Richard Boldrini, chef de la police judiciaire genevoise, observe avec attention l’émergence d’une criminalité ultra-violente à Annemasse et Gaillard. Pour le moment, il n’y a pas de signaux précurseurs de ce côté de la frontière. La vigilance reste toutefois de mise.
Le Temps: La violence des gangs de narcotrafiquants est désormais aux portes de Genève. Est-ce que cela vous inquiète?
Richard Boldrini: C’est effectivement un point de vigilance qui avait déjà émergé il y a quelques années. La proximité géographique fait toujours craindre une importation du phénomène des réseaux de narcotrafiquants, même si nous ne sommes pas la France. Il y a là-bas une énorme quantité de cocaïne qui arrive et une véritable évolution de cette narco-criminalité extrêmement organisée et violente, type DZ Mafia des quartiers nord de Marseille, qui recrute ses membres sur des plateformes numériques et mène des guerres de territoire pour étendre son activité jusqu’à nos frontières.
Comment faites-vous pour surveiller l’évolution de la situation?
C’est une vraie préoccupation et il faut mener tout un travail d’anticipation pour prévenir, détecter et éviter l’implantation et la confrontation. Dans ce contexte, le renseignement humain est déterminant. Nos yeux et nos oreilles sont nos sources. Pour le moment, nous n’avons pas de signaux précurseurs de ce type de violence. En parallèle, notre stratégie vise à juguler le trafic. Beaucoup de moyens ont été mis pour lutter contre le deal de rue. On est passé depuis environ deux ans de 24 000 heures d’actions (en uniforme et en civil) contre le trafic de rue à 30 000 heures grâce à douze postes supplémentaires. Un comité de pilotage permet de coordonner nos actions et de maintenir la pression de manière ciblée. Sans oublier les quartiers populaires où les jeunes pourraient être tentés de faire de l’argent facile avec du trafic et de créer des zones d’insécurité. […]
Merci à Valentin


