Le 28 juin, vers 20h45, un incendie se déclare dans le centre de rétention administrative (CRA) d’Oissel. L’évacuation générale est déclenchée. Une douzaine de personnes sont intoxiquées par les fumées, dont plusieurs sont hospitalisées. Le couloir est lourdement endommagé : murs noircis, portes calcinées, plafonds, luminaires et plastiques détruits par la chaleur.
Si le pire a été évité, les lieux sont inutilisables.
Autour de lui, plusieurs hommes circulent. Certains, solidaires de l’incendiaire, jettent du papier toilette mouillé sur les caméras. D’autres tentent d’étouffer les flammes.
Devant le tribunal correctionnel de Rouen, vendredi 31 juillet 2026, le prévenu, 29 ans, reconnaît être à l’origine du premier départ de feu mais conteste être le seul incendiaire. « Je ne pouvais pas faire ça tout seul », affirme-t-il. « Les policiers ne parlent même pas avec nous, ils nous traitent comme des chiens ». Ou encore : « J’ai fait ça parce qu’ils m’ont mis la misère. »
Le prévenu, qui a été condamné 8 fois depuis son arrivée en France en 2020, est abordé avec prudence par les policiers du CRA. « C’est le conflit permanent », confie l’un d’eux au dossier. Selon le parquet, il serait également craint d’autres retenus, qui le décrivent comme « méchant » et instable.
Le tribunal le condamné à une peine de 18 mois ferme, avec révocation de six mois de sursis, soit deux ans de prison ferme au total, avec mandat de dépôt.
Son interdiction judiciaire d’entrer sur le territoire français pendant six ans est maintenue. Le prévenu devra aussi indemniser les victimes. Il doit près de 11 972 euros au SDIS 76. Le prévenu a dix jours pour faire appel. (…)
Pendant l’audience, le prévenu a clairement exprimé son souhait de rentrer aussi vite que possible dans son pays natal. « Si vous me faites signer tout de suite, je rentre immédiatement en Algérie », assure-t-il, bien conscient qu’il n’obtiendra jamais un droit de séjour en France avec son casier judiciaire. « En France, tu pars en prison pour un rien, je veux rentrer chez moi. »
Une possible expulsion volontaire lui permettrait certainement d’aménager sa peine de prison ferme. Mais pour cela, il lui faudra produire son passeport. « Si vous retrouvez un titre de voyage, vous pourrez demander au juge d’application des peines de sortir plus vite à condition de retourner en Algérie », précise le président, qui est certain que, si le prévenu est sincère, « vous devriez pouvoir vous entendre avec la Préfecture. »


