Issu du nouchi, argot ivoirien, le terme « pain » envahit les réseaux sociaux pour qualifier les beaux garçons. Des linguistes expliquent au Parisien comment ce mot a traversé les frontières.
Tantôt croustillant, tantôt brioché, rassis ou même perdu… Le « pain » se décline sous toutes ses formes sur les réseaux sociaux. Mais ne cherchez pas un nouveau concept store lancé depuis la boulangerie du coin : le mot désigne un garçon particulièrement attirant.
« Arhhh les pains qu’il y avait au blocus, c’était quelque chose quand même », se réjouit par exemple une lycéenne dans une vidéo publiée sur TikTok, en marge de la mobilisation.
[…]Le terme n’est pas nouveau. En avril 2025 déjà, le tiktokeur Edward Sad invitait à « sortir » : « Les gars, la boulangerie est officiellement ouverte, il fait beau, les pains sont de sortie, les pains briochés sont de sortie, les viennoiseries sont de sortie », lançait-il à ses abonnés.
Derrière le trait d’humour se cache un voyage linguistique. Car le mot vient à l’origine de Côte d’Ivoire et est hérité du nouchi, un argot utilisé dans les quartiers populaires. « Ce mot vient du mot copain », explique au Parisien Jean-Baptiste Atsé N’Cho, enseignant-chercheur en sciences du langage à l’université Alassane Ouattara de Bouaké, en Côte d’Ivoire.
Le terme est né par « aphérèse », un procédé linguistique qui consiste à supprimer un ou plusieurs sons au début d’un mot. Rien à voir avec le simple mot « pain » donc. En nouchi, le mot peut désigner « une personne, un garçon, un homme que l’on trouve attirant », poursuit le spécialiste. Mais pas que. « L’autre sens, c’est une expression très utilisée chez les Ivoiriens pour dire qu’on rencontre des difficultés », complète-t-il
[…]


