À l’approche du référendum islandais du 29 août sur la poursuite des négociations d’adhésion à l’Union européenne, les autorités de Reykjavik ont demandé à la Commission européenne de ne pas intervenir dans la campagne, selon deux responsables européens cités par Euractiv. Le gouvernement islandais soutient pourtant lui-même le « oui », mais insiste sur le fait que la décision doit appartenir exclusivement aux électeurs islandais.
La Première ministre Kristrún Frostadóttir et la ministre des Affaires étrangères Þorgerður Katrín Gunnarsdóttir ont publiquement défendu cette position. Frostadóttir a toutefois estimé en juin que l’Union européenne pouvait répondre aux interrogations des Islandais : « Si les gens se tournent vers l’UE pour obtenir des réponses à leurs questions, je ne pense pas qu’il soit déraisonnable que l’UE réponde à ces questions. » Dans le même temps, elle a prévenu que toute ingérence étrangère serait refusée. Selon Euractiv, cet avertissement a également été transmis en privé aux responsables européens.
Malgré cette demande de prudence, de hauts responsables européens chercheraient des moyens d’aider le camp du « oui » sans provoquer les autorités islandaises. La Commission assure de son côté qu’elle « n’intervient jamais dans les élections nationales ou les référendums de quelque manière que ce soit » et rappelle que « c’est au seul peuple islandais de décider ».
Depuis le début de l’année 2026, au moins sept hauts responsables politiques européens se sont rendus en Islande, la plupart plaidant ouvertement en faveur de la poursuite du rapprochement avec l’Union européenne. Parmi eux figurent des représentants espagnols, autrichiens, allemands et slovaques, ainsi que Valérie Hayer, présidente du groupe libéral au Parlement européen. En juillet, le ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot a déclaré aux médias islandais que le pays n’avait « rien à perdre » en votant oui. En avril, le commissaire européen à la Pêche Costas Kadis avait indiqué que Bruxelles pourrait chercher à convaincre les Islandais en proposant des concessions sur la pêche.
Les sondages annoncent un scrutin extrêmement serré : une enquête publiée la semaine précédente donnait une courte avance au « oui », tandis qu’un autre sondage publié jeudi plaçait les deux camps à égalité, avec 8 % d’indécis. Une victoire du « oui » le 29 août relancerait les négociations européennes. Un second référendum devrait ensuite être organisé sur l’adhésion elle-même une fois ces négociations terminées.


