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Patrick Simon, socio-démographe à l’Ined et coauteur de l’étude sur les prénoms.

Un prénom aussi ordinaire que « Nicolas » avait suffi à déclencher une bataille de statistiques. Le 6 novembre 2021, Fdesouche revenait sur la controverse entourant une étude de l’Ined sur les prénoms des descendants d’immigrés. Cinq ans après, retour sur les chiffres disputés — et sur les conclusions rendues ensuite.

Le prénom qui avait surpris

En avril 2019, Baptiste Coulmont et Patrick Simon publient dans Population & Sociétés une étude fondée sur l’enquête Trajectoires et Origines de 2008-2009. Dans leur tableau des prénoms les plus fréquents chez les petits-fils d’immigrés du Maghreb figurent Yanis, Nicolas et Mehdi. Ils évaluent à 23 % la part des petits-enfants de cette origine portant un prénom classé comme arabo-musulman.

Il s’agit de résultats tirés d’un échantillon ancien, pas d’un classement des naissances de 2026. Les auteurs décrivent une convergence vers des prénoms répandus dans plusieurs cultures, plutôt que vers les seuls prénoms traditionnellement français.

Étude originale — avril 2019 · Document et tableau, page 3

« Karim » et « Nassim » dans la contre-analyse

En août 2021, le chercheur Jean-François Mignot conteste le traitement des origines familiales. Selon lui, des descendants de rapatriés d’Afrique du Nord ont été classés parmi les descendants d’immigrés maghrébins. Il obtient un autre classement, avec Karim et Nassim en tête, et une proportion de 49 % de prénoms arabo-musulmans.

Coulmont et Simon contestent cette interprétation. Dans leur réponse, ils expliquent que les écarts viennent de la composition des groupes : leur analyse retient les petits-enfants ayant au moins un grand-parent immigré du Maghreb, tandis que Mignot procède autrement pour les ascendances multiples et écarte des personnes qu’il considère comme descendantes de rapatriés. Ils jugent ces exclusions injustifiées.

Les deux pourcentages portent donc sur des groupes construits différemment. Les opposer sans cette précision ferait disparaître le cœur du désaccord.

Archive Fdesouche — actualisée le 6 novembre 2021 · Analyse de Michèle Tribalat soutenant la contestation · Réponse des auteurs — 26 août 2021 · Position de l’Ined — 15 septembre 2021

Ce qu’a conclu l’enquête en 2022

La controverse s’est accompagnée d’accusations de fraude. Une enquête a été menée par le référent à l’intégrité scientifique de l’Ined et la médiatrice à l’intégrité scientifique de l’ENS Paris-Saclay. Après examen de son rapport, le conseil scientifique de l’Ined a considéré à l’unanimité que les accusations de fraude ou de dissimulation volontaire étaient sans fondement, selon son communiqué du 9 février 2022.

Cette conclusion fait partie de l’histoire de l’affaire : les accusations de 2021 ne peuvent pas être reprises comme des faits établis.

Communiqué du conseil scientifique — 9 février 2022

Pourquoi rouvrir cette archive aujourd’hui ?

Le 5 novembre 2026, Fdesouche a relayé une séquence de Quotidien où Jérôme Fourquet est interrogé sur la définition des prénoms arabo-musulmans dans son analyse des émeutiers. Ce n’est pas la même étude, mais la discussion rappelle combien les catégories choisies comptent dans la lecture des statistiques.

La querelle autour de « Nicolas » le montrait déjà : derrière un classement de prénoms, il faut aussi regarder qui a été compté.

La séquence relayée par Fdesouche le 5 novembre 2026

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