En plein cœur de Bordeaux, les riverains du cours Victor-Hugo vivent au rythme des trafics de drogue, des violences et des intimidations. Excédés, ils réclament des mesures fortes aux pouvoirs publics.
Les habitants du cours Victor-Hugo vivent un enfer. Leur lieu de résidence est devenu la cour de récréation des dealeurs, qui stationnent devant le bureau de poste où plus personne n’ose entrer. Les passages fréquents de la police n’y changent rien : dès que le chat n’est plus là, les souris dansent. Les trafiquants, présents par dizaines, proposent un service ininterrompu. Ils ne se cachent pas et abordent les badauds à l’envie de jour comme de nuit. Leurs clients se répandent dans les rues alentour ou remontent le cours Victor-Hugo pour consommer leurs doses. Les halls d’immeubles, dont les portes sont régulièrement fracturées, sont devenus des lieux de cache. Le phénomène, bien connu des pouvoirs publics, perdure depuis des décennies. Mais la situation s’est récemment dégradée au point qu’un nouveau collectif d’habitants, baptisé Hugo Délire, s’est formé en juin pour protester contre ce «narcotrafic à ciel ouvert en toute impunité».
«Ici c’est Mosta. [Mostaganem, une ville d’Algérie dont le nom est régulièrement abrégé dans le langage courant, NDLR]» indique l’inscription signée des initiales de la DZ Mafia. «Ils nous disent clairement : ”Ici, c’est chez nous.” Ce n’est pas la première fois que nous avons des graffitis DZ Mafia. J’aimerais qu’on me dise si c’est vraiment elle qui est là, car c’est dangereux», réagit une autre habitante.



