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Carte et graphiques de l'étude Nature consacrée à la diffusion des langues celtiques en Europe

Comment les langues celtiques se sont-elles répandues en Europe, des territoires gaulois aux îles Britanniques ? Une vaste étude publiée le 4 novembre 2026 dans la revue scientifique Nature apporte de nouveaux indices en analysant l’ADN de 4 587 Européens anciens.

Parmi les langues celtiques modernes figurent le breton, le gallois, l’irlandais et le gaélique écossais. Le gaulois, aujourd’hui disparu, appartenait lui aussi à cette famille linguistique. Les chercheurs cherchent depuis longtemps à comprendre à quelle époque et par quels contacts les populations européennes ont diffusé les langues qui ont précédé ces idiomes.

Des milliers de génomes comparés

L’équipe internationale, à laquelle participent Hugh McColl et Guus Kroonen, a réuni des données génétiques couvrant plusieurs millénaires, de la fin du Néolithique à l’âge du fer. Elle a étudié les mouvements de populations qui ont concerné l’Europe occidentale, en les rapprochant des hypothèses archéologiques et linguistiques.

Trois grandes étapes démographiques émergent. Une première correspond à la diffusion de l’ascendance liée aux populations campaniformes à partir du IIIe millénaire avant notre ère ; une deuxième à des déplacements depuis le sud-ouest européen vers les îles Britanniques ; une troisième, plus tardive, à la propagation vers l’ouest de groupes liés à l’Europe centrale, entre environ 1250 et 850 avant notre ère.

C’est cette dernière dynamique, associée aux horizons culturels de la fin de l’âge du bronze, qui constitue, selon les auteurs, le scénario démographique le plus compatible avec une diffusion importante des langues celtiques. La France actuelle apparaît au carrefour des voies de circulation envisagées, entre Europe centrale, péninsule Ibérique et îles Britanniques.

Figure scientifique de l’étude Nature sur les mouvements de populations européennes anciennes et les langues celtiques
Une des figures de l’étude retraçant les données anciennes et les principales hypothèses de diffusion.

Ce que l’ADN ne peut pas dire

Une parenté génétique ne prouve pas la langue parlée par une personne. L’ADN ne conserve pas les mots et les échanges culturels ne nécessitent pas toujours de migrations importantes. Les résultats soutiennent donc une hypothèse historique, sans mettre fin au débat sur le berceau exact du celtique et les différentes étapes de son expansion.

Cette enquête illustre néanmoins la manière dont la génétique, l’archéologie et l’étude des langues peuvent désormais éclairer ensemble l’histoire ancienne de l’Europe.

Source : Hugh McColl et collaborateurs, « Tracing the spread of Celtic languages using ancient genomics », Nature, 4 novembre 2026. Figure : auteurs de l’étude / Nature, licence CC BY 4.0.

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