lors du dernier Conseil des ministres par François Hollande et le gouvernement ?

Pour renforcer notre soutien aux systèmes éducatifs des pays en développement, je lance le projet intitulé 100.000 professeurs de Français pour l’Afrique. Ces professeurs seront formés par le biais du réseau culturel français en Afrique et deviendront eux-mêmes formateurs. Pour financer cette action, la France engage 1,5 million d’euros par an sur 3 ans. Je propose aussi de développer, en lien avec l’Organisation internationale de la francophonie (OIF), le rayonnement de la francophonie dans le monde et de renforcer nos actions dans le domaine de la gouvernance démocratique, de l’Etat de droit, des droits de l’homme et des libertés fondamentales. On est loin de la Françafrique… (…)

Qu’envisagez-vous pour favoriser la mobilité des personnes dans l’espace francophone ?

La réflexion sur les visas et la mobilité est lancée, avec pour objectif un passeport francophone pour les étudiants, les chercheurs et les artistes dont certains ont déjà été empêchés, par le passé, de se déplacer en France pour assister à l’exposition de leurs propres œuvres !

Avez-vous la garantie d’un financement pour ce nouvel élan à la francophonie que vous incarnez aujourd’hui ?

Tout à fait. Nous avons un budget de 15 millions d’euros pour 3 ans.
(…)

Interview complète dans l’Est Républicain

Afrique australe : Hostilité croissante envers les commerçants chinois

JOHANNESBOURG/BLANTYRE/MASERU/LUSAKA, 9 septembre 2012 (IRIN) – Au cours des dix dernières années, des immigrés asiatiques se sont installés un peu partout en Afrique australe, ouvrant des magasins dans de petites villes et des villages isolés. Alors que les consommateurs des pays à difficultés économiques croissantes dépendent de plus en plus des petits prix pratiqués par ces commerçants, leurs concurrents locaux se plaignent d’être poussés vers la faillite et font pression sur les gouvernements pour qu’ils instaurent des restrictions à l’encontre des commerçants étrangers.

Au Malawi, les magasins et restaurants tenus par des Chinois se sont multipliés depuis que le pays a noué des liens diplomatiques avec la Chine en 2007. Mais le gouvernement a récemment dû céder aux plaintes des entrepreneurs locaux et adopter des mesures législatives pour empêcher les commerçants étrangers d’exercer leur activité en dehors des grandes villes.

La nouvelle loi vise principalement les commerçants chinois. Nombre d’entre eux ont dû fermer leurs boutiques en milieu rural et demander au ministère de l’Industrie et du Commerce un permis d’exploitation pour exercer leur activité à Lilongwe, Blantyre, Mzuzu ou Zomba — les quatre plus grandes villes du pays.

« Ils peuvent exercer en milieu rural lorsqu’il s’agit d’activités de production ou de grandes entreprises, pas pour le petit commerce », a dit à IRIN le ministre de l’Industrie et du Commerce du Malawi, John Bande. Il a ajouté que le gouvernement allait continuer à adopter des lois encourageant les investissements étrangers sérieux « au bénéfice des Malawites ».

Mais les groupes de défense des droits de l’homme ont qualifié cette législation de xénophobe et certains consommateurs, comme Arnold Mwenefumbo, du district de Karonga, dans le nord du Malawi, estiment que si les commerçants chinois devaient fermer boutique, les habitants allaient devoir payer bien plus cher des produits vendus par des Malawites ou importés d’autres pays africains.

« [Les Chinois] employaient aussi nos fils et nos filles », a dit M. Mwenefumbo. [...]

IRIN

Daby Touré, le «Mauritanien Français de souche»

Présentation du dernier disque du Franco-Mauritanien Daby Touré sur le site Slate Afrique qui le qualifie de «Mauritanien Français de souche».

A la frontière de la musique africaine et des sonorités pop, il nous entraîne dans un nouveau voyage universel avec son album «Lang(u)age». Sur ce quatrième disque, le Franco-Mauritanien chante aussi en français et nous rappellent les valeurs de fraternité. Après trois ans d’absence, Daby a décidé de se réinventer. Sur son nouveau disque, les langues de son enfance sont toujours présentes, mais pour la première fois il s’exprime aussi en français. […]

«Durant les élections, j’ai été très touché de voir la tournure que cela a pris, de voir l’image qu’on a des étrangers, qu’on qualifie de ‘pas vraiment francais de souche’. Tout ce discours m’a donné envie de me repositionner et de direMoi je suis aussi Français à ma manière’. Je suis certes né sur le continent africain, mais la France a une histoire assez ancienne avec l’Afrique», explique-t-il. […]

Fier de ses multiples identités, le Franco-Mauritanien veut montrer que le mélange est possible : «J’ai le cul entre deux chaises. Je ne sais pas qui je suis, mais je sais que j’ai les deux cultures en moi. C’est bon et riche d’avoir les deux. Il ne faut pas avoir peur, on peut vivre sereinement».

