Le « go slow » consiste à faire transporter de la drogue par des personnes en situation de précarité et sans casier judicaire. “La misère sociale est exploitée” par les réseaux de trafiquants: étudiants ou retraités précaires, demandeurs d’emploi, mères célibataires, “beaucoup de profils de M. et Mme Tout-le-monde qui ont peu de revenus et veulent se faire un peu d’argent pour arrondir les fins de mois”, selon la cheffe de la brigade des douaniers d’Amiens.
Paniquée, la jeune étudiante au volant d’une 207 blanche conduit bien trop vite en sortant de l’autoroute A29 dans la Somme: sa nervosité met la puce à l’oreille des douaniers, qui décident de la contrôler. Les enquêteurs commencent à peine à l’interroger qu’elle avoue tout: elle transportait six pains d’héroïne et un petit sachet de cocaïne, soit environ 2,5 kg de drogues, dans le sac isotherme posé sur le siège passager à la vue de tous, retrace Christelle, cheffe de la brigade des douaniers d’Amiens qui n’a pas souhaité donner son patronyme.
Inconnue de la justice, la jeune femme de 21 ans disposait de faibles revenus et avait contracté une dette auprès d’une organisation criminelle. Elle s’était vue promettre 700 euros pour transporter la drogue de Roubaix au Havre, poursuit la douanière.
Un avantage de taille pour les trafiquants: quand ces petites mains sont interpellées, elles “n’ont absolument personne à dénoncer” aux enquêteurs, ayant été recrutées en ligne par des profils utilisant des pseudonymes, souligne Me Sarah Mauger-Poliak, avocate spécialisée dans les dossiers de stupéfiants. […]



