L’agression de Meriem Bouchedda et de son conjoint, survenue après OL-Le Havre le 29 août, avait été présentée comme raciste dans plusieurs titres de presse. Le parquet n’a toutefois pas retenu cette circonstance contre les deux prévenus. Les Bad Gones, qui contestent toute implication, réclament des excuses publiques.
Le 29 août 2026, après la rencontre entre l’Olympique lyonnais et Le Havre au Groupama Stadium, à Décines-Charpieu, Meriem Bouchedda, élue de Rillieux-la-Pape, et son compagnon ont été agressés aux abords du stade. Selon le récit livré par l’élue, plusieurs individus auraient proféré des insultes racistes avant de frapper son conjoint. Elle affirme avoir elle-même été frappée en tentant de lui venir en aide. Souffrant notamment d’une fracture du poignet, elle s’est vu prescrire quinze jours d’incapacité totale de travail. Lyon Foot, 31 août.
Le témoignage a été largement relayé. Le 7 septembre, L’Équipe titrait encore : « Agression raciste en marge d’OL-Le Havre : deux suspects jugés en février ». Dans le corps de l’article, le journal attribuait cette dénonciation à la victime, tout en rapportant des poursuites pour violences en réunion. La qualification annoncée ne mentionnait pas de circonstance raciste. L’Équipe, 7 septembre.
So Foot employait également le qualificatif raciste dans son titre consacré au futur procès. Là encore, l’article détaillait une qualification de violences en réunion, sans faire état de cette circonstance aggravante. Ces formulations présentaient donc le mobile dénoncé par l’élue de manière plus affirmative que les qualifications judiciaires rapportées. So Foot, 7 septembre.
Trois hommes avaient été interpellés dans l’agglomération lyonnaise. L’un a été libéré sans poursuite ; les deux autres doivent comparaître devant le tribunal correctionnel le 18 février 2027, pour des violences en réunion ayant entraîné une incapacité totale de travail. Ils restent présumés innocents. Lyon Foot, 7 septembre.
Dans un communiqué du 11 septembre, les Bad Gones, avec le Kop Virage Nord, affirment : « Notre association et ses membres ne sont en rien mêlés à cette affaire ». Le groupe demande à l’élue de reconnaître une erreur sur l’identité de ses agresseurs et de présenter des excuses publiques. Il indique également étudier une éventuelle action en justice pour diffamation. RMC Sport a relayé cette réponse en précisant explicitement que le procureur n’avait pas retenu le racisme. RMC Sport, 11 septembre.
Les supporters avaient déjà exposé leur version dans une vidéo relayée le 7 septembre. Selon leur représentant, certaines personnes visibles avec des maillots de l’OL seraient intervenues pour aider le couple. Le groupe contestait ainsi l’interprétation d’images diffusées sans son. Cette présentation différait du témoignage public de l’élue ; elle demeure la version défendue par les Bad Gones. Lyon Foot, réponse des Bad Gones.
Une autre affaire de violences, survenue avant le match et concernant notamment un adolescent de 17 ans, fait l’objet d’une enquête distincte. Selon une source proche du dossier citée par l’AFP, aucun élément ne permettait alors de relier les deux épisodes. Leurs circonstances et leurs suites judiciaires doivent donc être distinguées. Olympique et Lyonnais, 8 septembre.
À ce stade, le mobile raciste dénoncé par Meriem Bouchedda n’est pas retenu dans les poursuites contre les deux prévenus. Cela ne démontre pas, à lui seul, un mensonge de l’élue. Le décalage entre les titres affirmatifs et la qualification judiciaire constitue néanmoins un élément essentiel à porter à la connaissance des lecteurs.


