B. B., 45 ans est Français d’origine albanaise. Ton posé, élocution parfaite, il affiche une certaine prestance. Installé en Alsace, le quadragénaire est violoniste de profession. Et même concertiste de renom. Membre de l’orchestre symphonique Victor-Hugo Bourgogne Franche-Comté, il a fréquenté de prestigieux conservatoires et joue régulièrement dans des cadres privés. L’homme a pourtant été interpellé lundi au péage de La Turbie par la brigade des Douanes de Menton.
Au flair, les douaniers ont été intrigués par une légère excroissance sous le tapis de sol passager. Bingo : ils découvrent 38,3 kg de cocaïne planqués dans deux caches aménagées dans le plancher. Durant la retenue douanière, les Douanes ont perquisitionné son domicile de Franche-Comté. Les découvertes qui y ont été faites ont assombri le tableau encore un peu plus. Quatre armes de poing, deux fusils, un gilet pare balles, des centaines de munitions et la somme de 88.900 euros en coupures de 50 euros, soigneusement empaquetées dans du film transparent. Les armes ? « Je suis enregistré comme tireur sportif », répond le violoniste. Toutes ne seraient pas déclarées. L’argent ? « Il provient d’une donation de mon père. »
Interrogé une dernière fois, avant que le tribunal ne se retire pour délibérer, B. B., souffle : « Je n’arrive pas à prendre la mesure de ce que j’ai fait. Je me rends compte que je vais tout perdre. »
Il sera jugé en octobre. En attendant, le tribunal a envoyé le concertiste au « violon ». Direction la détention provisoire. Il risque jusqu’à dix ans de prison.
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