Même s’il s’est installé à Paris, l’auteur de Lang(u)age n’oublie pas non plus son continent d’origine. Il est particulièrement touché par les tensions au Mali, d’où est originaire son grand-père.

«Je suis vraiment très triste. En Afrique, depuis l’esclavage, on subit une violence terrible qu’on répercute sur nous-mêmes. On règle tout par la violence. On n’a pas pris le temps de faire notre deuil de cette histoire terrible et de la colonisation», constate-t-il. […]

Slate Afrique

L’Afrique devra faire face à un vieillissement rapide de sa population

Même si sa population est encore jeune, l’Afrique n’échappera pas au vieillissement, un processus qui devrait être bien plus rapide que dans les pays développés et posera des défis en matière de prise en charge des personnes âgées, explique une étude parue jeudi.

Parmi les défis que posera ce vieillissement, l’Ined relève que « moins de 10% des personnes âgées peuvent prétendre à une pension de retraite » en Afrique, essentiellement des fonctionnaires ou employés de grandes entreprises privées.

Aujourd’hui les moins de 15 ans représentent 40% de la population en Afrique, contre 27% dans l’ensemble de la population mondiale, souligne cette étude de l’Institut national d’études démographiques (Ined).

Mais dans les quarante prochaines années, la proportion des 60 ans et plus (5,5% en 2010) devrait «doubler dans de nombreux pays africains si la fécondité continue de baisser au rythme actuel», poursuit cette étude. L’Ined relève que «ce vieillissement démographique se produira à une vitesse beaucoup plus rapide que cela n’a été le cas dans les pays développés».

Ainsi, le nombre de personnes âgées devrait quadrupler en Afrique entre 2010 et 2050, passant de 56 à 215 millions, soit presque autant qu’en Europe (241 millions). Le continent africain compterait alors 22,5 millions de personnes de 80 ans et plus, soit cinq fois plus qu’aujourd’hui.[…]

SlateAfrique (Merci à Stormisbrewing)

Grenoble : violences entre Camerounais et Angolais après un match de foot

Tout aurait commencé par un match de football. Une partie de ballon rond lors d’un tournoi organisé samedi à proximité d’Alpexpo, à Grenoble. Ce jour-là, au cours du match, le ton serait monté entre une équipe composée de Camerounais et une autre composée de joueurs de nationalité angolaise. Une embrouille sans conséquence.

Mais dimanche, en fin de journée, alors qu’ils s’étaient une nouvelle fois retrouvés pour taper dans le ballon, les footballeurs camerounais ont vu débarquer six hommes et une femme sur le terrain.

Sept personnes, munies d’une batte de base-ball, d’un poing américain, d’une machette, et même, d’après certains témoignages, d’une arme à feu…
Le groupe armé s’en est violemment pris à un Camerounais de 38 ans. Un homme qui, après avoir reçu un coup de batte de base-ball dans le dos, a réussi à prendre la fuite. Il aurait été légèrement blessé. Les sept agresseurs ont ensuite rapidement quitté les lieux. Les policiers grenoblois, alertés, ont finalement retrouvé trois hommes correspondant aux signalements des agresseurs, en train de se débarrasser d’une batte de base-ball en aluminium et d’un poing américain.

Les trois hommes, âgés de 16, 19 et 25 ans et de nationalité angolaise, ont été interpellés avant d’être placés en garde à vue. Des circonstances toujours flouesHier en fin de journée, ils étaient toujours entendus par les hommes de la Sûreté départementale en charge de l’enquête. Leur garde à vue étant prolongée de 24 heures. Les policiers cherchent à savoir si les trois mis en cause ont participé à l’agression dont a été victime le Camerounais.

Source

Merci chris3818919

De Villepin : «L’Afrique et l’Europe ont besoin l’une de l’autre»

Pour Dominique de Villepin, ancien premier ministre, il faut construire une nouvelle relation, transparente et égale, non plus de pays à pays, mais de continent à continent Il appelle également les élites africaines à un «printemps africain» pacifique.

Les élites africaines doivent prendre la mesure de leurs responsabilités et saisir l’espoir de renouveau. Elles doivent prendre conscience qu’elles risquent un «printemps africain», à la hauteur de celui du monde arabe.

