Ce vendredi, peu après 16 heures et les réquisitions de l’avocat général, la présidente propose une pause d’un quart d’heure pour permettre à Maître Nicolas Bensa de se préparer à plaider. Cette pause est toujours accordée, car elle permet à la défense de régler les derniers arguments et de répondre si besoin aux réquisitions.
Mais Ahmed Garbouz, accusé d’un viol sur l’épouse de son ami, alors que celui-ci l’avait invité au repas de rupture du jeûne du Ramadan, le 19 avril 2022, en profite pour se faire la belle. Il comparait libre et, légalement, aucune contrainte ne pouvait s’exercer sur lui jusqu’à la fin des débats. A-t-il eu peur de la décision de la cour après les réquisitions ?
Constatant son absence, la cour lance immédiatement un mandat d’arrêt et les forces de l’ordre sont immédiatement mobilisées pour tenter de le retrouver. Ahmed Garbouz, de nationalité marocaine, a de la famille en région parisienne et vit à Cannes depuis plusieurs mois. (…)
Ahmed Garbouz est déclaré coupable et condamné à 10 ans de réclusion criminelle, assorti d’un suivi socio-judiciaire de trois ans – autrement dit, il sera suivi pendant trois ans après sa sortie, avec des obligations à respecter sous peine de retourner en détention. En revanche, il n’a pas d’interdiction définitive du territoire comme requis par l’avocat général. (…)
Pour l’experte psychologue Laurence François, très expérimentée, G. [la victime] fait partie « des trois personnes les plus traumatisées que j’ai rencontrées dans ma carrière. » (…)
« Je lui ai dit de finir le repas de rupture du jeûne du ramadan et de préparer la chicha pour ma femme. Après, il devait me rejoindre au travail. » Mais il ne le rejoint pas. Et trois jours plus tard, son épouse lui annonce qu’Ahmed l’aurait violée. « Je culpabilise. C’est de ma faute, jamais je n’aurais dû laisser ma femme seule avec lui. On ne m’avait jamais trahi de la sorte. » (…)


