Alors que les années Macron touchent à leur fin et qu’une grande incertitude pèse sur l’élection présidentielle, ils sont nombreux, dans les couloirs du pouvoir, à chercher un point de chute. Coulisses. « Une victoire du RN, ça serait une alternance de type 1981, entre des camps en radicale opposition et une inexpérience de ceux qui arrivent au pouvoir, analyse un ancien de l’Élysée. Ça impliquerait forcément un énorme turnover des équipes. »
Ce sont deux départs passés totalement inaperçus du grand public, mais qui racontent l’atmosphère de fin de règne que vit la classe politique. En juillet, le député Renaissance de la Gironde Florent Boudié, président de la commission des lois de l’Assemblée nationale et élu depuis 2012, a démissionné pour rejoindre le Conseil d’État. En septembre, le ministre délégué à la Ruralité, Michel Fournier, a renoncé à son poste moins d’un an après son entrée au gouvernement de Sébastien Lecornu, afin de retrouver… la présidence de l’Association des maires ruraux de France. Comme si un maroquin ministériel ou la présidence de l’une des plus prestigieuses commissions parlementaires ne valaient plus grand-chose, alors que se referme le cycle politique de dix ans de pouvoir d’Emmanuel Macron.
Dans les couloirs des cabinets ministériels, ils sont nombreux à avoir déjà largué les amarres ou à chercher du travail. Et cela fait un certain temps que cette petite musique des départs alimente l’ambiance crépusculaire. « La transhumance a commencé progressivement après la dissolution», constate un conseiller d’Emmanuel Macron. […] Depuis, au palais présidentiel, les départs s’enchaînent à un rythme soutenu. Emmanuel Moulin, le successeur de Kohler, a été nommé patron de la Banque de France par Emmanuel Macron au printemps, après seulement une année passée à chapeauter l’Élysée. […]
Les derniers fidèles ne s’inquiètent pas trop pour leur avenir. Ils savent qu’Emmanuel Macron a le recasage facile, surtout envers les plus loyaux d’entre ses soldats. La preuve par la nomination d’Emmanuel Moulin à la Banque de France, mais surtout celles, auparavant, de Richard Ferrand à la tête du Conseil constitutionnel et d’Amélie de Montchalin à la Cour des comptes. […]
Ceux qui comptent trouver du travail en entreprise sont prévenus : le secteur privé ne regarde pas les profils venus de la politique avec les yeux de Chimène, loin de là. […] Vincent Caure, ancien chef de cabinet adjoint à l’Élysée, devenu député et président de la commission des lois de l’Assemblée, admet volontiers que l’image renvoyée par la représentation nationale n’aide pas : « Il y a en politique plein de personnes de grand talent, qui travaillent dur. Mais le monde économique est à l’image de l’opinion : sa première réaction quand il voit la discussion sur le budget, c’est de s’interroger sur la responsabilité du politique. » […]
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