Qui se soucie aujourd’hui du sort de l’Afrique ? Depuis les attentats du 11 septembre 2001 pour les enjeux de sécurité, depuis la crise de 2008 sur les questions de développement, depuis l’échec de Copenhague sur les questions environnementales, nous sommes plongés dans une indifférence générale à l’égard de l’Afrique. […]

Pourtant, notre avenir est eurafricain. Les raisons sont économiques : la croissance de l’Afrique sera, demain, la croissance de l’Europe. De nombreuses PME de France, d’Allemagne ou d’Italie participent, par leurs activités sur ce continent, à l’émergence d’un entrepreneuriat local autonome.

Les raisons sont aussi humaines. Il y a d’ores et déjà plus de cinq millions de personnes originaires de l’Afrique subsaharienne en Europe et des centaines de milliers d’Européens en Afrique. Nos universités forment depuis plusieurs décennies une partie des élites du continent. […]

Le Monde

Crise : Migrations, rien ne va plus !

Un article du Point sur les nouvelles formes de migrations apparaissant avec la crise : Européens émigrant clandestinement en Afrique, Sud-Américains prenant leur retraite en Europe, Chinois s’installant en Afrique…

Les choses changent. Les flux migratoires s’inversent. Ainsi, aux États-Unis, pour la première fois depuis la Grande Dépression, les clandestins ne rêvent plus de franchir le Rio Grande. Ils sont en effet aujourd’hui plus nombreux à quitter le sol américain qu’à y entrer. Impensable il y a quelques années encore… «C’est principalement le déclin de la demande de main-d’oeuvre, et non les restrictions imposées par les politiques migratoires, qui explique la chute de l’immigration pendant la crise», explique Angel Gurria, le secrétaire général de l’OCDE.

Mais est-ce la seule raison ? Le rêve américain ne s’écroulerait-il pas aussi ? Le constat est là : les migrations à destination des États-Unis ont chuté de 8 % en 2010. Tous pays confondus. Et plus largement, l’immigration permanente à destination des pays de l’OCDE a connu une baisse de 2,5 % en 2010. [….]

Les Africains immigrent désormais d’abord sur leur continent.[….] Les riches populations des pays en développement s’offrent désormais même une retraite tranquille en Europe, comme pouvaient le faire, il y a de cela quelques années, de riches Français, à Marrakech, par exemple. À l’instar de la capitale portugaise qui incarne à présent un petit coin de paradis pour de riches Brésiliens. Certains passent la moitié de l’année à São Polo pour affaires, mais ne supportent pas l’insécurité qui règne encore dans le pays. Ils se réfugient alors à Lisbonne, où la langue n’y est pas un obstacle. Encore fallait-il y penser.

Le Point

France : La représentation dégradante des Noirs dans les manuels scolaires

Gaëlle Matoiri, du Bondy Blog, espère que l’arrivée au pouvoir d’un gouvernement de gauche sera l’occasion de présenter une nouvelle vision de l’esclavage et de la place des Noirs dans les manuels scolaires.

Disons-le clairement : la France ne peut plus faire l’économie d’un enseignement des résistances noires à l’oppression servile ni des sociétés africaines avant la période esclavagiste. La cohésion nationale en dépend !

Le thème de la servitude et de la traite négrière apparaît dès le programme d’histoire du cours moyen (CM2). Il est approfondi en classe de quatrième avant de revenir furtivement en classe de première. Mais, dans les trois programmes d’enseignement, le même problème persiste : pièce maîtresse, entre les XVe et XIXe siècles, du commerce triangulaire et de l’économie de plantation destinés à pourvoir l’Europe en produits tropicaux, «les Noirs n’existent qu’en tant qu’esclaves» ! Dans la plupart des manuels, c’est sous les traits d’une bête de somme ou, au mieux, d’une créature hybride mi-homme, mi-bête qu’apparaît l’Africain. […]

Entendons-nous bien, l’enseignement de la traite et de l’esclavage est déterminante pour la construction identitaire des élèves d’ascendance africaine. Dès lors, comment imaginer que nos petites têtes crépues puissent renforcer leur identité, individuelle et collective, déjà fortement dévalorisée et rabaissée en France, si nous commençons d’abord par évoquer l’infériorité de leurs ancêtres ? […]

Arrêtons de faire de l’esclavage l’an zéro de l’histoire des Noirs. Rappelons qu’avant l’esclave, il y avait un homme, un peuple, une société. Telle est la voie à suivre pour écarter plus sûrement tout risque de complexe du Noir vis-à-vis du Blanc. Telle est la voie à suivre pour cesser de propager involontairement une culture de la défaite qui se transmet de génération en génération ! […]

En laissant les programmes et les manuels tels qu’ils le sont, nous enseignons encore insidieusement la crainte, le découragement, le complexe d’infériorité, la désespérance, le larbinisme à nos enfants noirs !

