Installé depuis une dizaine d’années dans l’arrière-pays lyonnais, l’atelier Vitrail Saint-Georges, fondé en 1852, figure parmi les plus importants de France et œuvre sur des chantiers prestigieux, de Notre-Dame de Paris à l’Assemblée nationale.
De simples caisses de bois à roulettes et quelques mousses pour les caler auront suffi à transporter les vitraux de Notre-Dame de Paris jusque dans un petit corps de ferme de la campagne lyonnaise. À vingt minutes de route à l’ouest de Lyon , l’atelier Vitrail Saint-Georges perpétue un savoir-faire manuel rare dans un ancien relais de chasse niché au bout d’une longue allée de gravier blanc. Savoir-faire que la poignée de salariés historiques de cette institution lyonnaise met au service des plus prestigieux chantiers du patrimoine français. Jean Mône a développé l’activité de l’atelier, fondée en 1852 et repris par son père, Joël, en 1979, depuis le déménagement du Vieux-Lyon vers Saint-Genis-les-Ollières. […]
La commande publique reste le plus grand pourvoyeur de chantiers via les Directions régionales des Affaires culturelles (Drac), mais avec des rythmes irréguliers. « En 2024, il fallait refaire tout Paris, on a travaillé au Louvre, au jardin des Tuilerie, à Notre-Dame de Paris, on a restauré la coupole des galeries Lafayette… Puis, du jour au lendemain, tout s’est arrêté », raconte Jean Mône. La France reste le pays du vitrail, mais il n’existe qu’une dizaine d’ateliers de la taille de celui de Saint-Genis. Les 2 800 personnes qui vivent du vitrail sont disséminées en une pluie de petits ateliers d’une ou deux personnes. « On est devenu un métier rare, lance la sœur, formatrice. Pour acquérir certains savoir-faire, il faut 15 à 20 ans de métier, il y a donc une difficulté de transmission ». Elle contribue à perpétuer le savoir-faire en faisant de la formation pour une dizaine d’élèves en CAP chaque année. Une session de six a commencé début septembre pour six mois. Les candidats apprentis, d’âges et d’horizons variés, sont tous en reconversion. Ils doivent avoir le bac et une première expérience professionnelle. […]



