La Boisserie, demeure emblématique du général Charles de Gaulle située à Colombey-les-Deux-Églises, est sur le point d’être cédée par ses héritiers. Les quatre petits-fils de l’ancien chef de l’État souhaitent s’en séparer rapidement, dans un contexte de désaccords familiaux connus des autorités. L’affaire mobilise depuis plusieurs mois les plus hautes sphères de l’État, soucieuses du devenir de ce lieu chargé d’histoire.
La maison de 14 pièces, dominée par la croix de Lorraine et située à proximité du Mémorial, conserve intact le quotidien du Général. On y retrouve notamment des objets offerts par Fidel Castro, des photographies signées de John F. Kennedy, de Elizabeth II ou encore de Winston Churchill. C’est dans cette demeure que le Général s’est éteint le 9 novembre 1970.
Après la mort de son fils, l’amiral Philippe de Gaulle en mars 2024, la gestion du site bascule. La fondation Charles de Gaulle se retire, et les héritiers organisent une vente aux enchères de 350 objets historiques, suscitant l’inquiétude. L’État intervient en préemptant les pièces les plus précieuses pour les confier aux Archives nationales. Les héritiers perçoivent au total 5,6 millions d’euros.
Face à la perspective d’une vente de la Boisserie, l’exécutif s’active. Emmanuel Macron souhaite que le lieu intègre le giron public, sous gestion du Centre des monuments nationaux. La maison a été classée en urgence monument historique. Selon les autorités, le bâtiment souffre de négligences et son inventaire est incomplet. Des discussions sont en cours, les héritiers cherchant à maximiser les conditions financières, certains souhaitant conserver des droits d’usage.