Bondy Blog

Le début de la grande fuite ? Ces Européens qui émigrent en Afrique à la recherche d’un travail

C’est aujourd’hui au tour des Européens d’émigrer vers l’Afrique. Accablés par la crise économique et la dégradation de leurs conditions de vie, de plus en plus de citoyens grecs, espagnols ou portugais fuient vers le Sud.

En avril dernier, quatre immigrés clandestins originaires d’Espagne ont été débusqués par les gardes-côtes algériens sur la façade maritime Ouest, selon le quotidien algérien Liberté du 17 avril 2012.
Ces jeunes espagnols comptaient se diriger vers Oran, en espérant etre embauchés par une des multiples sociétés espagnoles qui s’y trouvent. Selon Liberté, ils ont perdu leur travail au sein d’une société qui a fait faillite en Espagne et fait une demande de visas pour migrer en Algérie.

Les Portugais sont également nombreux à tenter leur chance en Afrique. Leur terre de prédilection : l’Angola, ancienne colonie portugaise. Le 2 février, vingt Portugais ont été interpellés à l’aéroport de Luanda, capitale angolaise, par le service des migrations et des étrangers. Leurs visas ayant été jugés falsifiés, les autorités angolaises les ont ensuite renvoyés vers Lisbonne.

« ces Portugais se sont vus refuser l’entrée sur le territoire angolais pour diverses raisons : manque de moyens de subsistance, visa expiré, mauvais état du passeport, non-paiement d’une amende pour un précédent séjour illégal en Angola et outrage à l’autorité »

Selon la revue Visao, ils seraient 30 000 à demander un visa de séjour chaque année. Le président de la Chambre de commerce et d’industrie Portugal-Angola, Carlos Bayan Ferreira, estime que 100 000 Portugais vivent déjà en Angola.

De son côté, l’Observatoire portugais de l’Émigration signale que le nombre d’expatriés portugais en Angola est passé de 21.000 en 2003 à 91.900 en 2010, soit une croissance de plus de 400% en l’espace de 7 ans [...]

Atlantico

Grèce : Christine Lagarde impitoyable

Des propos de la directrice du FMI suscitent l’indignation des Grecs. Elle les a en effet invités à prendre leur destin en main en payant leurs impôts.

«Les enfants démunis d’Afrique ont davantage besoin d’aide que la population grecque.» – Christine Lagarde

Interrogée par le quotidien britannique The Guardian sur ce qu’elle éprouvait à l’égard de la population grecque, elle a répondu qu’elle « pensait davantage aux enfants démunis d’Afrique.« 

Suite et commentaires sur Fortune

Christine Lagarde (FMI) sans concession avec les Grecs mais compatissante à l’égard des enfants d’Afrique (MàJ)

La directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), Christine Lagarde, estime que les Grecs ont trop profité de la situation. Elle leur demande de payer leurs impôts et déclare être bien plus compatissante à l’égard des enfants d’Afrique.

Addendum 27 05 2012 : Les Grecs offusqués après les propos de Christine Lagarde

Les propos de la directrice française du FMI lui ont valu des milliers de commentaires souvent acerbes sur sa page Facebook. Un internaute grec l’interpelle ainsi: « Avez-vous simplement songé que nous étions à court d’argent ? » En Grèce, où les partis politiques sont de nouveau en campagne en vue des élections législatives du 17 juin, le chef de file du Parti socialiste (Pasok), Evangelos Venizelos, l’a accusée hier soir d’avoir «humilié» le peuple. [...] Le Figaro

Je pense plus à ces jeunes enfants dans un petit village du Niger qui vont deux heures par jour à l’école, partageant une chaise pour trois, et qui rêvent d’avoir une bonne éducation. Je pense à eux tout le temps. Car j’estime qu’ils ont encore plus besoin d’aide que les gens à Athènes.

Intransigeante. Dans une interview au quotidien britannique The Guardian, Christine Lagarde estime que les Grecs ont une part de responsabilité dans la situation qui est la leur aujourd’hui. Évoquant les problèmes d’évasion fiscale, fléau de la péninsule hellénique, le directrice générale du Fonds monétaire international (FMI) estime que les Grecs, pour solutionner leurs problèmes, devraient «commencer par s’entraider collectivement» en «payant tous leurs impôts». […]

«En ce qui concerne les Grecs, je pense aussi à tous ces gens qui essaient tout le temps d’échapper aux taxes», répond sans concession l’ancienne ministre française de l’Économie et des Finances. […]

Le Figaro