« Depuis des décennies que j’habite ici, je n’avais jamais vu ça. » Il est 20 heures, ce dimanche 19 avril, quand Jordan (1) entend des hurlements qui proviennent de sa rue – rue des Fleurs – en plein centre du village chalossais d’Amou, 1 500 habitants. Par la fenêtre, le riverain aperçoit un homme. « Il était en train de se faire caillasser par cinq autres personnes, qui habitent dans la rue », raconte-t-il. Jets de projectiles en tout genre, gros galets… La victime finit par recevoir un tir de carabine à plomb, petit calibre, dans son dos.
[…]« Il s’agit d’un habitant d’Amou qui vit ici depuis plusieurs années, détaille la maire. Ses agresseurs, eux, habitent depuis très récemment dans le village. Ils vivent tous dans le même logement. Depuis qu’ils sont là, ils ont pris le contrôle de la rue. »
Jordan confirme. « On n’en peut plus. La rue est devenue très sale. Ça hurle à n’importe quelle heure. On entend des bruits de voiture à 4 heures du matin. Et surtout, on a très peur qu’il nous arrive quelque chose. » Dans ce contexte, le riverain tente de s’organiser avec une poignée de voisins pour alerter les autorités sur la situation. Florence Bergez en est bien consciente. « J’ai rendez-vous avec la gendarmerie pour voir ce qu’on peut faire pour vider ce logement, et qu’ils quittent le village. »
[…]Selon les premiers éléments, aucune piste sur les circonstances de l’altercation n’était privilégiée par les enquêteurs. Certains dans le village évoquent un « regard de travers » qui aurait mal tourné. D’après le parquet, la garde à vue des cinq personnes impliquées devait être prolongée de vingt-quatre heures, le temps de trouver un interprète pour aider à mieux comprendre ce qu’il s’est passé.




