Au lendemain des violences et des pillages qui ont accompagné la mobilisation du 17 octobre dans plusieurs villes françaises, deux chefs de gouvernement européens ont réagi dimanche. Le Premier ministre hongrois, Péter Magyar, voit dans ces événements un argument en faveur d’une politique migratoire stricte. Son homologue polonais, Donald Tusk, affirme que son pays ne « répétera pas les erreurs » d’autres États européens.
Péter Magyar : la Hongrie ne cédera pas sur sa politique migratoire
Le Premier ministre hongrois Péter Magyar a publié le 18 octobre un message accompagné d’images des violences en France. Il évoque notamment les incendies, la destruction de bâtiments historiques, les policiers blessés et l’ampleur des dégâts matériels.
« Face à cette destruction insensée et à cette violence injustifiée », écrit-il, il devrait désormais être clair, selon lui, pourquoi la Hongrie défend une politique migratoire particulièrement stricte.
Le chef du gouvernement assure que Budapest ne relâchera ni la protection de ses frontières extérieures ni sa politique d’immigration, quelles que soient les pressions exercées. Il soutient également qu’une majorité de pays européens souhaite désormais durcir son approche des questions migratoires.
Magyar distingue toutefois les manifestations légales et pacifiques, qu’il présente comme un droit fondamental, des dégradations et des violences, qu’il condamne. Il exprime sa solidarité avec le peuple français et considère que l’Europe traverse une période de graves difficultés.
Lire la déclaration de Péter Magyar sur X, avec la vidéo.
Donald Tusk : « La Pologne ne répétera pas les erreurs des autres pays européens »
Le même jour, le Premier ministre polonais Donald Tusk a publié à son tour une déclaration consacrée à l’immigration et à la sécurité : « La Pologne ne répétera pas les erreurs des autres pays européens et ne paiera pas pour elles. »
Il réaffirme la volonté de Varsovie de défendre sa frontière contre l’immigration irrégulière, de conserver sa propre politique d’asile et d’expulser les étrangers qui enfreignent la loi polonaise. Il promet une attitude « inflexible » sur les questions de sécurité, position qu’il dit avoir défendue auprès des dirigeants européens à Bruxelles.
Lire la déclaration originale de Donald Tusk sur X.
Donald Tusk ne mentionne pas explicitement la France dans son message. Sa déclaration a néanmoins été rapprochée des émeutes françaises en raison de sa publication le 18 octobre et de son contenu.
Les violences françaises relancent le débat migratoire en Europe
Les manifestations du 17 octobre, organisées sur fond de revendications sociales, ont dégénéré en affrontements, incendies et pillages dans plusieurs villes, dont Paris, Lyon et Marseille. À Limoges, l’hôtel de ville historique a été ravagé par un incendie.
Les deux Premiers ministres ont choisi de rappeler leurs orientations migratoires face à ces événements. Le lien qu’établit Péter Magyar entre violences et immigration relève de son interprétation politique ; les informations disponibles ne permettent pas d’attribuer l’ensemble de ces troubles à l’immigration.
Photo : Péter Magyar et Donald Tusk lors d’une conférence de presse à Varsovie, le 20 mai 2026. Crédit : Chancellerie du Premier ministre polonais / gov.pl.
Sources : Euronews (18 octobre 2026) ; 21News (18 octobre 2026) ; publications officielles des deux Premiers ministres ci-dessus.



