Fdesouche

Antoine Menuisier, rédacteur en chef du Bondy Blog, analyse les récents propos de Brice Hortefeux et juge qu’ils traduisent le «mauvais état» en France des rapports entre la population autochtone et les «Arabes». Il juge cette «logique de fronts» dangereuse.

Que disent ces mots, couverts par des rires apparemment bon enfant ? Ils disent que l’«Arabe» n’est «français» qu’à la condition de boire de l’alcool et de manger du porc, marqueurs identitaires incroyablement sommaires, mais qui dénotent un durcissement des critères d’appartenance à la communauté nationale. Comme si les conditions d’entrée dans cette dernière supposaient la perte de ce qui constitue, théoriquement, l’identité, non moins sommaire, de l’individu arabo-musulman français : l’interdit du porc et de l’alcool. Nous en sommes réduits à cela aujourd’hui.
Comprendre : les «Français» ne sont plus disposés à faire d’efforts pour intégrer les «Arabes», dont il leur semble que les exigences en matière d’aménagement du droit et des coutumes dépassent ce qu’ils peuvent supporter. (…)
« Français» et «Arabes» donnent l’impression non seulement de vivre, mais de vouloir vivre séparément, en dépit de nombreux contre-exemples. Au point que, sortis de leur résidence pavillonnaire ou cités de banlieue, beaucoup se sentent complètement perdus dans le «monde français», l’inverse étant vrai, sauf que le «Français» a plus rarement besoin de se rendre dans le «monde arabe».
Tout devient motif à séparation : la nourriture, la boisson, les sorties au cinéma («le cinéma français c’est nul»), le sexe. On en serait presque à inventer des prétextes de non-fréquentation. (…) Le fait même d’écrire «Français» et «Arabes» est désespérant.
(Source)

Fdesouche sur les réseaux sociaux