Le 29 avril 1976, un décret signé par le Premier ministre Jacques Chirac instaurait le régime général du regroupement familial, permettant à un ressortissant étranger installé légalement en France de faire venir son conjoint et ses enfants mineurs. Cinquante ans plus tard, ce dispositif demeure contesté, alors que la France comptait 7,3 millions d’immigrés en 2023, soit 10,7 % de sa population.
La politique d’immigration familiale existait déjà sous une autre forme depuis les années 1920, avec un dispositif de « réunion des familles ». Supprimé dans les années 1970 pour des raisons économiques, il a été rétabli par une circulaire du 18 juin 1975, avant d’être acté par le décret du 29 avril 1976, signé notamment par Jacques Chirac et le ministre du Travail Michel Durafour. Le dispositif est entré en application le 9 juillet 1976.
Le regroupement familial est soumis à plusieurs conditions : résidence légale en France depuis au moins 18 mois, ressources stables, logement adapté, respect de l’ordre public, de la santé publique et des principes essentiels de la vie familiale en France, dont la monogamie et l’égalité entre les sexes. La procédure ne permet pas de faire venir une seconde épouse. Les ressources minimales requises vont de 1.823,03 euros brut mensuels pour une famille de deux à trois personnes à 2.187,64 euros pour une famille de six personnes et plus, les aides sociales étant exclues du calcul.
Selon les chiffres cités, l’immigration pour motif familial a concerné 96.610 personnes en 2024, sur 344.406 entrées légales. Le regroupement familial proprement dit n’en représente qu’une partie : 16.429 personnes en ont bénéficié en 2024, sur 32.334 dossiers étudiés par l’OFII, soit environ 13 % de l’immigration familiale. Le sujet divise toujours : le Rassemblement national et Reconquête demandent de longue date sa suppression ou sa réduction, tandis que Maud Bregeon a déclaré, à propos de l’interruption du regroupement familial en Autriche : « C’est une initiative dont il faut évidemment s’inspirer ». Un sondage CSA pour CNEWS, le JDD et Europe 1 indique que 57 % des Français souhaitent l’arrêt de cette politique.





