Fdesouche


Le petit territoire du quartier des Récollets se définit par une certaine topographie ethno-sociologique. La “mairie du 10”, comme elle se nomme elle-même, milite en effet autant pour les immigrés clandestins que pour la cause LGBT, attirant ainsi deux populations culturellement aux antipodes.

Contradiction qui, jusque récemment, se résolvait (relativement) par une juxtaposition spatiale permettant d’éviter (relativement toujours) les frictions violentes. Les migrants occupaient ainsi essentiellement les grands axes parallèles au canal, comme la rue du faubourg Saint Martin, tandis que les bobos se retrouvaient plutôt le long de celui-ci, et dans quelques rues adjacentes, comme la rue de Lancry.

Et comme tu l’as appris à l’école, camarade, deux parallèles, fussent-elles proches de quelques dizaines de mètres seulement, ne se croisent jamais. Certes, on pouvait trouver quelques singletons perdus ici et là, mais grosso modo, la répartition s’opérait de la sorte.

De l’autre côté du canal, on comptait une troisième parallèle : la cité de la Grange aux belles, où qamis et voile (fillettes comprises) sont chez eux.



Or, depuis fin mai, par le biais des baignades sauvages et des troubles à l’ordre public initiés par une bande de gamins sans limites, cette ventilation, faite d’évitement plus ou moins conscient de la part des diverses communautés ethno-sociales du quartier, a volé en éclat, bouleversant l’écosystème local.

Anne-Sophie Nogaret

En direct sur X :

Fdesouche sur les réseaux sociaux

En direct sur X :