Entouré d’une trentaine de policiers et accompagné du directeur interdépartemental de la Police nationale, le préfet Franck Robine a été interpellé ce mercredi 3 juin par un jeune homme venu contester le traitement de son dossier judiciaire. L’homme portait encore de larges pansements au thorax, après quatre jours d’hospitalisation pour un poumon perforé.
Les faits remontent au 15 mai dernier, au bar Le Melting Pot, rue Saint-Michel, à Rennes. Le jeune homme affirme avoir été roué de coups et poignardé par un groupe de huit personnes armées de machettes, de grands couteaux et de bouteilles. Selon lui, les agresseurs visaient d’abord quelqu’un d’autre avant de s’en prendre à lui. L’individu est toutefois connu de la justice pour des activités de revente de stupéfiants, ce qui donne à l’échange une dimension particulière.
Devant le préfet, il rejette la thèse d’un règlement de comptes entre bandes rivales, tout en affirmant avoir été ciblé par des « blacks » du « secteur Colombier » qu’il avait « déjà croisés ». Il rapporte cette phrase attribuée au groupe : « Ils sont venus chercher quelqu’un, ils ne l’ont pas trouvé, ils ont dit : « On ne va pas repartir pour rien ». Bah, ils s’en sont pris à moi ». Franck Robine lui répond alors : « Mais vous y croyez, à ce que vous me dites là ? » Le jeune homme insiste : « Ouais ! Bah, carrément ! Je sais que c’est la vraie histoire ».
Après cette interpellation, le préfet a envisagé une interdiction administrative de paraître dans le secteur visant le jeune homme, que les commerçants croisent de nouveau depuis une semaine. Le bar Le Melting Pot avait déjà fait l’objet d’une fermeture administrative de deux mois par la préfecture après l’agression.





