Clémence V., ancienne greffière, comparaissait pour tentative d’escroquerie au jugement, violation du secret professionnel et complicité de trafic de stupéfiants. Elle témoigne l’allure soignée et le ton convaincant, entourée de ses parents et de sa sœur, évoluant elle aussi dans le monde judiciaire, qui ont fait bloc derrière elle durant les dix heures d’audience.
Cette affaire connaît son déclencheur en juillet 2024, lorsqu’un courrier anonyme visant Nouroudine A., compagnon de l’époque de cette ancienne greffière de 32 ans, est envoyé aux forces de police marseillaises. Dans cette missive, le Marseillais, assis dans le box des prévenus à présent et déjà condamné à quatre ans de prison pour trafic de stupéfiants, est accusé de détenir une cinquantaine de kilos de cocaïne à écouler sur la région marseillaise.
Les enquêteurs de l’Ofast, saisis du dossier, vont rapidement découvrir la fonction exercée par sa compagne, celle de greffière au tribunal judiciaire de Marseille, au service de l’application des peines. Elle est placée en détention provisoire, début avril 2026, dans le cadre d’une information judiciaire plus large ouverte en octobre 2025. Il lui est notamment reproché d’avoir consulté des fichiers judiciaires confidentiels et transmis des informations à Nouroudine A. Il ressortira de l’enquête qu’entre février 2023 et mai 2024, elle consultera le profil de divers détenus à 71 reprises. Elle cherchera celui de Nouroudine A. 138 fois en l’espace de cinq mois.
La fonctionnaire semble coutumière du fait, puisqu’il lui est également reproché d’avoir consulté des fichiers judiciaires confidentiels, en novembre 2021, pour transmettre des informations à son ex-compagnon, lui aussi mêlé au trafic de stupéfiants, et père de leur fils, alors qu’il se trouve en fuite. En l’espace de six semaines, elle effectuera, encore une fois, plus de trente recherches sur le logiciel central du ministère de la Justice, Genesis.




















