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Quatre ans après la polémique sur le burkini dans les piscines municipales de Grenoble, la justice administrative se penche sur le fond du dossier. L’opposition et les représentants de l’État demandent l’annulation de l’article 10 du règlement intérieur des piscines, adopté en 2022.

Dans cet article, le mot « burkini » n’apparaît pas. Le règlement prévoit que les « tenues de bain doivent être faites d’un tissu spécifiquement conçu pour la baignade, ajustées près du corps, et ne doivent pas avoir été portées avant l’accès à la piscine ». La précision sur la longueur des tenues, notamment l’interdiction de porter des « tenues non près du corps moins longues que la mi-cuisse (robe ou tunique longue, large ou évasée) », a été supprimée après la décision du Conseil d’État de juin 2022.

Lors de l’audience au tribunal administratif de Grenoble, Thierry Aldeguer, avocat représentant Brigitte Boer, conseillère municipale d’opposition ayant déposé en 2022 une demande en référé de suspension de l’article sur le burkini, a estimé que « le rapporteur public a considéré que la Ville a avancé masquée ». Selon lui, « il ressortait des écritures de la mairie et du contexte électoral de l’époque [l’élection présidentielle, NDLR] qu’on avait voulu favoriser une communauté religieuse particulière », ce qui irait à l’encontre de « la neutralité du service public ».

Le texte initial adopté par la mairie de Grenoble a aussi conduit à une situation paradoxale : le burkini pouvait être autorisé en pratique, tandis que le short de bain, lui aussi arrivant à mi-cuisse, demeurait interdit pour des raisons d’hygiène, comme dans de nombreuses piscines. La baignade seins nus ou monokini est, elle, autorisée.

Actu.fr

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