L’élu d’opposition écologiste Driss Naïch, ancien adjoint au Commerce de la ville de Saint-Ouen, a été exclu pour 18 mois de Europe-Écologie Les Verts, à l’issue d’une enquête interne pour violences sexistes. La sanction a été prononcée le 8 janvier par le conseil disciplinaire du parti, à la suite d’un signalement transmis à sa cellule spécialisée.
Selon les informations révélées par Marianne, la procédure fait suite à une plainte déposée par une ancienne agente municipale ayant travaillé quotidiennement avec l’élu lorsqu’il occupait ses fonctions d’adjoint. Cette dernière dénonce un harcèlement moral à caractère sexiste, assorti de propos jugés racistes, et a saisi le tribunal de Bobigny. L’instruction judiciaire est toujours en cours, des auditions ayant déjà été menées.
La plaignante, qui a souhaité conserver l’anonymat, affirme que l’élu lui reprochait notamment ses choix en matière de diversification commerciale. Elle évoque des pressions répétées, ainsi que des propos explicites : « Une fois, il m’a dit que j’étais “trop blanche” », rapporte-t-elle. Elle dénonce également un soutien préférentiel de l’élu à des commerces communautaires tenus par ses proches.
La décision disciplinaire a été confirmée par François Thiollet, secrétaire national adjoint des Verts, qui précise que l’exclusion temporaire est assortie d’une recommandation de suivre une formation de prévention contre les violences sexistes et sexuelles. Cette sanction n’est pas directement liée à l’affaire Sabrina Decanton, ex-tête de liste écologiste à Saint-Ouen, qui avait dénoncé à l’automne des propos homophobes au sein de la section locale.
Le nom de Driss Naïch était déjà apparu dans une enquête publiée par Libération sur les conditions d’attribution d’un local municipal à des proches, conduisant le maire socialiste Karim Bouamrane à lui retirer sa délégation au Commerce en février 2025. L’élu écologiste nourrissait alors l’ambition de faire chuter l’édile sortant lors des municipales à venir.





