Avec 90 000 détenus dans les prisons françaises, la surpopulation carcérale atteint un triste record. Dominique Simonnot, ex-contrôleure générale des lieux de privation de liberté depuis quelques jours, déplore le manque de courage du monde politique face à ce désastre, que subissent prisonniers et surveillants.
[…] La nomination de Pierre Coppey, choisi pour lui succéder par l’Élysée, doit encore être confirmée au Parlement. Elle l’a déjà eu au téléphone et perçoit l’engagement de l’ancien président de Vinci-Autoroute dans l’association de réinsertion Aurore comme « un bon signe ». « On appelait déjà Aurore pour leur confier des détenus quand j’étais éducatrice pénitentiaire », se souvient l’ex-contrôleure, plutôt connue pour sa plume acérée de chroniqueuse judiciaire à Libération puis au Canard enchaîné que pour ses premiers pas en prison. […]« Jamais je ne me suis sentie aussi libre de ma parole », dit-elle de ces six années à alerter au nom des « enfermé.es », qu’il s’agisse de gardés à vue, étrangers en rétention, malades psychiatriques ou prisonniers.
[…]Votre mandat s’achève alors que la surpopulation carcérale atteint un record : plus de 90 000 détenus pour 63 348 places, 8 300 matelas au sol, des maisons d’arrêt suroccupées à 220%… Comment en est-on arrivé là ?
J’avoue que c’est un triomphe… La principale raison tient à l’allongement des peines. La Chancellerie indique qu’elles sont passées de 7,7 mois en moyenne en 2022 à 12,7 mois en 2025. Cela ne tient donc pas au nombre d’entrants. Ce n’est pas non plus que la délinquance explose. C’est bien la conséquence d’une sévérité accrue des juges.
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