À Vincennes et Maisons-Alfort notamment, des personnes s’emparent des ouvrages pour en faire commerce. Un phénomène que déplorent nombre d’usagers.
L’armoire à livres installée ici, à quelques pas de l’hôtel de ville, attire beaucoup, beaucoup de monde ce matin-là d’avril. « Je trouve souvent des choses sympas, il faut dire qu’à Vincennes les gens ont les moyens d’en acheter des beaux et des chers », nous confie une habituée, tout sourire devant cette manne littéraire… Qui n’attire pas que des lecteurs.
[…]Le processus semble bien rodé : des lecteurs déposent des livres, lui s’empresse de les récupérer, avant de se rasseoir sur le banc le plus proche, ce qui permet de guetter du coin de l’œil tout nouvel arrivage. Il dégaine ensuite son smartphone et, la pile de livres sur les genoux, s’emploie à scanner chaque code-barres en quatrième de couverture. Pour ce faire, il utilise l’une des nombreuses applications (Momox, Recyclivre, La Bourse aux livres et tant d’autres) permettant de connaître une estimation du prix de chaque livre à la revente. Un prix qui diffère d’une appli à une autre.
Combien cette activité lui rapporte-t-il ? Est-ce un commerce auquel il s’adonne régulièrement ? Dans quelle situation financière se trouve cet homme pour qu’il doive en passer par là ? De tout cela nous ne saurons rien : nos questions lui ont fait hâter le pas en direction de la gare la plus proche. Tout juste prend-il le temps, avant de disparaître, de nous assurer qu’il n’était « pas du tout » en train de faire ce dont nous avions été témoin.
[…]Car d’autres communes du Val-de-Marne sont touchées par ce phénomène. C’est le cas notamment de Maisons-Alfort, dont tous les quartiers sont dotés d’au moins une boîte à livres, éclairée à la nuit tombée.
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