Le quartier de la Grande-Borne à Grigny (Essonne) a une mauvaise réputation. Pour en améliorer l’image, une association de «soutien individualisé», Décider, a donc réalisé un CD composé de berceuses enregistrées par des mamans du quartier. Une vingtaine de femmes ont ainsi travaillé pendant trois ans avec l’orchestre de l’Opéra de Massy sur des ritournelles de leur pays d’origine, chantées en malgache, créole, bambara, mhong, arabe, comorien … et occitan. La musique va-t-elle adoucir les mœurs de ce «quartier sensible?»
L’association, financée par la municipalité (PC), a fait appel à Thierry Fournié, un chef de chœur indépendant, qui a collecté ces chants populaires auprès d’habitants de la cité. «Il s’agissait de tradition orale. Les chants n’avaient jamais été écrits, explique-t-il. J’ai essayé de ne pas imposer ma vision occidentale tout en évitant l’exotisme. » Les choristes, elles, ont dû apprendre les chants de façon phonétique. « On ne connaissait pas du tout les autres langues. Cela n’a pas été facile… » raconte Elise, qui a proposé une berceuse en mina, langue togolaise. « Leur fierté est légitime, souligne, admiratif, Dominique Rouits, le chef d’orchestre de l’Opéra de Massy. Car certaines ne savent ni lire ni écrire et beaucoup ne parlent pas bien le français. » Le résultat est aussi surprenant que somptueux.
«Ce disque valorise la cité et les gens qui y vivent, se réjouit Martine Vincent, directrice de Décider. Il a permis aux femmes de sortir de leur isolement tout en créant une belle oeuvre. »
Voici le résultat : Dje dje vigne, Atai Mari
(Le Parisien)




L’association, financée par la municipalité (PC), a fait appel à Thierry Fournié, un chef de chœur indépendant, qui a collecté ces chants populaires auprès d’habitants de la cité. «Il s’agissait de tradition orale. Les chants n’avaient jamais été écrits, explique-t-il. J’ai essayé de ne pas imposer ma vision occidentale tout en évitant l’exotisme. » Les choristes, elles, ont dû apprendre les chants de façon phonétique. « On ne connaissait pas du tout les autres langues. Cela n’a pas été facile… » raconte Elise, qui a proposé une berceuse en mina, langue togolaise. « Leur fierté est légitime, souligne, admiratif, Dominique Rouits, le chef d’orchestre de l’Opéra de Massy. Car certaines ne savent ni lire ni écrire et beaucoup ne parlent pas bien le français. » Le résultat est aussi surprenant que somptueux.
